Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a réuni la presse hier pour disséquer les retombées de la Private Question Notice. Plus tôt à l’Assemblée nationale, il avait interrogé le Premier ministre sur les investissements de Poly Technologies Incorporated. Cette compagnie chinoise d’armement et de défense militaire investit à Maurice « uniquement dans la construction de “social houses” », a avancé Pravind Jugnauth.

La PNQ a permis de confirmer que des représentants de Poly Tech ont effectivement rencontré le Premier ministre en avril et en juin. La compagnie chinoise a signé un Memorandum of Understanding (MoU) « not binding » avec SMB (Mauritius) Infrastructure Ltd pour un financement de Rs 13 milliards à être investies dans la construction de 6 800 abris sociaux.

« Si c’est un simple MoU, pourquoi l’avoir brièvement évoqué et ensuite annoncé dans le Budget comme un fait accompli. C’est soit l’un ou l’autre. C’est donc un fournisseur d’armes qui devient bailleur de fonds du gouvernement », a relevé Xavier-Luc Duval.

Comme preuve de ses affirmations, il s’est basé sir la signature d’un accord avec un subsidiaire de la SBM concernant les Special Purpose Vehicules. Subsidiaire qui a été créé en marge de la ligne de crédit indienne, et ce, « afin que toutes les dettes accumulées n’apparaissent pas dans la dette publique ».

« Tout cela s’est fait dans la plus grande opacité, jamais révélé par Pravind Jugnauth, même dans le summing-up du Budget. On a dû lui retirer les vers du nez dans une PNQ », a déclaré le leader de l’opposition.

Pour plus de transparence et de bonne gouvernance, le leader de l’opposition encourage les fonctionnaires à continuer de divulguer des documents à l’opposition. « Tôt ou tard, nous demanderons la publication ou l’annulation de tous les contrats secrets que le gouvernement a signé auparavant. C’est impossible pour un pays qui veut combattre la corruption de continuer avec une prolifération de contrat confidentiel, signé à droite et à gauche, concernant notre territoire, la dette publique, notre prospérité et les différents secteurs du pays. Maurice devient comme un paradis de bailleur de fonds. »

Xavier-Luc Duval dit ainsi mener une lutte « pour plus de transparence et une vraie démocratie », et afin de « stopper ce gouvernement de “trial & error” ».

Il a soutenu que l’augmentation de l’essence a « heureusement été “back-track” » après une motion d’annulation, tout comme le tarif de l’eau, la privatisation de la CWA, la nomination controversée de Shamila Sonah-Ori à l’Electoral Supervisory Commission. Selon lui, la nouvelle loi concernant la vente du passeport pourrait également ne pas être votée.