En attendant la mise en application du Plan Marshall pour la lutte contre la pauvreté, lequel préconise une harmonisation des services à l’intention des plus vulnérables, socialement et économiquement, des structures existantes ne répondraient pas toujours aux attentes des bénéficiaires. C’est dans cette optique que le ministre de l’Intégration sociale et de l’Autonomisation économique, Pradeep Roopun, a fait un arrêt dans des régions du sud-est hier matin pour, d’une part, aller à la rencontre des familles qui sont restées en marge des services qui leur sont initialement dédiés et, d’autre part, pour encourager la communication entre travailleurs sociaux et autres partenaires de la communauté afin de mieux informer les foyers touchés par la pauvreté sur les soutiens existants.
Entouré d’une équipe de la National Empowerment Foundation, dont son président, Aryaduth Seesunkur, entre autres, le ministre Roopun, qui voulait, disait-il, constater de visu les foyers laissés pour compte, s’est montré très critique envers le système en place pour la collecte des données quantitatives sur les familles qui auraient besoin d’aide matérielle parce qu’elles sont en situation de précarité. “Il y a un désordre extraordinaire”, devait laisser échapper Pradeep Roopun à Trou d’Eau Douce alors qu’il rencontrait les forces vives de la région.
Le ministre, qui souhaitait plus de collaboration entre les travailleurs sociaux et les services de proximité, déplorait le manque de professionnalisme de certains officiers dans des Citizens’ Advice Bureaux. Se référant à l’ébauche du Plan Marshall, Pradeep Roopun, a reconnu que la National Empowerment Foundation devra a recruter plus d’officiers accompagnateurs. “Le Plan Marshall recommande un officier pour 150 familles, contre 500 familles actuellement. Ce qui veut dire que la NEF aura à tripler son effectif”, a-t-il expliqué aux représentants des forces vives de la région.
S’agissant toujours des services pour les plus nécessiteux, un peu plus tard au cours de la tournée, il devait exprimer son incompréhension face à une situation à laquelle sont confrontées plusieurs familles en quête d’aide sociale. “Ce n’est plus possible qu’au ministère de la Sécurité sociale on leur demande d’aller au CAB (Citizens’ Advice Bureau) et là-bas on leur dit qu’elles devraient se rendre à la Sécurité sociale. Tous se renvoient la balle !”
Un peu plus d’une année après son installation à l’Intégration sociale, le ministre s’est rendu compte, hier matin, que la NEF dispose d’une liste de demandeurs d’aide du sud-est qui date de 2014. Depuis, cette liste n’a pas été mise à jour. Pradeep Roopun a concédé qu’il y a un travail à faire à ce niveau. “Nos listes de bénéficiaires comprend des entrants. Mais qu’en est-il de ceux qui ne sont plus demandeurs d’aide ?” s’est-il demandé.
Pradeep Roopun n’était pas uniquement mécontent du dysfonctionnement dont souffrent les services mentionnés, il a aussi critiqué l’organisation mise en place hier pour sa tournée. En effet, après s’être rendu compte que les premières familles visitées ne correspondaient pas tout à fait au profil de l’agenda d’hier et que l’itinéraire n’était pas bien préparé, Pradeep Roopun n’a pas caché son agacement.