Xavier-Luc Duval n’écarte pas la possibilité d’avoir recours à une “private prosecution” contre le VPM Showkutally Soodhun. Cela au cas où la police reste inactive dans le sillage des propos tenus par le président du MSM avant de quitter le pays la semaine dernière. C’est ce qu’a indiqué le leader de l’opposition et du PMSD hier lors d’une conférence de presse.
Les propos de Soodhun ont été un des premiers points évoqués par le leader de l’opposition hier. Xavier-Luc Duval a affirmé avoir appris que le vice-Premier ministre sera interrogé par la police à son retour du pays la semaine prochaine. « Mo espere ki sa pa pou enn interogatwar manti-manti, me enn interogatwar kouma bizin », a lancé Xavier-Luc Duval. Selon lui, la population « réalise très bien » quelle sera la conséquence de cette affaire. « Est-ce que dans ce pays on pratique une politique à deux vitesses ou y a-t-il une loi pour tout le monde?? Est-ce que Maurice est une République bananière?? Est-ce que Maurice est un pays où l’État de droit est en vigueur et où on pratique la justice pour tous?? », s’est demandé Xavier-Luc Duval.
Il a relevé que Showkutally Soodhun a reconnu avoir tenu ses propos. La problématique, pour le leader du PMSD, ne provient pas seulement des menaces contre sa personne, mais aussi des « propos incendiaires » tenus « pendant une vingtaine de minutes », lesquels constituent « une menace à la stabilité et à la paix » dans le pays. « Il a mis des propos infâmes dans ma bouche, qui peuvent être mal interprétés par certains. C’est la raison pour laquelle j’ai fait une déposition pour diffamation criminelle, pour menace à l’ordre public et pour menace de mort. Pour avoir tenu de tels propos, Showkutally Soodhun n’a pas sa place ni dans le gouvernement ni au parlement », a estimé Xavier-Luc Duval, qui soupçonne le VPM d’être à l’origine des affiches contre l’Arabie Saoudite, qui ont été collées aux alentours des mosquées.
Par ailleurs, Xavier-Luc Duval est d’avis que la police peut « facilement trouver l’enregistrement des propos de Soodhun à la MBC » et souligne que normalement, « les propos de tous les ministres sont enregistrés par la NSS et la transcription est déposée sur la table du Premier ministre le lendemain ». Par conséquent, si la police reste inactive par rapport à cette affaire, il envisage de recourir à une “private prosecution” ou à une manifestation.
« La FSC dans l’illégalité »
Commentant le procès en diffamation intenté contre lui par Alvaro Sobrinho, qui lui réclame Rs 100 M, Xavier-Luc Duval a observé qu’il « ne dispose pas de Rs 100 M » et qu’il « ne fermera pas sa bouche » parce qu’il « sait avoir raison ». Il s’est donc insurgé contre la tentative d’Alvaro Sobrinho d’essayer de « fermer la bouche du leader de l’opposition ». Il a répété qu’en accordant à l’Angolais une licence bancaire, « la FSC a agi en violation des lois régissant les services financiers », qui exigent que ces permis soient accordés « aux gens ayant de bonnes réputations ». Pour Xavier-Luc Duval, la preuve que la FSC a opéré dans l’illégalité est que quatre directeurs de la FSC ont soumis leur démission avant qu’une décision soit prise en faveur d’Alvaro Sobrinho. Et pour que la réunion du conseil d’administration ait le quorum approprié, M. Googoolye, de la Banque centrale, a dû être nommé « à la dernière minute ».
Xavier-Luc Duval a également fait part de ses inquiétudes concernant les menaces pesant sur le secteur sucrier, qui concerne quelque 16 000 planteurs, dont les petits planteurs, dans le sillage de la libéralisation des prix internes du sucre en Europe. Le prix du sucre, prévoit-il, risque de passer de Rs 15 000 à Rs 13 500 la tonne. Même en ajoutant les revenus découlant de la vente de la bagasse et la mélasse, les revenus des planteurs risquent de tomber en dessous du seuil de rentabilité, qui est estimé à Rs 16 000, alors que leurs revenus sont estimés à Rs 15 800. Xavier-Luc Duval souhaite que le gouvernement intervienne en vue d’assurer un meilleur rendement de la canne et une distribution équitable des revenus découlant de la vente des sous-produits.
Le leader de l’opposition a justifié ses interventions en faveur de Rodrigues, où la population « continue à vivre dans la pauvreté ». Et d’ajouter : « Il y a un seul gynécologue pour une population de 42 000 personnes. La production agricole est en chute libre. La construction de la piste d’atterrissage est estimée à Rs 11 milliards. Ce qui est hors de portée des Rodriguais ». Répondant aux accusations faites contre lui par Ivan Collendavelloo, Xavier-Luc Duval a rétorqué qu’il ne regarde pas le territoire mauricien en termes de zones, mais en termes de population. « Personne ne peut rester insensible lorsque la population vivant dans un des territoires mauriciens est en difficulté, fut-il à Rodrigues », a-t-il clamé.
Abordant le secteur de l’aquaculture, il a argué que des plaisanciers auraient vu des requins dans le lagon à Grande-Gaube, là où certains se sont lancés dans l’aquaculture.
Xavier-Luc Duval a finalement abordé le dossier de l’élection partielle à Quatre-Bornes. Un dépliant consacré au candidat du PMSD Dhanesh Maraye sera lancé ce week-end. Interrogé par la presse, le leader des bleus prévoit que les élections générales ne seront pas convoquées avant le jugement du Privy Council sur l’affaire MedPoint. Il estime que l’élection partielle pourrait avoir lieu « soit avant la rentrée parlementaire soit en décembre ».
Concernant la menace de grève de la faim envisagée par les employés du transport, Xavier-Luc Duval a observé qu’un mémorandum sera soumis au ministre des Infrastructures. Il affirme qu’il est en faveur de l’organisation d’une grève de la faim « uniquement après que tous les recours ont été épuisés ».