Démolition de maisons dans des quartiers démunis du pays avec débris laissés sur place. Intrusion sauvage et traumatisante dans la vie privée de familles paisibles. Brutalité incroyable de la part de certains hommes et femmes en uniforme censés être gardiens de la paix. Tout cela dans l’illégalité la plus totale, flouant impunément, à un moment donné, une décision du Judiciaire. Sans compter l’installation de la « terreur » dans le bouclage de ces quartiers avec barrières, présence de soldats, de policiers en grand nombre et de bulldozers menaçants, le marteau-pilon levé, et ronronnement persistant de l’hélico au-dessus des têtes. Et, pour dramatiser le tout, le blocage de la circulation dans la capitale pendant des heures, comme pour mettre à l’épreuve la patience des uns et des autres. Bref, démonstration de force imposante pour l’inauguration de l’État policier à la Orwell à Maurice. Sorte de message sublime à la population : « si bouze, manz feyaz !’»
Scénario insolite, diriez-vous, en avant-première pour le lancement dans quelques jours du plus grand projet jamais mis sur les rails à Maurice. Les sanctions pleuvent déjà. Des ministres sont hués. Mais, est-ce suffisant ? Comment pourront-ils compenser réellement les « victimes » de cette  barbarie et les réinstaller dans leur situation d’avant en guise d’équité ? Comment iront-ils effacer la souffrance profonde de ces pauvres gens en ce vendredi noir qui restera gravé dans les mémoires?
Le peuple mauricien, dans son ensemble, est bon enfant. Mais, il peut être d’acier si on lui cherche noise. Il ne se laissera pas faire…