Quelque 300,000 visiteurs ont traversé les rues de la capitale dans le cadre de l’événement Porlwi by light, qui s’est tenu le week-end dernier. À travers les différentes installations et animations prévues dans la cité, l’événement a offert une vision féerique de Port-Louis, ville redevenue carrefour de rencontres.
Mise en pleine lumière, Port-Louis s’est révélée d’une splendeur qu’on ne lui connaissait pas. Ou plutôt d’un bel éclat généralement atténué par l’indifférence, l’ignorance et l’absence de culture. Tandis que ses vieilles pierres chargées d’histoire se détachent de ses édifices, il fallait bien donner les moyens au géant de se relever pour qu’il prenne fièrement la pose devant tous ces flashs qui ont crépité pour l’immortaliser durant le week-end.
Ce Port-Louis qui a été tant admiré durant ces trois jours est pourtant bien ce sombre lieu qui reçoit des centaines de milliers de visiteurs en semaine et que l’on fuit à pas de course, le nez en l’air, exposé à toutes les pollutions. En ce lieu où les pierres brutes des vieilles allées côtoient le marbre lisse des immeubles modernes, toute une histoire s’expose pourtant en différents épisodes au quotidien. Telles les racines des grands arbres du Jardin de la Compagnie qui plongent au centre de la terre, Port-Louis, symbole d’une île métisse qui vogue à travers le temps, est enraciné dans le coeur de chacun.
Porlwi by light n’a pas été qu’une exposition de ce que peuvent donner la technologie, l’art et une bonne organisation. Rassemblant dans la capitale des centaines de milliers de visiteurs, toutes catégories sociales confondues, l’événement a offert à chacun quelques bonnes raisons de fierté et donné l’occasion à certains de se demander pourquoi cela n’avait jamais eu lieu avant. Il fallait pour cela prendre le temps d’y penser, d’avoir la faculté de voir grand, de savoir faire preuve de créativité, d’avoir une capacité de coordination, et surtout d’y croire. Avoir foi dans le potentiel de nos talents et dans celui du public d’adhérer à une telle initiative pour lui permettre de vivre et de prendre tout son sens. Pas étonnant que l’idée ne soit pas venue du gouvernement, encore moins d’un ministre des Arts et de la Culture présent ou du passé.
Porlwi by light a été splendide, éblouissant. Il convient de saluer vivement ceux qui ont longuement travaillé sur ce projet et de les encourager pour que la lumière demeure. À ce chapitre, quelques aspects de l’événement gagneraient à être reconsidérés pour approfondir le sens de l’activité et pour aplanir quelques faiblesses : espaces de stationnement limités, engorgement devant certaines activités et les stands de nourriture, invasion des marchands ambulants, etc. Mais tout cela ne devrait en aucune manière jeter de l’ombre sur le succès qu’a connu cet événement.
On gardera pendant quelque temps encore dans les yeux les animations qui ont ramené l’attention sur le Théâtre abandonné à l’agonie, les installations qui ont rendu la Place d’Armes moins grise, le ballet des pirogues sur les eaux sombres et polluées du port, le travail des artistes exposé dans la vieille prison et sur les murs et toutes les animations qui ont redonné vie à la capitale.
Indéniablement, Porlwi by light aura été une expérience à vivre.