Les enseignants du secondaire de l’État sont remontés contre les recommandations du PRB. Leurs syndicats ont d’ailleurs formé un front commun pour faire entendre leurs voix. Lors d’une conférence de presse hier, ce front commun a demandé au gouvernement de nommer un nouveau comité salarial pour écouter les revendications des fonctionnaires et souhaité que les officiers du PRB n’en fassent pas partie. Il accorde un délai de trois mois au comité pour soumettre son rapport. Si les enseignants n’obtiennent pas satisfaction après cette date, ce secteur de l’éducation risquerait fort d’être agité, disent-ils.
« Nous avons tout perdu avec ce nouveau rapport. En outre, certaines recommandations du PRB portent sur des aspects que nous n’avons jamais évoqués pendant les discussions. C’est un net recul pour notre profession. Nous relevons également que le PRB utilise le terme “approximately” dans certaines recommandations au lieu d’être précis. De fait, cet organisme a livré un rapport approximatif qui n’est bon que pour la poubelle », dit Ally Yearoo, président de l’Education Officers Union.
Mais qu’est-ce qui fâche tant les enseignants du secondaire ? Les dirigeants de l’EOU et ceux de la Government Secondary School Teachers Union citent, entre autres, l’augmentation du temps d’enseignement par semaine (« approximately 1 190 minutes in a week » soit 34 périodes) ; l’absence de mesures pour contrer l’indiscipline scolaire ; le remplacement des « increments » (augmentations de salaires) pour ceux qui décrochent de nouveaux diplômes universitaires (Masters ou Doctorat) par une formule de bloc allowance déboursée une seule fois ; des changements concernant le droit au vacation leave et au travel grant ; l’absence de mesures pour un career path.
Les dirigeants syndicaux sont convaincus que l’augmentation du volume de travail, d’une part, ne permettra pas aux enseignants d’accorder une attention particulière aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage, et de l’autre, aggravera le problème d’indiscipline scolaire. « Tout le monde admet que l’indiscipline est devenue un problème très sérieux. Mais le PRB a ignoré toutes les propositions que nous avons faites pour mieux gérer la situation », indique Vikash Ramdonee, président de la GSSTU. Concernant l’indiscipline, les syndicats avaient suggéré le recrutement d’un Discipline Master et la présence de deux assistants recteurs dans chaque école.
Les dirigeants du front commun ajoutent que ce rapport a porté un « rude coup au statut de l’enseignant du secondaire ». Le président de la GSSTU, qui a rencontré la ministre de l’Éducation juste avant la tenue de la conférence de presse pour lui faire part de la colère des enseignants, affirme que Leela Devi Dookun s’est montrée « très sensible » à leurs revendications. « La ministre a été très à l’écoute et a été très étonnée par certaines recommandations. Li finn dir nou ki li pou donn nou so “full support”. La ministre a demandé aux deux syndicats du secondaire de préparer un memorandum commun pour nos revendications », a rapporté hier Vikash Ramdonee aux membres présents lors de cette conférence de presse.
Rappelons que les syndicats du secondaire d’État et privé ont prévu une marche de protestations dans la capitale mercredi prochain contre ce rapport. « La mobilisation de nos membres pour cette manifestation est bien enclenchée », affirment les dirigeants de l’EOU et de la GSSU.