Les activistes de la plateforme Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL) estiment que Maurice est « au bord d’une grande explosion sociale ». Lors d’une conférence de presse hier, à Port-Louis, ils ont mis en garde le gouvernement tout en réclamant la mise sur pied d’une National Tourism and Coastal Land Audit Commission. Ashok Subron, du mouvement Rezistans ek Alternativ, est catégorique : « Maurice risque une explosion sociale de grande envergure si une solution n’est pas apportée. Nous mettons en garde le gouvernement ainsi que les décideurs politiques et économiques pour qu’ils se ressaisissent sur la question des plages publiques. »
Ashok Subron souligne que la plateforme AKNL et d’autres organisations ont entamé une action symbolique de désobéissance civile le 12 novembre dernier avec la participation de nombreux citoyens sur la plage publique de Pomponette. « Nous avons installé un panneau symbolique de “reproclamation” de la plage publique à Pomponette, qui a été déproclamée par l’ancien ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun. Les habitants des régions avoisinantes ont libéré la plage. Nous assumons pleinement notre responsabilité concernant cette action », dit-il. 
Ashok Subron avance qu’il « est temps de faire preuve de rationalité et de raisonnement », ajoutant : « Notre côte s’étend sur 322 km. Les hôtels en occupent 100 km, soit 30% à 32%. Les plages publiques s’étalent sur 45 km seulement, soit autour de 14%. » Il précise aussi que les chiffres des terres côtières « n’ont pas été publiés ces dernières années »
L’activiste estime « grand temps » de mettre sur pied une National Tourism and Coastal Land Audit Commission pour revoir la politique touristique et déterminer l’espace pouvant être alloué aux plages publiques, aux hôtels et aux campements privés. « Tous les projets de construction d’hôtels doivent être gelés », dit-il. 
Après la conférence de presse, les activistes se sont rendus au bureau du Premier ministre pour lui remettre une carte postale symbolique, portant une image de la plage de Pomponette et un message similaire à celui présent sur les panneaux des plages publiques. « Nous voulons expliquer au Premier ministre que les Mauriciens en ont assez car ils deviennent des citoyens de seconde classe dans leur pays », fait-il ressortir. Les activistes sont ensuite allés à la rencontre du nouveau ministre des Terres et du Logement, Mahen Jhugroo, pour lui remettre une lettre dans laquelle les organisations dénoncent la « trahison » de Showkutally Soodhun. Parallèlement, ils lui demandent de « reproclamer » la plage publique de Pomponette. 
L’activiste Yan Hookoomsing, lui,  explique que les hôtels « ne peuvent être construits n’importe où, comme c’est le cas dans les terrains résidentiels, agricoles ou commerciaux ». Il demande ainsi au ministre Mahen Jhugroo de « revoir cela » et de « renforcer la loi » de la National Development Strategy.