Les lecteurs qui regardent les chaînes d’info sur les bouquets satellitaires français ne peuvent pas ne pas avoir remarqué Aurélie Casse. Après avoir débuté sur LCI, elle a travaillé sur Itélé avant de se retrouver, dès la semaine prochaine, sur BFM télé. Portrait d’un bien joli oiseau des îles dont le ramage est égal à son plumage et qui est en train de faire son nid dans l’audiovisuel français.
Né de père mauricien et de mère française, Aurélie a vécu un an et demi à Maurice au début de l’adolescence et revient souvent en vacances pour voir sa grand-mère maternelle Cécile, dont elle a hérité de l’élégance et de la beauté. Après son enfance à Maurice, son père, Robert Casse s’est installé en France où il vit désormais et travaille dans l’informatique. Toute petite, Aurélie rêvait de devenir journaliste et, avec son petit frère, jouait à faire de la télé. « Depuis que j’ai cinq, six ans, je jouais à la journaliste avec mon petit frère. On faisait des JT, la météo, les débats, les directs et on enregistrait tout ça. Plus tard, j’ai continué dans cette même voie en faisant un journal papier que j’avais appelé Hello. Il y avait des informations, des dossiers, des enquêtes et même des mots croisés. Je faisais tout moi-même et je vendais le journal aux membres de ma famille! » Après de bonnes études primaires et secondaires et comme elle est bonne en mathématiques, on  pousse Aurélie vers la filière scientifique et elle fait un bac dans cette matière. Après l’avoir obtenu et sur les conseils de ses profs, elle fait la préparation pour entrer dans les grandes écoles. Elle déteste cette année de préparation et décide de faire autre chose. « Ma mère me suggère alors de faire des études de droit et j’ai suivi son conseil. J’aime tellement cette matière que  je fais mon Master en droit en pensant que je vais devenir avocat au barreau ou juge d’instruction. » Et puis, lors d’une soirée, l’étudiante en droit rencontre Victor Robert, un journaliste chevronné qui travaille pour Capa, la première agence de reportages et de documentaires en France. Parmi ses réalisations, Spécial Investigations et L’effet Papillon, ainsi que des sujets pour les magazines d’informations comme Envoyé Spécial, entre autres. « Victor Robert parlait avec tant de conviction et de passion de son métier qu’il m’a fait comprendre que je voulais depuis toujours être journaliste. J’ai fini mon Master et contre l’avis de mes profs, j’ai abandonné le droit pour le journalisme et je suis entrée à l’agence Capa pour faire un stage comme assistante. J’aidais les reporters qui partaient en tournage à organiser leur travail, obtenir les autorisations, trouver les contacts, préparer la documentation. J’ai souvent travaillé pour L’effet Papillon et je voulais apprendre le métier avec l’équipe de Capa et ils m’ont dit que ce n’était pas possible: nous, on est une agence, pas une école de formation de journalistes. » Et comme en France, pour intégrer une rédaction, il faut faire des études de journalisme, Aurélie entre dans un institut de formation où elle va passer une année. « C’était surtout de la formation théorique, mais j’ai plus appris en quelques mois de stage à l’agence Capa que pendant une année à l’institut. »  Mais l’institut a quand même un avantage: ses élèves ont droit à un stage au sein de la rédaction de LCI, la chaîne d’info en continu qui fait rêver tous les apprentis journalistes de France. Aurelie fait le stage et donne entièrement satisfaction à tel point qu’elle est engagée comme assistante par la chaîne.
« À LCI, j’ai fait ce que je faisais à Capa mais directement pour une chaîne de télévision. J’étais assistante, je faisais les petites choses du métier: j’aidais les présentateurs à préparer leurs sujets, leurs interviews, à relire rapidement les textes de lancement. J’ai appris à surveiller les dépêches d’agence, à travailler dans l’urgence sans tomber dans les pièges de la rapidité, vérifier les infos, dire les choses comme il le faut. J’ai appris à trouver mon style d’écriture. Je commençais à avoir envie de faire du reportage mais je sentais que je n’étais pas encore assez préparée. » Après une année et demie, la direction de LCI invite Aurélie à passer le casting pour les présentateurs devant travailler pendant les vacances d’été. « J’ai pris ça pour un jeu, j’ai passé le casting et j’ai été choisie pour faire la présentatrice pendant une semaine. » Comment s’est passé le passage de derrière à face à la caméra? « Sans aucun problème. Je me sentais bien, ultra zen pour mon premier journal. J’avais l’impression d’avoir fait mon job mais je savais que je devais m’améliorer. Il est sûr que si je regarde aujourd’hui mon premier JT, je dirais quelle catastrophe! » Après sa semaine à l’antenne, Aurélie redevient assistante pendant plusieurs mois. C’est frustrant de n’avoir été qu’un des visages de l’été de LCI? « Non, parce que je n’en attendais pas plus. C’était un test, une étape dans ma carrière. Après, j’ai pris le temps de devenir crédible en tant que journaliste, de faire des sujets, des portraits de ministres par exemple, en voix off.  Et puis, en 2014, une présentatrice est partie pour aller faire de l’animation et on m’a proposé de prendre  sa place. Après, j’ai fait la matinale du week-end avec Damien Givelet qui avait beaucoup d’expérience et nous faisions un duo qui fonctionnait bien.  Nous, on passait un bon moment, les téléspectateurs aussi, paraît-il. J’avançais dans le métier, j’ai pris mes marques et j’ai commencé à installer mon image. » Comment peut-on installer son image à l’écran dans une chaîne info où, justement, les images défilent à longueur de journée? Comment faire pour exister visuellement dans ce déferlement? « Il faut surtout rester soi-même au lieu d’essayer de créer une image. J’en vois plein qui forcent leur voix, leur diction, changent de posture,  minaudent. Il faut être le plus naturel possible et en même temps, arriver, même quand on parle de choses graves, à ne pas surdramatiser. À la télévision, il faut prendre de l’envergure et trouver ce petit quelque chose en soi qui marque la différence avec les autres. »
Entre-temps, Aurélie commence à intéresser les journaux spécialisés qui commencent à lui consacrer des sujets où elle est qualifiée de « future star de l’info. » Elle intéresse aussi la chaîne Itélé qui, en 2014, lui propose de passer un casting et lui offre un contrat. C’est facile de passer d’une chaîne d’info à une autre? « Changer de chaîne, c’est un peu comme la rentrée des classes. On ne se sent pas tout de suite dans le ton de la classe, il faut un peu de temps pour découvrir l’organisation et les gens. J’ai eu besoin de quelques semaines d’adaptation. On m’a pris pour faire d’abord du reportage, ce que je ne faisais pas avant à LCI. À Itélé, je  faisais des duplex, j’allais sur le terrain je me suis éclatée, et ça m’a conforté dans le fait que j’avais choisi le métier qui me convenait le mieux. Et puis, j’ai découvert avec le reportage que je ne veux pas m’enfermer dans la présentation. Je veux faire les deux. »
Quelles sont les qualités pour durer comme présentateur d’informations à la télévision française? « J’ai le sentiment que ceux qui restent ont vraiment une carrière derrière eux. Ils étaient déjà quelqu’un avant de faire de la présentation. Ceux que j’admire ont fait du reportage et du terrain. Je trouve que ça ajoute quelque chose, de la crédibilité par rapport à ceux qui ont fait de la présentation toute leur vie. »
Le voyage à travers les chaînes d’info continue pour Aurélie, qui vient de passer quelques jours de vacances à Maurice. À partir de la semaine prochaine, c’est sur BFM Télé qu’on la retrouvera. « À Itélé, j’avais un contrat pour une durée déterminée et ils ne pouvaient pas me garder pour des raisons budgétaires. Je ne dis pas qu’il faut changer d’environnement professionnel tous les quatre matins, mais il faut bouger, et moi cela m’a fait grandir. À BFM télé, à partir du 14  décembre, je vais faire du reportage et de la présentation et après on verra. Pour le moment, je me laisse porter. » Est-ce que l’aboutissement de ce voyage à travers l’audiovisuel français serait le 20 heures de TF1? « C’est le rendez-vous audiovisuel de la France tous les soirs. C’est une autre qualité d’info: on prend du recul, on traite les choses différemment. J’ai du mal à me projeter là-dedans, mais pourquoi pas dans quelques années? Je me dis aussi que j’aimerais bien dans quinze ans avoir ma propre émission. Je n’ai pas de plan de carrière avec des étapes bien déterminées. J’ai déjà réalisé mon rêve de devenir journaliste et il y a tellement de choses qu’on peut faire dans ce métier! J’ai encore beaucoup à comprendre, à apprendre et à découvrir… »  Avec les centaines de sites qui lui sont consacrés sur internet, avec ses prestations remarquées sur les chaînes câblées, on n’a pas fini d’entendre parler d’Aurélie Casse dans le PAF. Le fameux Paysage Audio-visuel Français.