Le jeune haltérophile de talent, Anthony Madanamoothoo (16 ans), ne cesse de monter en puissance. Revenu plus fort de suspension après avoir été contrôlé positif au stanozolol (stéroïde anabolisant) l’année dernière, ce ‘soldat de fer’ en mode commando n’a qu’une mission en tête : Ramener l’or à la maison lors des Championnats nationaux samedi prochain pour faire honneur à sa famille. Portrait d’un passionné au mental de guerrier qui ne vit que pour son plaisir à lui: l’haltérophilie.
Il a ça dans le sang. Forcément, quand le père Jack s’est fait un nom dans le culturisme à Maurice (Mr Mauritius en 2001 et 2004), pas étonnant que son fils veuille lui emboîter le pas. C’est d’ailleurs tout naturellement qu’il se lance dans le grand bain. « J’ai commencé à faire du bodybuilding à l’âge de 6 ans et je me suis orienter vers l’haltérophilie deux ans plus tard », a avoué notre interlocuteur. Il faut dire que son père avait de bonnes relations avec l’actuel secrétaire de la Mauritius Amateur Weightlifters’ & Powerlifters’ Association (MAWPA), Jimmy Moonien. « Nous travaillions à l’époque sur le même sentier et j’en ai discuté avec Jimmy et aussitôt il a commencé à s’entraîner au centre national à Vacoas », a précisé Jack Madanamoothoo.
Ce dernier suit d’ailleurs au pas le parcours de son fils qui tombera amoureux de la discipline. « J’adore ce sport. C’est mon équilibre. Je pense avoir toujours été prédisposé à le pratiquer. Il faut dire aussi que cette discipline olympique m’offre également l’opportunité de voyager, de faire de nouvelles rencontres, ce qui demeure très important pour l’épanouissement d’un athlète », avoue un Anthony un brin timide mais qui demeure un véritable boute-en-train dans la vie de tous les jours. « Je ne me prends pas la tête. Je suis très assidu aux entraînements et j’essaye toujours de donner le meilleur de moi-même en compétition », a-t-il ajouté.
D’ailleurs, il fait des débuts fracassants, enchaînant les succès notamment aux Jeux de l’Espoir où il remporte la palme en 2012, 2013 et 2014. Il se distingue également en montant sur la deuxième marche du podium aux Jeux de la Commission Jeunesse et des Sports de l’Océan Indien (CJSOI) à La Réunion (2012) et prend la 7e place aux Jeux du Commonwealth. Comment passer sous silence sa performance aux Championnats d’Afrique Jeunes à Tunis (2014) avec 87 kg réalisé à l’arrachée et 107 kg à l’épaulé jeté. Alors âgé seulement de 15 ans, il était devenu le vice-champion d’Afrique dans la catégorie jeune dans le premier exercice et double médaillé de bronze dans le second et au total olympique respectivement. Mais cette participation lui vaudra d’être contrôlé positif au stanozolol.
Le soutien indéfectible de la famille
Un coup de massue pour ce jeune athlète qui bénéficiera toutefois du soutien indéfectible de ses proches. « Mes parents ont toujours été présents pour me soutenir dans les bons comme dans les mauvais moments. J’ai reçu beaucoup de soutien notamment de Michael Glover, Étienne Sinatambou ainsi que le docteur Magdolna Trombitas de l’International Weightlifting Federation qui s’est saisi de mon dossier et qui m’a été d’une grande aide », a-t-il soutenu. Suspendu pendant un an, il ronge son frein et continue de s’entraîner sous la tutelle de Serge Calotte à Curepipe et Gino Souprayen. « Je ne me suis pas laissé décourager. Je suis un battant et cet épisode de ma vie m’a rendu plus fort mentalement et bien évidemment beaucoup plus vigilant. Je suis maintenant beaucoup plus à cheval sur tout ce que je consomme. Ça m’a servi de leçon. Un haltérophile se doit d’être discipliné pour être au top de sa forme. C’est une condition sine qua non pour réussir ».
Il effectue un retour gagnant en mai de cette année lors des épreuves de sélections en vue des Jeux des Îles de l’Océan Indien dans la catégorie des -77 kg et prend l’avion pour La Réunion. Son père a d’ailleurs tenu à remercier la fédération « d’avoir attendu qu’il soit opérationnel pour lui donner sa chance de faire partie de l’équipe ».
Revanche et délivrance en terre réunionnaise
Plus jeune haltérophile de la délégation aux 9es JIOI à La Réunion, il trouve les ressources nécessaires pour s’adjuger deux médailles de bronze, ramenant deux médailles de bronze à l’épaulé-jeté avec 118 kg et au total olympique avec 223 kg dans la catégorie des 85 kg. L’émotion était palpable au Gymnase du Moufia dans le camp des Madanamoothoo car ils se sont tous rués sur Anthony qui avait les larmes aux yeux. « Nous sommes fiers de lui. Il a réussi à ramener deux médailles de bronze à sa première participation », a indiqué sa mère. Gonflé à bloc après cette réussite, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Cet élève du Collège St-Esprit, qui vient de prendre part aux examens du School Certificate (SC) s’est fixé comme objectif de remporter la médaille d’or aux Championnats nationaux le samedi 19 décembre prochain. « C’est mon but ultime en cette fin de saison. Je suis en pleine forme et je donnerai mon maximum pour atteindre mon objectif », a-t-il déclaré avant de remercier ses entraîneurs, Gino Souprayen ainsi que le DTN, Urdas Constantin, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden ainsi que son prédécesseur Devanand Ritoo, Niven de l’administration du Collège St-Esprit et spécialement Michael Glover. « Mon intégration au concept de sport-études me permet de me rapprocher de mes ambitions ». L’année prochaine, Anthony aura dans le viseur les Championnats d’Afrique ainsi que ceux des Commonwealth.
Coach sportif ou chiropracteur ? Faites vos jeux
Après ses études, Anthony Madanamoothoo compte poursuivre dans le sport, lui qui caresse le doux rêve de devenir coach sportif ou chiropracteur. « Je suis un sportif et je trouve ça logique de rester connecté au sport. Je suis quelqu’un de motivé et déterminé qui a envie de réussir. À noter que son petit frère Dorian est également haltérophile. Chez les Madanamoothoo, cette discipline est beaucoup plus qu’un sport; c’est une histoire de famille.