Après avoir dégagé les marchands ambulants des trottoirs de la capitale, la municipalité de Port-Louis s’attaque désormais aux magasins qui exposent leurs produits sur la voie publique. L’inspectorat et la police sévissent depuis la semaine dernière contre les propriétaires qui ne respectent pas les règlements.
La municipalité va sévir contre les propriétaires de magasins qui exposent leurs produits sur la voie publique ou encore qui ont pour habitude d’installer des boîtes, des tables et des tabourets sur le trottoir. Les structures en métal sont également interdites. À la rue La Corderie, ce genre de scène est courant, explique une source au ministère des Collectivités locales. « Les officiers seront très stricts », soutient notre source.
Après la première phase de « l’opération nettoyage » de la capitale qui a débuté avec le relogement des marchands ambulants, la mairie se concentre maintenant sur les magasins qui obstruent le passage avec leurs produits et structures. La décision a été prise depuis plusieurs semaines déjà. Les tricycles également sont interdits, selon notre source aux Collectivités locales.
Les inspecteurs de la National Transport Authority (NTA) comptent sévir également contre certains colporteurs qui en dépit de l’interdiction d’opérer dans les rues de Port-Louis, occupent les espaces de parking pendant une journée entière à Port-Louis afin d’appâter les clients et continuer à vendre leurs produits.
Du côté des Places Decaen et Immigration qui, pour rappel, ont été aménagées dans le cadre du projet de relogement temporaire des colporteurs de la capitale, ces deux sites commencent petit à petit à ressembler à de véritables foires. Un bon nombre de colporteurs s’y sont installés et attirent déjà des clients. Selon le Lord-maire, Oomar Khooleegan, entre 100 et 150 marchands ambulants opèrent déjà dans ces deux sites. Il ajoute que la municipalité a, depuis une semaine, procédé à l’enregistrement de 200 marchands ambulants de plus qui ont manifesté leur intérêt à occuper des étals à Decaen et Immigration. Sont concernés : ceux qui n’avaient pas participé au survey réalisé l’année dernière par la municipalité ou ceux qui pour une raison ou une autre n’ont jamais complété les procédures d’enregistrement. « Nous avons décidé de laisser la porte ouverte à ceux qui veulent travailler dans les sites prévus à cet effet. Ils peuvent toujours se rendre à la municipalité, munis des documents nécessaires prouvant qu’ils sont des marchands ambulants », explique Oomar Khooleegan.
Le Front commun des marchands ambulants a décidé de mettre en suspens le sit-in observé depuis le 18 avril dernier devant la municipalité de Port-Louis et le bâtiment Renganaden Seeneevassen en attendant un grand rassemblement prévu pour ce dimanche 1er mai à 10 h à Plaine-Verte. Le Front commun tiendra une conférence de presse vendredi au Centre social Marie Reine de la Paix pour annoncer la marche à suivre. Pour rappel, le président, Hyder Raman, ainsi que deux membres du comité exécutif du Front commun, Rehaad Bahadoor et Feroz Wahedally, ont été interpellés hier à la mi-journée par la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Sud pour « illegal gathering ». Après leur interrogatoire aux Casernes centrales, ils ont été traduits en début d’après-midi hier devant la Cour de District de Port-Louis et ont été relâchés après avoir fourni une caution de Rs 1 000 chacun et une reconnaissance de dette de Rs 5 000. Ils sont représentés par Me Assad Peeroo et Me Rama Valayden. Ils devront se présenter à nouveau en cour le 6 mai prochain.