Un plan stratégique à trois volets — économique, environnemental et social — a été lancé hier par le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, dans le but de réduire le volume des exportations des produits de base du pays. Ce plan, selon le ministre,  devrait aussi créer des opportunités pour la communauté agricole et des emplois qui attireront les jeunes vers ce secteur.
« Nous sommes prêts à relever les défis afin de répondre aux attentes de la population », a déclaré Mahen Seeruttun lors du lancement du plan stratégique hier après-midi à Port-Louis. Ce plan contient les propositions recueillies et discutées avec les parties concernées par le secteur lors de trois ateliers de travail organisés l’année dernière. « Les points valables et réalisables figurent dans ce plan, qui s’inspire aussi du programme gouvernemental 2015/2019 et de la vision économique 2030 du Premier ministre », affirme le ministre. L’accent sera mis sur la modernisation des infrastructures agricoles, et aussi sur la sécurité alimentaire « qui est de plus en plus d’actualité dans le monde ». « Nous voulons cultiver des légumes de bonne qualité, et, pour cela, nous devons nous adhérer aux bonnes pratiques agricoles, comme utiliser de moins en moins de pesticides et autres intrants chimiques ». Et d’ajouter que ce plan prend en considération l’environnement, l’écologie et la biodiversité. Mahen Seeruttun souhaite faire de Maurice un vaste chantier agricole dans le but de « produire en abondance et de manière intégrée ».
Mahen Seeruttun a critiqué l’ancien gouvernement qui avait lancé deux plans stratégiques, le premier pour la période 2008 à 2012 et le deuxième, de 2012 à 2015, pour augmenter la production agricole dans le pays. « Il n’y a pas eu de grandes améliorations au niveau de la production agricole… Celle de la pomme de terre est restée à 76 %, des oignons à 40 %, l’ail à 18 % et le lait frais à 4 % de la consommation locale », a soutenu le ministre.
Ce plan stratégique comporte trois volets : le volet économique est dirigé vers une réduction de la dépendance du pays sur les importations ; le volet environnemental vise à la pratique de l’agriculture raisonnée et biologique, et enfin, le volet social consiste à produire suffisamment de nourriture dans le pays pour toute la population. Selon Mahen Seeruttun, ce plan stratégique vise aussi à attirer les jeunes vers l’agriculture, encourager les agriculteurs à proposer des projets innovants, améliorer la sécurité alimentaire, faire de Maurice un agri-business hub, relancer le secteur du thé, améliorer le secteur de l’élevage, augmenter la couverture des bois et des forêts et améliorer la qualité des semences locales. Le ministre s’est dit sûr de pouvoir atteindre, dans cinq ans, ses objectifs soutenus par un investissement de Rs 3 milliards. Il précise qu’« il faut un plan d’action et un calendrier de travail ». Un comité de suivi des projets a été mis en place pour veiller à ce que le travail aille dans la bonne direction.