Photo illustration
  • Le JIR attribue le « recul » de la Réunion à un manque de préparation et un budget restreint

Dans son bilan des 10es Jeux des Iles de l’Océan Indien, le Journal de l’île revient sur les performances du Club Réunion et analyse l’organisation de l’événement, à Maurice. Si les journalistes ont apprécié les conditions d’hébergement dans un hôtel quatre étoiles, ils n’ont pas manqué d’évoquer les manquements, tels que l’eau glaciale de la piscine de Côte d’Or. Au niveau de la performance, ils sont d’avis que le manque de préparation à l’étranger et l’absence de certains parmi leurs meilleurs sportifs expliquent la débâcle de la Réunion à ces jeux.

Sous la plume de Jonathan Timbou, le Journal de l’île de la Réunion (JIR) souligne la bonne performance mauricienne aux JIOI 2019. Il rappelle que c’est la première fois que l’île termine en haut du tableau, se permettant même, avec ses 92 médailles d’or, de réaliser la deuxième meilleure performance de ces jeux, derrière Madagascar (100 médailles d’or en 2007). « Bien préparées, les instances mauriciennes ont mis le paquet, en permettant à bons nombres de ses athlètes de se rendre à l’étranger ou de bénéficier de l’expérience des entraîneurs étrangers », dit le JIR.

Contrairement, note le journaliste réunionnais, l’île sœur n’a pas bénéficié des mêmes facilités pour la préparation. Il fustige les institutions pour cela et invite à revoir la formation au niveau de certaines disciplines. Il attribue ainsi le recul au niveau de la hiérarchie au « manque de préparation à l’extérieur, un budget débloqué tardivement par les institutions, les répercussions de la baisse de dotations du CNDS et quelques absences notoires. Toutefois, si tout cela est valide, il est également temps, dans certaines disciplines, de revoir leur copie au niveau de la formation. Des cadres et des athlètes. » L’absence de certains parmi ses meilleurs sportifs est également évoqué, pour expliquer la performance réunionnaise.

Par ailleurs, nos confrères de l’île sœur semblent avoir apprécié l’organisation, les facilités mises à la disposition des sportifs, notamment au niveau de l’hébergement, ainsi que la ferveur suscité par cet événement dans l’île. « L’île Maurice dans son ensemble s’est éprise pour ses Jeux, qui s’affichaient en grand dans l’ensemble des enseignes, sur les murs des bâtiments, et même sur les gâteaux ! Pas étonnant dès lors, et contrairement à 2015, où le taux de remplissage des stades et gymnases était faible (dans l’ensemble), de voir toute une nation avancer à l’unisson. »

Citant un chauffeur de taxi, le journaliste du JIR souligne que les JIOI ont permis à la population mauricienne de mettre de côté les différences ethniques. Et de préciser : « l’embellie risque de prendre du plomb dans l’aile avec les prochaines élections du Premier ministre. » Si les Réunionnais disent également leur appréciation pour le complexe sportif de Côte d’Or, « avec des gradins taillés pour les grandes compétitions, que ce soit dans le gymnase ou la piscine. Le terrain de foot inachevé laisse également augurer un site splendide avec une pelouse digne. Autre chose qu’à Curepipe ! », ils ne manquent pas non plus de déplorer « le vent glacial à la piscine de Côte d’Or qui obligeait à sortir parkas et écharpes. Les pauvres nageurs ne pouvaient pas concourir en combi de ski et grelottaient dans une eau désagréablement fraîche. »