POLITIQUE SALARIALE : Les syndicalistes proposent un Minimum Wage de Rs 8 860

Ce montant comprend les Rs 8 500 proposées dans le rapport Appanah et la compensation salariale de Rs 360 à partir du 1 er janvier prochain

Le rapport sur le salaire minimum a été hier à l'irdre du jour d’une réunion entre les syndicalistes, le secrétaire financier Dev Manraj et le président du National Wage Consultative Council, Beejaye Appanah. Les représentants des travailleurs ont insisté pour que la compensation salariale ne soit pas comptabilisée dans le salaire minimum. La somme proposée par le conseil étant de Rs 8 500, en y ajoutant la compensation de Rs 360, cela donne donc Rs 8 860. Ces propositions devront être abordées lors des délibérations du conseil des ministres de ce matin.

Le National Wage Consultative Council (NWCC) a adopté son rapport sur le salaire minimum la semaine dernière. Toutefois, les syndicalistes s’étaient plaints de n’avoir pas eu l’occasion d’étudier le rapport en profondeur, n’ayant eu droit qu’à un résumé sur écran. D’où leur demande au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, mercredi pour une réunion avant la présentation du rapport au cabinet.

Hier, une réunion présidée par le secrétaire financier Dev Manraj a réuni les syndicalistes et le président du NWCC, Beejaye Appanah. Comme ils l’avaient déjà évoqué lors de la réunion tripartite mercredi, les représentants syndicaux ont insisté pour que le montant de la compensation salariale, soit Rs 360, ne soit pas déduit du salaire minimum. Rashid Imrith de l'All Employees Confederation explique : « Nous avons fait une contre-proposition à Rs 8 860. Soit les Rs 8 500 proposées dans le rapport et la compensation. Nous avons fait une demande écrite dans ce sens, qui a été remise au Premier ministre hier. Nous espérons que cette proposition sera prise en considération. » Initialement, le rapport avait suggéré Rs 8 000 à partir de janvier 2018 et Rs 8 500 en janvier 2019.

Le président de l’All Employees Confederation souligne qu’il y aura deux dossiers importants pour les travailleurs au cabinet ministériel aujourd’hui : d’une part, la régularisation des cleaners des écoles et, d’autre part, le salaire minimum. Rashid Imrith ajoute : « Nous avons aussi fait une demande pour un réajustement des salaires à tous les niveaux. Actuellement, le salaire minimum dans la fonction publique est de Rs 7 800. Celui-ci sera aussi élevé à Rs 8 860 si notre proposition est acceptée. Ce qui causera un déséquilibre dans la “salary relativity”. D’où la nécessité d’un réajustement immédiat. La loi fait provision pour ce genre de situation. » 

Une demande a ainsi été faite pour que les boards du PRB et du NRB se réunissent afin d'étudier la question. Une proposition a été faite pour étudier l’implication du salaire minimum sur la pension. « Nous avons suggéré des discussions avec la sécurité sociale et les finances pour évoquer la question. »

Pour Radakrishna Sadien, aussi présent à la réunion d’hier, le salaire minimum est « un premier pas » vers un National Living Wage. « Le secteur privé était le plus concerné par les problèmes de salaire. Le salaire minimum représente donc déjà une avancée. Tout de même, nous devons maintenant viser le salaire décent. Nous espérons que le patronat jouera le jeu. »

En ce qui concerne le NWCC, Rashid Imrith, qui y siège, précise que « le travail continuera car il faudra maintenant se pencher sur l’implémentation du salaire minimum ».

 

 

NARENDRANATH GOPEE (FCSOU) : « Une compensation humaine »

« Le Premier ministre a mis en avant le contexte international difficile. De ce point de vue, nous considérons que les Rs 360 représentent une compensation humaine. Nous avions suggéré Rs 450, mais le Premier ministre a déclaré qu’il faut aussi prendre en considération la “Negative Income Tax” et le salaire minimum. Pour notre part, nous maintenons que l’impôt négatif est un subside au secteur privé. »

 

ATMA SHANTO : « Une avancée pour le mouvement syndical »

« Je constate que le gouvernement et le patronat ont tenu le même langage. Pour notre part, nous aurions préféré que le calcul se fasse sur un taux d’inflation de 5%, au lieu de 3,6%, en prenant en considération les augmentations du mois de décembre. Mais le point positif, c’est que le mouvement syndical s’est entendu, tant sur la compensation que sur le salaire minimum. C’est une avancée. Quand nous avons le même langage, cela permet de faire bouger les choses. J’accueille favorablement le retour du National Economic and Social Council, qui permettra le dialogue. »

 

VINOD SEEGUM (GTU) :  « Satisfait que personne n’ait été exclu »

 

« Dans notre mémoire, nous avions insisté sur la nécessité d’accorder une compensation “across the board”. Nous sommes satisfaits que cela ait été retenu. Nous avions expliqué que tous les travailleurs, qu’ils touchent Rs 10 000 ou Rs 100 000, ont droit à leur dû car ils ont apporté leur contribution à l’économie. En 2015, alors que l’inflation était à 1,3%, nous avions eu Rs 600. Aujourd’hui, elle est à 3,6% et nous avons eu Rs 360. C’est toujours mieux que les Rs 150 que nous avons eues dans le passé. Le plus important, c’est que personne n’ait été exclu. »