Plus rien ne vous appartient

Face à l'autre, face au désir de l'autre, toutes les velléités de la pensée se disloquent, tous les rythmes et les usages de la raison s'anéantissent, la langue elle-même est vide de sens, les mots n'ont plus la faculté d'aucun ensorcellement, votre corps ne vous appartient plus, plus rien ne vous appartient, même pas votre mort car être ainsi est mourir à chaque instant, car être ainsi est l'extinction de son être et la renaissance de son être, non à la vie, mais à la chair de l'autre, à ses ombres et aux tissages de ses absences, car être ainsi est inscrire les traces de sa solitude dans ses yeux, face à l'autre, face à l'autre vous n'êtes d'aucun destin sinon celui de son vouloir, face à l'autre vous n'êtes d'aucune matière sinon celle des cendres, son moindre souffle suffit à vous immoler, mais jamais l'immolation n'a été aussi lumineuse, émanation de sa lumière.