PORTRAIT: L’Electro tabla de Subhash Dhunoohchand

Susheela Raman, Trilok Gurtu, Xavier Rudd sont quelques-uns des artistes internationaux avec qui il a joué. D’origine mauricienne, le tablatiste Subhash Dhunoohchand vit depuis vingt-cinq ans à La Réunion, où il a partagé ses influences musicales avec le groupe Baster, Ziskakan, Dominique Barret… Au Sapin vendredi pour retrouver son public après deux ans d’absence, l’artiste espère vivre un grand moment de musique.
“Je suis sur scène pour partager ma musique avec le public mais également pour délivrer toutes mes émotions, y compris mon rêve d’amour, de non-violence et de paix.” Vendredi au Sapin Café Culture, Subhash Dhunoohchand partagera la scène avec Damien Elisa et Ramma Kisnah. Une rencontre pour laquelle l’artiste d’origine mauricienne s’impatiente, estimant que “la musique c’est le partage. Dans cette discipline, il n’y a pas de barrière. Le mélange est un atout”. Subhash Dhunoohchand, qui n’a pas joué pour le public mauricien depuis deux ans, souligne que ce rendez-vous musical sera une toute nouvelle expérience pour lui avec les Mauriciens. “Le public vibrera au son d’une musicalité particulière. Un mélange de musique indienne et d’électro.”
Créativité
Cette fusion découle du Tablatronic Moksha Project, le résultat d’un travail mené avec beaucoup de créativité et d’originalité. Un concept qui allie tradition et modernité à travers le tabla et la musique électro. C’est après avoir étudié le système des ragas dans la musique classique indienne que Subhash Dhunoohchand a commencé à créer et à composer sa musique. Aujourd’hui, l’artiste utilise le même procédé avec les sons électroniques, ce qui donne une nouvelle saveur à la fusion qu’il emploie entre la musique indienne et la House Music. Une différence qui tient dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une collection de remixes mais d’un défi relevé avec brio par le tablatiste. Quand il se met à jouer au tabla, Subhash Dhunoohchand s’évade dans l’univers de l’improvisation armé d’un toucher reconnaissable dès les premières notes. L’accord entre le tabla et la technologie touche au sublime. “La combinaison de ces musiques révèle les émotions diverses de la vie. Je crois que Tablatronic aura une influence importante sur les nouvelles tendances musicales et sur la popularité de la fusion entre le tabla et la musique électronique.”
Traditionnels.
Au Sapin vendredi, Subhash Dhunoohchand proposera un répertoire varié, avec des sonorités venant d’Afrique et du Japon, agrémentées de jazz, registre auquel l’artiste porte un intérêt particulier. Le tablatiste profitera également de l’occasion pour partager ses connaissances musicales et promouvoir la musique indienne à travers le tabla. “Un instrument qui fait partie des percussions du monde mais qui ne trouve malheureusement pas sa place ailleurs que dans les concerts traditionnels indiens. À Maurice, le tabla n’est pas accessible au grand public”, avance le musicien, qui salue le talent du tablatiste Shakti Ramchurn “qui, à travers son savoir-faire, fait un travail immense pour la promotion de la musique indienne à Maurice”. Il poursuit : “Pour pouvoir percer à Maurice dans ce genre musical, il faut côtoyer, écouter et se frotter à des artistes qui osent exposer leur musique et cet instrument qu’est le tabla de manière non traditionnelle.”
Référence.
C’est de son père, Balram, que lui vient cette influence de la musique indienne. Celui-ci était un chanteur folklorique tandis que les frères de Subhash Dhunoohchand, Nandkumar et Rajesh, jouaient du tabla et du dholak. “La musique indienne a toujours été présente dans la maison et j’ai eu la chance d’avoir pu côtoyer toutes sortes de musiques comme le jazz, la musique africaine, la musique occidentale aussi bien que la musique folklorique qui a eu une grande influence dans mes compositions.” En Inde, en Angleterre, en Espagne, en Suède ou encore en Amérique Latine, où il tourne régulièrement, Subhash Dhunoohchand connaît un grand succès et fait voyager le public par sa musique, son talent mais aussi par son état d’esprit, sa modestie et sa simplicité. Ce qui lui a valu d’accompagner des artistes internationaux tels que Trilok Gurtu, Susheela Raman, Xavier Rudd, John MacLaughlin et les régionaux Baster, Ziskakan, Dominique Barret et Danyèl Waro. Ses cinq albums successivement stimulants, ses diverses collaborations et ses tournées à travers le monde entier ont fait de Subhash Dhunoohchand l’une des références dans le style de musique fusion influencée par la musique indienne.
Partage musical.
De La Réunion, par téléphone, Subhash Dhunoohchand nous a dit travailler actuellement sur son sixième opus. “Un album qui respire la world music et qui est prévu pour 2013.” Après Maurice, le tablatiste sera attendu au Parc du Colosse, à St André, La Réunion, en novembre avant d’entamer une tournée en Inde en janvier prochain. Il est prévu que l’artiste mauricien foule le sol de son île natale le 25 octobre. Il y séjournera pendant quelques jours, dans le but de rencontrer d’autres musiciens et créer un partage musical.