Véritable boule d’énergie, notre nouvelle Miss Mauritius, Ameeksha Dilchand, est une grande fille toute simple, accueillante et pleine d’humour. Elle nous a reçus chez elle, à Curepipe, avec ses parents, le temps d’un entretien particulièrement amical, qui nous a permis de découvrir une jeune femme pleine de paradoxes et de projets. Comme elle le dit si bien elle-même, quand Ameeksha veut, elle peut ! Fonceuse et sûre d’elle, cette étudiante de 24 ans en est à sa troisième année de droit, à l’Université de Londres. Son but avoué : devenir avocate, pour ensuite mettre un pas dans la politique. Son sens prononcé de la justice s’est révélé en classe de littérature anglaise. Elle découvre cette phrase : All animals are equal, but some are more equal than others. « Mais pour moi c’était inacceptable, tout le monde doit avoir les mêmes droits. Ca a fait un déclic, depuis je veux lutter pour l’égalité et contre la corruption, pour la justice ». Elle avait alors 16 ans, et était élève au Collège de Lorette de Rose Hill. Ce besoin viscéral d’aider les autres, si présent en elle, vient très certainement de son milieu familial. Entre une mère infirmière, qui se dévoue corps et âme pour soigner les patients, et un père professeur, la génétique a parlé ! « Quand j’étais petite, je voyais mon père donner des leçons gratuites à des enfants dans le garage de ma grand-mère, chez qui nous vivions à l’époque. Cela m’a toujours paru normal d’aider les autres ». Elle entend bien profiter de son titre de Miss Mauritius pour continuer dans ce sens. « J’ai toujours voulu travailler pour les autres, que je sois Miss ou pas. C’est pour ça que je suis dans la justice. Maintenant, en tant que Miss, j’aurais plus de poids, plus de gens qui viendront m’aider ». Son but principal est de travailler pour les enfants, et surtout de promouvoir l’éducation. Papa professeur oblige ! « Je pense que l’éducation aide beaucoup à se développer, à s’enrichir intellectuellement ». Les douze finalistes se sont superbement entendues cette année, et ont décidé de travailler toutes ensemble quoi qu’il arrive, pour aider les autres. Elles ont déjà commencé pendant le concours, en aidant l’association Lupus Alert, et ont bien l’intention de continuer à le faire. « On va le faire, parce que c’est vraiment un sujet important. Grâce à ma mère infirmière, je connaissais déjà cette maladie, ainsi que des personnes souffrant de cette peine. C’est quelque chose qui me tient vraiment à coeur ». Miss Congeniality Ameeksha Dilchand est véritablement la version mauricienne du film Miss Congeniality ! « Toute son enfance, elle a vécu en jean, short et baskets », nous confie sa mère Nira. « Je me souviens, une fois, nous allions à une cérémonie religieuse, et exceptionnellement Ameeksha avait mis un churidar. Les voisins sont venus me voir ébahis en me disant : le garçon a mis un churidar ? » Et oui, notre Miss était un véritable garçon manqué, ne portant jamais ni jupe ni robe. « Même à l’école, je n’ai jamais mis la robe à carreaux ! Eté comme hiver, j’étais en pantalon », confirme la miss. « Mon style a toujours été les chaussures plates, le T-Shirt et un jean troué ». Il n’en fallait pas plus pour que nous lui demandions de troquer sa jolie robe et ses sandales à talons pour sa tenue fétiche ! Revenue en jean noir, savates et T-Shirt rouge Manchester United avec son prénom imprimé à l’arrière, la transformation est surprenante. C’est toute sa personnalité qui change avec ses vêtements : de la jeune demoiselle coquette et apprêtée, Ameeksha se transforme en femme forte, sûre d’elle, avec les pieds bien sur terre. Nous voyant étonnés par le T-Shirt, son père, Baldeo, nous donne quelques explications : Ameeksha adore jouer au foot. « Dès qu’elle arrive l’après-midi, elle ressort illico pour jouer au foot avec son frère dans la rue ». Là aussi, l’héritage familial est évident : Baldeo jouait auparavant au Cadets Club, et son frère Assuntosh collectionne les médailles et joue au Curepipe Starlight. Le foot est une véritable passion familiale : « La télé dans le salon est uniquement réservée au foot », avoue Ameeksha. Ameeksha a dû complètement se métamorphoser pour devenir Miss Mauritius. « Je n’avais jamais rien fait dans le domaine de la mode. C’était ma première fois dans tout ! J’ai défilé pour la première fois pour Miss Elégance, et la seconde fois c’était pour la finale. Je n’ai jamais eu de portfolio ! » Et pour couronner le tout, notre miss n’avait jamais porté de talons, et a dû apprendre à marcher avec, profitant des séances jogging avec son père pour marcher à ses côtés. « Elle a fait énormément d’efforts pour en arriver là aujourd’hui », raconte Nira. Les deux parents déclarent être très fiers de leur fille, visiblement émus. « C’est agréable de voir sa fille s’épanouir, ça fait tellement plaisir ». C’est l’entourage d’Ameeksha qui l’a convaincue de se présenter, et en particulier son grand cousin. « Il l’a poussée, l’a accompagnée au casting, il l’a vraiment soutenue », raconte Baldeo. Les parents l’ont laissée faire, mais sans grandes attentes. « On ne s’attendait vraiment pas à ça ! » nous ont-ils tous les deux confié. « On ne pensait pas qu’elle irait si loin, mais quand on en est arrivés au stade de l’interview, nous avons été confiants. On savait qu’elle était capable de faire la différence. Nous sommes tellement fiers d’elle ! » Un rêve qui se réalise Et pourtant, devenir une Miss Mauritius était un vieux rêve d’enfance pour Ameeksha, un beau paradoxe pour cette enfant plus adepte de foot que de chiffons. « À onze ans, j’ai reçu pour Noël une couronne. Je rêvais d’être Miss Mauritius, je mettais ma couronne et je m’y voyais ». Sa mère a précieusement conservé cette couronne, qu’Ameeksha nous montre avec émotion. « J’ai gardé la couronne de mon enfance, et maintenant j’ai celle de Miss Mauritius. Ce n’est pas une belle histoire ? » La vision qu’a Ameeksha de Miss Mauritius explique comment le garçon manqué a pu rêver du titre : « Miss Mauritius est une plate-forme où on ne voit pas seulement la beauté extérieure, mais aussi la beauté intérieure et l’intelligence. Cela prime beaucoup. Moi je pense, en tant que Miss maintenant, que je peux apporter beaucoup de choses. C’est la beauté intérieure qui compte pour moi. Et quand une personne est gentille à l’intérieur, elle va automatiquement être belle à l’extérieur ». Cette jeune femme n’a absolument aucune crainte : « Je suis fière de représenter la femme mauricienne. Ce n’est pas lourd, parce que quand vous faites quelque chose avec le coeur, rien n’est impossible ! J’espère que demain tous les Mauriciens pourront dire fièrement : ça, c’est notre miss ! »