L’ambassadeur indien à l’UNESCO, Bhaswati Mukherjee, a milité en faveur de la Route de l’engagisme. Nous l’avons rencontrée lors de la conférence internationale sur le thème « Empowerment of women and challenges facing women in society today », organisée par l’aile féminine de la Global Organisation for People of Indian Origin (GOPIO), au MGI, le mois dernier, à l’occasion des 25 ans de l’organisation.
« Empowered » dès son plus jeune âge, Bhaswati Mukherjee nous déclare que les familles bengalies ont toujours accordé de l’importance à l’éducation et à l’émancipation des femmes. Issue d’une famille très traditionnelle, elle est la cadette d’une fratrie de trois soeurs. Grandement influencée par son père, ancien Defence Secretary du gouvernement indien, elle a très vite compris que les femmes devaient être éduquées pour avoir une place dans la société. « My father always told me that in order to safeguard the uncertain status of women in indian society, every girl must be fully educated and working before she gets married ». Sa mère, par exemple, avait fait des études en philosophie à l’université de Dhaka, avant de rencontrer son mari seulement le jour de son mariage.
Bhaswati Mukherjee s’est destinée très tôt à une carrière dans la diplomatie. Dès l’âge de 12 ans, son père lui faisait faire des résumés des éditoriaux du Hindustan Times et du Times of India. « He explained politics and international relations like a story book ». Après sa postgraduation en juin 1975, elle est reçue au concours du service civil indien. « I came sixth and there was no looking back for me ». En 1976, elle se joint au Indian Foreign Service et se retrouve du jour au lendemain dans un avion pour Paris, avec US $ 20 en poche pour commencer une nouvelle vie loin des siens, sans les moyens de communication moderne.
À mesure qu’elle gravissait les échelons, la solitude s’est toutefois fait ressentir et c’est seulement plusieurs années après, lorsque les valeurs sociales ont commencé à changer en Inde, qu’elle est devenue un modèle pour ses proches. « It was important to make those who admired my success understand that behind every successful and empowered woman, there is a story. That story is the price the woman pays for success and is different for every woman ».
Pour notre interlocutrice, le plus grand défi pour les femmes dans le monde professionnel est de prouver qu’elles méritent le même traitement que celui réservé aux hommes. La femme doit en outre pouvoir concilier carrière et vie familiale. « Some bosses may say that, as a woman you decided to enter a man’s world and it is your fault and your choice ». Dans lequel cas, elle est obligée de faire des concessions et souvent, si elle est ambitieuse, cela se fait au détriment de la famille.