Le pressing exercé par l’ensemble du monde syndical en vue de réclamer la convocation des négociations tripartites pour le paiement d’une compensation salariale à partir du 1er janvier prochain semble rapporter des dividendes. En effet, en marge de la réunion mensuelle, présidée par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn, les syndicalistes présents ont appris que la question des tripartites et de la compensation salariale sera évoquée lors des délibérations du conseil des ministres de demain. Toutefois, ces échanges se dérouleront en l’absence de deux protagonistes majeurs, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui participe au sommet du Commonwealth à Malte, et le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, en mission à Singapour depuis la mi-semaine.
La préoccupation dans le monde syndical est que les vacances parlementaires interviennent en l’absence de l’adoption de l’Additional Remuneration Bill 2015 pour le paiement de la compensation à partir du 1er janvier prochain. Les syndicalistes soutiennent que le patronat ne procédera pas à des ajustements des salaires dans ce texte de loi. Toutefois, ce matin, ils ont appris que le conseil des ministres sera « apprised » de la situation lors de la réunion avec les décisions entérinées en temps et lieu.
En marge de cela, les représentants d’au moins neuf centrales syndicales, dont Serge Jauffret pour la Confédération Syndicale de Gauche, B. Seesoosagur pour le National Trade Union Congress, Rashid Imrith pour la Fédération des Syndicats du Secteur Public, Haniff Peerun pour le Mauritius Labour Congress et Lall Dewnath pour le Mauritius Trade Union Congress et également les représentants de la GTU, de la FTU et de la FDUF, ont signé une lettre commune adressée au ministre des Finances.
« We, the representatives of the trade union Confederations of Mauritius, feel very concerned that you and the government have not yet convened the Annual National Tripartite Committee to determine the quantum of salary compensation to be granted to the working people of Mauritius as from the 1st January 2016. As you should be aware, the National Assembly needs to adopt the Additional Remuneration Bill so that all workers of Mauritius be granted their annual salary compensation with effect from 1st January 2016, after the meetings of the National Tripartite Committee », font-ils comprendre d’emblée en dénonçant cet « oubli » de l’Alliance Lepep après avoir fait campagne sur la nécessité d’un rattrapage du pouvoir d’achat.
« The trade union movement opposes any attempt by the government or the capitalist class to deny workers of the country of their right to be compensated for loss of purchasing power and their right to maintain a decent standard of living. Through this common letter, we urge you to forthwith convene the annual tripartite committee to determine the quantum of salary compensation to be granted to all workers, as from 1st of January 2016. We also urge the government to ensure that the National Assembly adopts the Additional Remuneration Bill accordingly », soutiennent-ils avec force, Rezistans ek Alternatuv préconisant le paiement d’une compensation uniforme de Rs 500 à compter de janvier prochain.
Force est de constater que les prochaines consultations tripartites se dérouleront dans un contexte économique spécial, avec le patronat détenant une carte maîtresse pour justifier un éventuel non-paiement de cette compensation salariale annuelle. L’argument majeur se situe dans des extraits de la réponse fournie à l’Assemblée nationale par le Grand Argentier à une interpellation supplémentaire du député Reza Uteem. Vishnu Lutchmeenaraidoo a annoncé que le taux d’inflation annuel au 31 décembre prochain sera de 1,5 %, bien loin du Trigger Point de 5 %.
« Rate of inflation this year will be less than 1,5 % calendar year basis, which means, therefore, that we are already living a period of deflationary forces where prices are going down », s’est appesanti le ministre des Finances à cet effet. Un obstacle que devront franchir les syndicalistes lors des prochaines consultations tripartites.