Après Port Louis Smart City de Rs 52 milliards de la précédente semaine, la dernière réunion du Conseil des ministres en date a avalisé le projet de Heritage City à Bagatelle, dont l’exécution est placée sous la tutelle du ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain. Ce projet, qui devra confirmer le déménagement de la capitale politique et administrative, dont le nouveau siège de l’Assemblée nationale de Port-Louis à Bagatelle, devra être complété dans une période de trois ans. C’est l’engagement pris par Roshi Bhadain auprès du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. Ces indications ont été données lors d’un point de presse animé par le ministre, qui avait à ses côtés le secrétaire financier, Dev Manraj, et les responsables de son ministère, dont le Permanent Secretary, Jugdish Dev Phokeer. Il a abordé d’autres aspects de son portefeuille ministériel, dont les TIC et la MBC, sans oublier d’égratigner le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) en utilisant encore une fois l’épithète de « monstre constitutionnel ».
Abordant le projet de Heritage City à Bagatelle, Roshi Bhadain a fait état des principales caractéristiques physiques, soit un développement foncier de grand standing sur une superficie de 336 arpents avec des Iconic Buildings, dont six tours et une PMO Tower entre 23 et 25 étages, la construction de 200 villas de luxe dont le prix varie de Rs 12 à Rs 14 millions l’unité, de 400 town houses de Rs 7 millions à Rs 8 millions et de 400 affordable units de Rs 4 millions à Rs 5 millions, d’un Heritage Square, calqué sur le modèle de Dubaï, toutes proportions gardées, et d’un Bollywood Entertainment Park.
— L’aspect du financement de ce projet retient l’attention car le coût global est évalué à Rs 30 milliards ($ 820 millions). La participation du gouvernement se résumera à une equity de Rs 7 milliards ($ 200 millions) sous forme du terrain qui appartient à la State Land Development Company. Le montage financier élaboré par le ministère en collaboration avec BDO comprend aussi un apport de Rs 6 milliards (170 millions $ US), représentant 75% de la valeur immobilière avec la formule de Vente en Futur État d’Achèvement (VEFA), une injection de Rs 10,5 milliards du Saudi Development Fund avec un taux d’intérêt de 2% annuellement, une période moratoire de dix ans et remboursable en trente ans, et Rs 7 milliards de Redeemable Preference Shares à 6%.
Livraison dans trois ans
 « Les prévisions de Statistics Mauritius indiquent que la contribution de Heritage City au PIB sera de 1,2% avec un Foreign Direct Investment (FDI) de Rs 17,5 milliards. Mo koné sa prozé-là pou krée boukou lanplwa. Le return on investment sera de 14 à 16% et le return on equity de 30%. Les frais de location payés par les ministères qui s’installeront à Heritage City seront de Rs 41 le pied carré avec une indexation de 10% après chaque cinq ans. Les bénéfices découlant de ce projet seront de $ 1,7 milliard en trente ans, soit $ 261 millions par an si discounted aujourd’hui. Ce modèle constituera un benchmark en termes de bonne governance et de transparence », s’appesantit Roshi Bhadain, qui rappelle que la société Heritage City Ltd sera sous le contrôle du gouvernement à 100%, qui encaissera des loyers de $ 23 millions des ministères locataires. Actuellement, le budget de loyers du gouvernement est de Rs 200 millions par an.
 La livraison de cet ambitieux chantier est prévue dans trois ans, car « j’ai promis au Premier ministre de livrer ces six Iconic Towers, le PMO Tower et le nouveau Parlement dans trois ans ». La présentation du Master Plan est annoncée pour la semaine prochaine alors que les travaux de construction, confiés à des contracteurs étrangers, devront durer entre 15 et 18 mois. Un comité de pilotage, présidé par le ministre Bhadain, et composé d’une pléiade de Senior Chief Executives et de Permanent Secretaries assurera le suivi avec en priorité les procédures pour une EIA Licence.
 Outre Heritage City, le ministre a évoqué les dossiers suivants :
— BPO/ICT : introduction d’un Pairing Concept de 1:1 pour le recrutement du personnel étranger dans ce secteur en raison du skill mismatch qui constitue un handicap dans la croissance de secteur économique. Un desk dédicacé a été mis en place au ministère pour faciliter les procédures en termes d’expertise étrangère et de formation de Mauriciens. Il a cité le cas d’une société opérant dans le secteur des centres d’appel qui se trouve avec un contrat susceptible de créer quelque 2 000 emplois, nécessitant 750 employés parlant le portugais et 500 l’espagnol, et le reste l’anglais et le français. « La solution est le personnel importé de l’étranger avec nécessité de transfer of knowledge on the job », dit-il.
—    MCB : un début d’assainissement sur le plan financier est annoncé avec un operating surplus noté ces derniers temps et une réduction de la dette de Rs 1 milliard à Rs 600 millions. Il se félicite de la décision d’exempter les plus démunis du paiement du TV Licence Fee de Rs 20 par mois, soit un manque à gagner de Rs 4,8 millions par an pour la MBC, mais trouve que la MBC peut fonctionner avec 400 employés, alors qu’elle avait un personnel superflu de 898.
—   Biometric ID Card : étant donné que 2 500 détenteurs d’anciennes cartes identité sur 974 000 ne se sont pas encore présentés dans les centres de conversion, le délai a été étendu au 31 mars prochain. En plus, le ministre Bhadain a annoncé que des amendements seront présentés à la loi pour éliminer la dimension répressive avec des amendes et des peines de prison pour non-présentation de la Biometric ID Card.
 —   Services financiers : une nouvelle orientation devrait être insufflée à ce secteur économique dans le sillage des arrangements annoncés avec Dubaï pour la mise en opération d’une spot trading platform pour l’or et ensuite le diamant et d’autres métaux précieux au complexe de BPML de Rose-Belle vu la proximité du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. La signature d’un memorandum of understanding avec Dubaï se déroulera mercredi. D’autre part, une Mauritius International Stock Exchange avec la Nasdaq de Dubaï est également dans le collimateur pour assurer le hedging des monnaies africaines contre le dollar US.
— Controverse avec le DPP : le ministre Bhadain est revenu avec ses critiques à l’effet que « DPP finn vinn enn monstre constitutionnel ». Il s’appuie sur ce qu’il présente une « appearanace of bias » dans le cas du DPP à avoir traité le dossier du leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, « avec son frère (Arvin Boolell) comme membre en vue et son papa un ancien leader ». Il fait également état des pouvoirs accrus avec la responsabilité d’Enforcement Officer sous l’Assets Recovery Act, notamment l’accès sans contrôle aucun dans des comptes bancaires des individus et des sociétés sous les GBL 1 et GBL 2. « Enn monstre constitutionnel, sé ki li été pou nou. Bann makers de la Constitution en 1968 pa ti kapav anticipe sa. Si bizin réguet bann sections la Constitution kouma section 64 ek 72, nou ava réguété. Maurice bizin guet so lavenir. Pa kapav viv dan le passé. The rule of law reflects the need of society », a-t-il répondu à une question de la presse après le commentaire du leader de l’opposition, Paul Bérenger, l’accusant d’avoir commis un outrage au DPP.