L'ancien ministre des Arts et de la Culture, Dan Baboo, aux côtés du leader de l'opposition

Pour obtenir du Premier ministre des détails sur le Film Rebate Scheme – qui prévoit de rembourser une partie des dépenses de films produits à Maurice – le leader de l’opposition s’est focalisé sur un point : Serenity, premier film hollywoodien tourné entièrement dans l’île, et qui est considéré comme un flop.

Lors de sa Private Notice Question (PNQ) de ce mardi, Xavier-Luc Duval a voulu savoir qui siège sur le comité du Film Rebate Scheme. L’objectif étant notamment d’identifier ceux responsables du fait que « Rs 840 M » (chiffres de XLD) ont été remboursées à travers le Film Rebate Scheme de 2018 à 2019 « alone ».

Et pourquoi « le fiasco Serenity », a déclaré XLD, a bénéficié d’un remboursement supérieur à Rs 50 M et à 30% du Qualifying Production Expenditures.

Chiffres contradictoires.

Pravind Jugnauth a détaillé la composition du comité : un représentant du Prime Minister’s Office, des ministères des Finances et de l’Art et de la Culture, de l’Economic Development Board, de la Mauritius Promotion Tourism Authority et de la Mauritius Film Development Corporation.

Quant au Film Rebate Scheme, le Premier ministre a souligné qu’il pourrait fournir des « breakdown figures » des paiements effectués. Xavier-Luc Duval et Pravind Jugnauth ne se sont nullement accordés au sujet des finances, leurs chiffres se contredisant maintes fois.

Xavier-Luc Duval a insisté que « le fiasco Serenity » n’a ramené « aucune publicité » pour Maurice. « The whole point of paying subsidy is to obtain publicity », devait-il lancer.

Le chef du gouvernement a rétorqué que « le fiasco se trouve dans la tête du leader de l’opposition ».

Pravind Jugnauth a épluché les recettes du film : « USD 15 M récoltées à travers le monde » ; « 8.5 M de recettes uniquement aux Etats-Unis », où le film a été diffusé dans plus de 2 000 salles de cinéma ; Serenity a été diffusé en Grande-Bretagne, en Russie, en Bulgarie, au Portugal en République Tchèque et dans d’autres parties du monde.

Il a également cité des revues qualifiant cette production de Steven Knight de « flop », mais aussi de « succès pour un public mature ».

« Maya Lord ».

Pravind Jugnauth a insisté que le Film Rebate Scheme se doit d’offrir des remboursements jusqu’à 40% car « la compétition est rude à l’international ». En attirant des productions cinématographiques dans le pays, devait-il ajouter, cela permet notamment de créer de l’emploi, d’améliorer la visibilité de la destination mauricienne et de développer localement cette industrie.

Xavier-Luc Duval a, lui, questionné si une quelconque expertise internationale avait été retenue avant d’offrir un remboursement considérable à la production du film Serenity.

Pravind Jugnauth a informé que des critères étaient examinés par le comité pour accorder le remboursement. Et si nécessaire, « of course they consult » l’expertise internationale.

Le leader de l’opposition a aussi évoqué ses soucis quant à d’éventuels fraudes pouvant provenir du système de remboursement, qualifié de « not adequate ». Mais le Premier ministre l’a plus d’une fois rassuré que « so far, I have not come across any case of fraud ».

Le leader de l’opposition a, en outre, relevé que « d’autres grands noms » du cinéma sont attendus à Maurice. Notamment pour la production du film « Maya Lord », devait-il préciser en direction de la Speaker. Maya Hanoomanjee a laissé échapper un sourire.

 

Retrouvez un compte-rendu détaillé de la PNQ de ce mardi 14 mai dans l’édition du Mauricien de cet après-midi.