Les enquêteurs de la CID de Trou-aux-Biches, avec la collaboration de la MCIT, ont arrêté un premier suspect quelques heures seulement après le meurtre du gérant de Villa Lotus, Ajit Kumar Tohubul, 61 ans. C’est un appel manqué (“missed call”) qui a poussé les enquêteurs à s’intéresser à Vickram Koonjoobeeharry, 37 ans, un client de l’établissement.
Le suspect, un habitant de Triolet, est la dernière personne à s’être présentée à la Villa Lotus mardi après-midi. La CID de Trou-aux-Biches est remontée jusqu’à lui après qu’un proche de la victime a confié aux enquêteurs que Vickram Koonjoobeeharry avait pris contact avec Ajit Kumar Tohubul pour demander si une chambre était disponible. « Je lui ai dit de se rendre directement au bungalow et de parler avec le gérant », a déclaré ce témoin à la police.
Lors de son interrogatoire hier, Vickram Koonjoobeeharry a confirmé qu’il s’était effectivement rendu à la villa, « mais je n’ai pas rencontré Ajit ». Le suspect a expliqué qu’une fois sur place, il a remarqué que la porte de la chambre de la victime était entrouverte et qu’il l’a appelée. « Mo pann tann personn reponn. Mo pann rant dan lasam », a-t-il soutenu, ajoutant avoir quitté les lieux immédiatement après.
Or, les enquêteurs ont relevé un appel manqué provenant du téléphone de Vickram Koonjoobeeharry sur un des cellulaires de la victime. Le suspect a avancé avoir appelé le sexagénaire pour savoir où il se trouvait. Les enquêteurs ne semblent cependant pas satisfaits de ses explications. Vickram Koonjoobeeharry sera à nouveau interrogé aujourd’hui après sa comparution au tribunal de Pamplemousses pour son inculpation provisoire.
La police a également interrogé une dizaine de personnes hier, dont un ancien employé de la Villa Lotus. Ce dernier avait été mis à la porte, le gérant ayant appris qu’il avait commis un vol dans l’établissement. L’ancien employé était sur les lieux dans la nuit de mardi à mercredi mais a justifié sa présence. Idem en ce qui concerne un deuxième ex-employé, qui avait été licencié après une altercation avec le gérant.
Après la découverte macabre mercredi, la police avait dans un premier temps privilégié la thèse d’un vol ayant mal tourné, la pièce dans laquelle se trouvait la victime étant sens dessus dessous. Après un inventaire, les proches de la victime ont noté la disparition de caméras de surveillance, d’un appareil d’enregistrement DVR ainsi que du téléphone portable d’Ajit Kumar Tohubul. Entre-temps, les enquêteurs ont reçu certaines informations sur la relation du sexagénaire avec des personnes douteuses.
« Mon époux avait des ennemis », a confié l’épouse de la victime à la police. Cette dernière a indiqué aux enquêteurs que le sexagénaire avait été attaqué lors d’un vol l’année dernière et qu’il avait été sérieusement blessé. Cependant, Ajit Tohubul n’a pas renoncé à travailler à la Villa Lotus et dormait seul dans l’établissement. Par ailleurs, la police a questionné un travesti ainsi que son amant, qui avaient l’habitude de se rendre dans ce bungalow. Ils étaient présents mardi mais n’ont pas été inquiétés davantage par la CID à ce stade de l’enquête.
L’autopsie du Dr Sudesh Kumar Gungadin a conclu qu’Agit Kumar Tohubul a eu la nuque fracturée, relevant également des ecchymoses sur ses mains et son corps, poussant les enquêteurs à penser que le sexagénaire a lutté avec ses agresseurs avant d’être tué. Son corps a été retrouvé dans une position assise dans une des chambres de la Villa Lotus. Les enquêteurs prévoient d’autres développements aujourd’hui.