POÉSIE-THÉÂTRE : Bourbon hologramme

Quand l'identité rejoint l'altérité

Le théâtre-poétique de la poétesse Catherine Boudet se rattache, par sa signification, au drame intérieur. Outre ses qualités proprement littéraires, Bourbon hologramme (L'Harmattan, 2013) traduit le doute et révèle le double rapport que ses personnages entretiennent avec l'île : l'attraction et la répulsion à travers des visions qui apparaissent et disparaissent. Catherine Boudet propose un texte métaphysique. La scène devient pour elle un espace volontairement proche du rêve semblable aux paysages de son île avec sa végétation luxuriante, son volcan, ses cirques, ses lagons. C'est un univers onirique marqué par le chant d'amour d'une Princesse au corps de tulipe et d'un chevalier pour leur île mais aussi le lieu de tous les conflits intérieurs. Dès l'ouverture du texte les indications fournies dans les didascalies évoquent des personnages, (Le Chevalier des laves bleues, La Princesse avec son corps de tulipe, le Conteur des sources, Le choeur des Dahines, Nam) mais pas de lieu explicite. Le texte ne contient pas non plus d'intrigue mais est découpé en onze petites scènes d'amour, de chants, de prière culminant au naufrage. L'auteure a recours à un théâtre fait d'ombres, de chants. Les différentes interventions rythment des textes construits en plusieurs scènes librement reliées entre elles. Certaines scènes viennent briser ce rythme trop rigoureux d'un théâtre rituel. Le récit porte sur la mise en mots d'une expérience dont la narration occulte le déroulement événementiel. Le texte hésite entre dérive onirique et pathologie cauchemardesque. Une écriture en courbes sismiques annonce l'effondrement final.
Résumons ce théâtre poétique : il s'apparente au théâtre classique avec le choeur. Le chevalier et la princesse semblent issus d'un conte surréaliste. La magie aurait pu opérer mais on s'apercevra que tout n'est qu'illusion. La Princesse dira à la fin "cette île n'était déjà plus qu'un hologramme..."  De cette île mystérieuse, la Princesse dira "une île surérogatoire avec ses brisants: garante des naufrages/ je sais désormais où s'arrête le chemin/ En face de tes yeux..." Les angoisses de la Princesse sont indissociables de sa souffrance. Dans un étrange dialogue avec le chevalier elle livre son âme tourmentée : "Le poème m'échappe/je suis seule envolée/ Il n'y a pas de quête/ Le poème suture..." Elle retrouve également le ton de la prière  qui lui permet d'exprimer sa détresse. Le drame se déroule en présence des éléments et n'est pas sans violence et dénonciations. Le désordre intérieur des personnages se reflète dans la nature : l'eau saumâtre, l'île rétrécie, le lagon éventré. Boudet déploie tout un jeu de signes pour signifier un enfer moral. La Princesse devient une sorte de victime "sacrificielle", victime de tous les maux de l'île. Quand les corps constitués éclatent - personnages, texte, système de pouvoir - tout devient boue et le navire touche le fond. L'idéal comme fond, l'enfer comme forme se complètent et se brouillent en simultané. L'identité rejoint l'altérité. L'individu se fond dans une variante politique du rêve, s'affranchit de tout par le pouvoir libertaire du rêve.        

 

Livre de photographies

MAURITIUS NO COMMENT

Gada est une photographe née en Suisse dans une famille multiculturelle et plurilingue. Elle a fait des études de Sciences Po Paris. Installée à Maurice, elle se passionne pour les voyages, les cultures, les civilisations. C'est une adepte de la sérendipité (aptitude à découvrir par hasard des choses qui nous rendent heureux) et du sens de l'humour, elle nous livre dans un petit ouvrage de photographies MAURITIUS NO COMMENT (Editions Vizavi, 2013) - plus qu'un livre, un véritable témoignage d'humanité. Le portrait de tous ces "Autres" est un témoignage  accompagné de photos de visages, de scènes extraordinaires très bien mises en valeur par cette artiste photographe de talent. Bien sûr on trouve les multiples facettes d'une île fascinante - les  cultures, les religions, les métiers, l'architecture, les paysages. On pioche dans ce livre au hasard des photos et on s'étonne des sujets aussi variés, des valeurs qui y sont contenues. Des mosaïques d'images alternent avec des portraits. Et puis, il y a à travers le regard malicieux du photographe des scènes humoristiques de la vie mauricienne. Un petit album mais un formidable projet d'un monde tout en couleurs avec ses richesses et ses atmosphères.

Publication

Il était une fois...

un ACTEUR, un TÉMOIN

1953-2013, la clinique Darné (Fortis Clinique Darné) fête ses 60 ans. Une institution au service de la vie fondée par le Dr Darné et qui porte son nom. Lorsque la clinique fut fondée l'idée derrière était une offre de service aussi bien que de donner à notre système un caractère mixte, public-privé. L'aventure continue. Fortis Darné est aujourd'hui un acteur important qui a contribué au progrès du système de santé à Maurice. L'institution a connu de nombreuses mutations avant d'acquérir sa réputation et ambitionne de jouer un rôle plus prépondérant dans la communauté mauricienne. Quel parcours pour cette clinique qui a vu passer les années de guerre, l'épidémie de poliomyélite de 1945, les maladies liées à la malnutrition et autres maladies infectieuses. L'institution reconnaît qu'il "y a des missions que l'Etat assume en parfaite complémentarité et en bonne intelligence avec le privé. Pour le bien des malades, et par-dessus tout, au service de la vie..." Il était une fois...un ACTEUR, un TÉMOIN (Caractère Ltée, 2013) retrace un parcours, une mission mais aussi des partenariats, comme avec l'Inde. "Clinique Darné, a premier healthcare institution was rechristened as Fortis Clinique Darné (FCD) and significant improvements in the hospital's services were implemented as a result of this collaboration..." fait ressortir la direction de Fortis Healthcare Limited. Il y a eu aussi les investissements de CIEL Group dans le secteur médical pour aller vers de meilleures services et plus d'expertise. La clinique s'est lancée dans la formation, a créé différents services et départements pour démontrer son dévouement à la communauté. Le présent ouvrage retrace en plusieurs chapitres l'expérience de l'institution depuis les épidémies jusqu'aux soins high-tech, en passant par le baby boom et le défi vert.  En attendant d'aller vers des pôles d'excellence en matière de cardiologie, urologie ou neurochirurgie, FCD mise sur le partenariat public-privé pour un avenir sain pour tous les Mauriciens.