Avec les secousses politiques au plus haut sommet du gouvernement de Lalyans Lepep, séquelle de l’Euro-Loan Saga de 1,1 million de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, auprès de la State Bank of Mauritius (SBM), l’économie semble reléguée au second plan dans la conjoncture. Toutefois, deux documents officiels qui sont tombés dans le domaine public au cours de la semaine écoulée, en l’occurrence l’Executive Board Assessment du Fonds monétaire international (FMI) sur les Article IV Consultations et la 2016-17 Budget Circular, signée du secrétaire financier Dev Manraj, pour le démarrage des consultations prébudgétaires, sont venus remettre en perspective les « economic challenges ahead ». Le premier constat évident est que le FMI semble faire une croix sur le projet de second miracle économique dans la mesure où le taux de croissance ne se hissera nullement à hauteur des 5%, seuil générateur d’emplois et du feel good factor faisant défaut depuis plusieurs années. Le FMI prévoit un maigre 4% au maximum jusqu’à la fin du mandat du gouvernement dirigé par sir Anerood Jugnauth, prenant à contrepied l’optimisme proposé dans les directives budgétaires du secrétaire financier en vue d’atteindre l’objectif de 5% annuellement. Deux autres sujets d’appréhension évoqués dans le rapport de la mission du FMI, dirigée par Martin Petri, portent sur l’accroissement de l’endettement public au cours de ces dernières années et le poids des Non-Performing Loans (NPL) dans le sillage des milliards de créances douteuses laissées suite à l’écroulement de l’empire de Dawood Rawat. Sur un autre plan, le FMI préconise une politique restrictive en matière de dépenses publiques et une approche pour « a better targeting of priority social expenditure ».
Les prévisions établies par la mission Petri dans le cadre des Article IV Consultations ne laissent pas l’ombre d’un doute au sujet de ce second miracle économique tant annoncé. Avec un taux maximal de croissance de 4% annuellement d’ici à 2020, les chances d’une nette reprise sont considérées comme étant quasi nulles. En effet, le FMI, qui mise sur un 3,8% cette année, soit dans la fourchette des projections de Statistics Mauritius et de la Banque de Maurice, est d’avis que pour les années subséquentes, il ne devrait pas dépasser la barre des 4% en 2019 et 2020.
 Ces prévisions sont loin du minimum requis pour atteindre le triple objectif d’assurer le décollage et de propulser Maurice dans la catégorie des high income economies et de réaliser la Vision 2030 définie par le Premier ministre et ministre des Finances, sir Anerood Jugnauth. « The challenge is to steer our economy towards a growth path of at least 5% annually to realise the Vision 2030 and to attain the high income country status », s’appesantit le secrétaire financier en ouverture aux consultations pour le prochain budget. Pour le FMI, tel ne sera pas le cas au cours de ces cinq prochaines années.
 Plusieurs facteurs sont énumérés pour expliquer le faible taux de croissance enregistré l’année dernière. « Mauritius has continued to grow at a moderate rate of 3,4 percent in 2015, as weak external demand, protracted decline in construction, and the collapse of a large financial conglomerate group (BAI de Dawood Rawat) more than offset the positive impact of favorable terms of trade », note le communiqué officiel.
 Un autre facteur inhibitif sur la voie du second miracle économique concerne la progression du Gross Domestic Investment. La Budget Circular N°2 du ministère des Finances fait état de la nécessité du fait que « appropriate policies and measures will have to be implemented to further diversify our economy, boost private investment and employment creation, raise productivity to global competitiveness levels, embed digital technology in our development strategy and strengthen our economic resilience. »