Le port d’Amsterdam

On se serait cru au cœur d’un feuilleton brésilien à suspense, capable de faire battre des cœurs à la chamade jusqu’au prochain épisode rocambolesque. Les scénaristes en herbe devraient en prendre de la graine. Le pire est que le hasard ajoute des grains de sel pour que salive l’imaginaire des esprits inventifs et prospectifs. Le film des événements pourrait se dérouler sur une bande-son de Brel (ne pas confondre avec Bruel).

Des fins limiers d’une commission anti-corruption ont vent de ce qui pourrait constituer la plus grosse saisie de drogue connue des consommateurs. Plus gros que jamais (comme aurait pu tempêter l’autre). On imagine à l’écran, le bruit et la fureur d’une disqueuse (communément appelée grinder) découpant du métal. Le jaillissement des étincelles et le feu aux poudres. Feu aux foudres surprenant l’héroïne. Et se déchire un ciel obscurci sous des yeux ébahis. Valeur marchande estimée à deux milliards de roupies ! disent les experts de Port-Louis.

Les barons ne comptent plus en millions. Une peccadille dans le milieu du grand business, où tout se monnaye. Costards et grosses cylindrées clinquantes pourraient ne valoir que le prix du mépris au grand jour. Empruntons à Goethe ses dernières paroles : Mehr Licht. Plus de lumière… pour en réclamer davantage sur cette sombre affaire digne des vieux boys d’Amsterdam. Les amalgames sont vite faits de nos jours.

Une question taraude les consommateurs dépités du coin. Des habitués craignant une inflation de la dose quotidienne : que fait-on de ces kilos de poudre interceptés ? Transparence et communication, que diable ! Il importe de clouer le bec aux mecs qui penseraient à une réinjection catiminique sur le marché. Ce n’est certes pas le genre de la maison. Mais un éclaircissement serait bien pour l’information de nos amis toxicos.

Ailleurs, une femme d’âge mûr cerne le contour de ses yeux de khol kajal. La bouche entrouverte pour stabiliser ses battements de paupières. Elle regarde s’abattre le déluge à travers ses fenêtres. Sale temps pour une sortie dans la gadoue. Et si elle organisait elle aussi une conférence particulière pour se laver des éclats de boue qui auraient pu entacher sa lisse image aseptisée ? Sait-on jamais ! Elle pourrait se fendre d’un communiqué encastré dans la petite lucarne. Cela, vous le saurez prochainement… selon les anticipations de Gordon Analysis. Affaire à suivre.

Truc destiné à faire sensation mais trop léger pour convaincre. Quatre ans, c’est une éternité aux yeux du “peuple ingrat”. Vivement que les courses reprennent leur cours au Champ de Mars et que la nasion zougader s’occupe d’autres chats que de politique et de petits arrangements entre amis. Apprenons aux jeunes à step forward confidently les yeux fermés et sans poser de questions. On aurait presque dit du Navin. Une sorte d’ersatz du fameux “Tan ki mo la, zot pena pou per !” Des mots qui marquent l’inconscient… et le crédule suiveur. Rien que des mots !