PMSD  : « Soodhun n’a pas sa place au gouvernement » selon Xavier-Luc Duval

Le leader de l’opposition rappelle que le CP se doit d’être loyal envers la Constitution et aux lois du pays, et non au Premier ministre du jour

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a commenté trois principaux sujets lors de sa conférence de presse de samedi : les propos menaçants du vice-Premier ministre Showkutally Soodhun contre sa personne, les courses hippiques et l’endettement du pays. « Il y a quatre grands perdants dans les menaces de Soodhun : d’abord Soodhun lui-même, le Premier ministre Pravind Jugnauth, le Commissaire de police et l’État de droit à Maurice », a-t-il déclaré.
D’emblée, Xavier-Luc Duval a soutenu que n’importe qui aurait tenu de tels propos menaçants aurait déjà été arrêté et poursuivi, et ce, en raison de la teneur « extrêmement grave pour notre tissu social et pour la paix sociale à Maurice » des déclarations de Showkutally Soodhun. « Je comprends que la presse n’ait pas publié in toto ces propos. Elle n’a pas osé, car il y a tellement de haine communale que la presse a considéré que même les publier était un délit ».
Selon le leader de l’opposition, il y a plusieurs « cases » contre le vice-Premier ministre, lesquels « sont tous des “arrestable offences” ». Il relève qu’« il y a la diffamation criminelle, car il a tenu des propos infâmes que je n’ai jamais dits », avant d’expliquer la démarche de sa Private Notice Question (PNQ) sur deux communiqués concernant les relations de Maurice avec l’Arabie Saoudite et le Qatar. « Il ne faut pas, en tant que petit pays, entrer dans le conflit entre ces deux pays, alors que les grands pays évitent de le faire. Cela parce que nous avons des intérêts économiques partout. C’était ça la PNQ, point à la ligne », a fait ressortir Xavier-Luc Duval.
Deuxièmement, « il y a une incitation à la haine raciale et au terrorisme dans ses propos, qui est un délit très très grave ». Il poursuit : « J’ai des informations au sujet de 40 Mauriciens qui sont allés faire la guerre en Syrie, dont un grand nombre est rentré au pays. Pour moins que ça, on a eu des attaques terroristes en France. Je suis heureux que je sois bien aimé par les Mauriciens, e personn pa finn pran li au sérieux ». Cependant, « cela n’empêche qu’il y a des risques d’attaques terroristes à Maurice et les propos de Soodhun sont extrêmement condamnables ». Xavier-Luc Duval affirme que le ministre des Terres et du Logement a enfreint la Prevention of Terrorism Act. « Il a aussi fait un contempt of the Assembly en s’attaquant à un membre du parlement », a-t-il ajouté.
Le leader de l’opposition a observé que Pravind Jugnauth est aussi le grand perdant dans cette affaire « parce qu’il se montre comme le Premier ministre le plus faible de l’histoire ». Et d’ajouter : « Non seulement il ne peut révoquer des gens comme Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry, cette fois-ci, il a peur de Soodhun, qui aurait menacé de démissionner du N° 15. En gardant le silence, Pravind Jugnauth devient la risée de la population et c’est dangereux pour un pays lorsqu’un Premier ministre ne peut prendre aucune mesure disciplinaire contre ses hommes ». Pour lui, il est clair que Soodhun mérite la révocation immédiate. « Il ne faut pas attendre sa démission. Il n’y a pas de place au parlement pour des gens qui tiennent des propos pareils. Donc, si Soodhun a envie de démissionner, je l’invite à le faire au N° 15. Si li enn mari, si li eli, je démissionne. »
Xavier-Luc Duval est d’avis que le Commissaire de police, Mario Nobin, est le troisième perdant dans cette affaire. « Mario Nobin a un poste constitutionnel, personne ne peut lui donner des instructions dans son travail. Eski li pe fer so travay ? Ki listwar pou rapel de li  ? Allons-nous nous rappeler de lui comme d’une personne qui a protégé le pays de la haine communale, ou bien comme d’un paillasson  ? Je lui rappelle qu’il a une responsabilité, non pas devant Pravind Jugnauth, mais devant la population. Il doit être loyal à la Constitution et aux lois mauriciennes et non au PM du jour », a-t-il déclaré, avant de demander à Mario Nobin de se ressaisir et de prendre ses responsabilités.
S’agissant des courses hippiques, le leader de l’opposition a critiqué le gouvernement qui, selon lui, a cru bon d’accorder beaucoup de pouvoirs à la Gaming Regulatory Authority (GRA) alors que la Commission d’enquête sur les courses hippiques relève que la GRA « n’est pas fit for purpose » et qu’elle est sous influence politique. « Depuis cette époque, il n’y a eu aucune amélioration  ; il y a même une détérioration au sein de la GRA. Je rejoins les gens qui disent que nous signons aujourd’hui la fin des courses hippiques à Maurice », a-t-il fait ressortir.
Xavier-Luc Duval a, en dernier lieu, commenté l’endettement public du pays, dont le plafond a été placé à 65 %, « mais qui est déjà à 66 % ». Le prêt de Rs 21 milliards, a-t-il affirmé, « va faire exploser la dette à 75 %, Betamax inclus ». Il y a donc, prévient-il, « une catastrophe économique à venir ».