La Plateforme No to biometric data organise une nouvelle rencontre de 10 h à 13 h, ce samedi au centre Social Marie-Reine-de-la-Paix. L’objectif : faire appel aux capacités créatives et artistiques des participants en vue de dénoncer une fois de plus le projet de carte d’identité biométrique.
L’idée selon Jeff Lingaya, porte-parole de la plateforme, par le biais de cette activité à la fois culturelle et pédagogique, consiste à maintenir le contact avec les protestataires du projet et de diffuser les informations nécessaires. « Il existe un flou total notamment concernant un renvoi de la date de l’entrée en vigueur de la nouvelle carte. La population à ce jour ne sait pas si la date de validité de l’ancienne carte d’identité en laminé sera étendue mais nous de notre côté, nous continuons notre mobilisation », fait comprendre notre interlocuteur qui fait remarquer que ces multiples renvois auraient, au final, généré une certaine « pression » sur la population pour qu’elle convertisse sa carte d’identité au plus vite.  La Plateforme No to biometric data soupçonne que ce soit en fait une « tactique dilatoire » utilisée par les autorités des deux gouvernements, celui avant les dernières élections générales et le présent, visant à éroder le mouvement de protestation et pour que le plus de personnes possibles se sentent obligés à donner leurs empreintes digitales et leurs photos biométriques. Aussi, la plateforme réclame un état des lieux concernant le nombre de parlementaires ayant déjà obtenu la nouvelle carte et qui se sont ainsi livrés à l’exercice de prélèvement d’empreintes digitales.
Rappelons que c’est le mois dernier que la Cour Suprême de Maurice a accordé son final leave à Rajah Madhewoo – un des protestataires – afin qu’il puisse interjeter appel au Privy Council contre le jugement du Full Bench, présidé par le Senior Puisne Judge Eddy Balancy, rendu le 29 mai 2015 dans l’affaire de la carte d’identité biométrique.
Le fait que l’affaire n’ait pas été appelée devant le Conseil Privé de la Reine et qu’aucune décision finale fixée devrait nécessiter, selon la plateforme, une nouvelle extension de l’entrée en vigueur de la carte biométrique. « We are of opinion that it would be very unfair if it should hold, and we can positively confirm that various platforms from the civil society share the opinion that the deadline should be postponed in a clear, unambiguous way, at least until the Privy Council renders judgment », expliquent les dirigeants de la plateforme. L’avocat principal de Rajah Madhewoo avait clairement fait comprendre qu’aussitôt la date de l’appel fixée par le Conseil privé de la reine, une nouvelle demande d’injonction en Cour suprême de Maurice sera logée, cela afin d’obtenir une extension du délai de validité de la carte en laminé, qui pour rappel prend fin le 31 mars 2016.