Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, estime que la première année de la gestion du gouvernement Lepep a donné l’image d’un « awful mess » (effroyable désordre). Si bien qu’il considère que la chute, selon lui, « vertigineuse », de la cote de popularité du gouvernement issu des urnes depuis seulement le 10 décembre 2014 est digne d’être inscrite au Guiness Book of Records car « nulle part égalé, ailleurs, dans le monde ». Ce qui lui fait dire que 2016 sera « une année cruciale ». Le leader des mauves promet, ainsi, de mettre en perspective la nouvelle année qui frappe à la porte lors de son intervention à la traditionnelle fête de fin d’année du MMM.
Paul Bérenger juge, non sans ironie, que la chute, selon lui, vertigineuse de la cote de popularité du gouvernement Lepep un an seulement après sa très large victoire électorale est digne d’être inscrite au Guiness Book of Records. « C’est la désillusion totale », dit-il. Il qualifie la première année de gestion du gouvernement dirigé par sir Anerood Jugnauth de « awful mess ». Il en veut pour preuve le fait que le Premier ministre n’était même pas présent, hier soir, pour l’ultime séance de l’Assemblée nationale avant les vacances parlementaires.
Paul Bérenger ne manque pas de noter l’absence des trois autres membres du Front-Bench du gouvernement au moment de son intervention, hier soir, sur le projet de loi qui entérine le paiement de la compensation salariale à compter le 1er janvier 2016. Il parle d’engagement préalable pris par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, auprès du secteur privé pour que la compensation généralement payable en janvier soit payée à partir de juillet. Aussi, pour lui, les salariés seraient restés sur leur faim si, d’une part, les syndicats ne s’étaient pas manifestés et qu’il n’avait pas adressé, d’autre part, une PNQ sur la question.
Paul Bérenger soutient, de la même manière, que ce n’est qu’après qu’il a soulevé le cas des bénéficiaires des prestations sociales — personnes du troisième âge, handicapés, orphelins et veuves — que le ministre a considéré le cas de ces bénéficiaires pour le paiement de la compensation salariale. « Au MMM, déclare-t-il, nous sommes fiers d’avoir forcé la main à Lutchmeenaraidoo ». Un autre sujet qui aura caractérisé « l’effroyable désordre » de cette première année de gestion du gouvernement Lepep concerne le dossier énergétique.
Dossier énergétique: « Absence de stratégie »
Le chef de l’opposition revient, à cet effet, à sa dernière PNQ du 3 décembre adressée au ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, par rapport à l’acquisition par le Central Electricity Board (CEB) de nouveaux générateurs d’une capacité globale de production de 60 MW pour la centrale de St-Louis. Il explique que dans sa réponse, le ministre avait, clairement, laissé entendre que l’institution de financement soutenant ce projet, la Banque Africaine de Développement (BAD), allait accorder son feu vert, au plus tard, à la mi-décembre 2015.
« Alors que nous sommes déjà à la mi-décembre et que le temps presse, mes informations sont que la BAD cherche encore des éclaircissements, car, comme confirmé par Collendavelloo, lui-même, le soumissionnaire scandinave, BWSC, est celui qui a fait l’offre la plus onéreuse, soit, la bagatelle de Rs 4,3 milliards », affirme Paul Bérenger. Il se dit surtout embêté par l’absence d’une stratégie à long terme en matière énergétique et cite en exemple la filière des énergies renouvelables dont certaines, souligne-t-il, ne peuvent être produites que de manière intermittente.
En vue d’une production optimale dans ce créneau, Paul Bérenger cite l’exemple de l’Uruguay qui, en 10 ans, est parvenu à produire pour 90% de ses besoins à partir des énergies renouvelables. Mais, explique-t-il, le souci à Maurice se situe au niveau du réseau existant qui n’est pas adapté, car il ne permet pas un stockage des énergies renouvelables produites de manière intermittente en vue de son utilisation en temps de disette. Il constate une même absence de clairvoyance par rapport au projet de Tank Farm and Combined Cycle Power Plant du CEB à Bain-des-Dames.
Lors d’une visite sur place, vendredi après-midi, en compagnie du député MMM de la région, Veda Baloomoody et de Ariane Navarre-marie, il a exprimé sa « vive inquiétude » des conséquences, selon lui, dangereuses d’une telle installation à cet endroit où se situe une « wetland » en soulignant l’importance de cette zone humide pour l’évacuation d’un trop plein d’eau en cas de pluies torrentielles, par exemple. « On peut imaginer les risques que cela représente pour l’ensemble de la région que de bâtir en un tel lieu », souligne Paul Bérenger (voir d’autres détails plus loin).
Djihadisme: « Oui à la vigilance, non à l’over-reaction »
En matière de la mal gestion qui aura caractérisée, selon lui, la première année de gouvernance Lepep, le leader du MMM ne manque pas, non plus, d’évoquer l’affaire BAI. Après que le gouvernement a, dit-il, « vir tou amba-lao » et que nombre de problèmes occasionnés demeurent non résolus, Paul Bérenger note que c’est à partir des caisses de l’Etat que le gouvernement puise pour limiter la casse. Sous ce rapport, il prend à témoin le ministre Lutchmeenaraidoo qui a avoué, « avec candeur », qu’après la fermeture de l’ex-Bramer Bank, l’Etat a déjà injecté pas moins de Rs 4,4 milliards pour la création de la Maubank. Paul Bérenger rappelle que c’est toujours l’argent public qui sert au paiement du personnel de l’Apollo-Bramwell Hospital qui attend encore d’être repris en dépit des promesses.
Il trouve aussi que 2015 aura aussi été une année de gâchée « par la faute d’Anerood Jugnauth » sur le plan de la revendication pour le plein recouvrement de notre souveraineté nationale sur les Chagos et sur Tromelin. Il s’agissait, pourtant, d’une « année déterminante », soutient-il et rappelle qu’en l’absence de tout développement visant au respect de la souveraineté mauricienne sur le territoire des Chagos illégalement démembré, le bail américain pour l’occupation de l’archipel auprès de la Grande-Bretagne sera automatiquement renouvelé en 2016. Pour ce qui concerne Tromelin, le chef de l’opposition rappelle la visite récente de la ministre française de l’Outre-mer sur place sans que, selon lui, les autorités mauriciennes n’en soient informées alors que, dit-il, les autorités malgaches l’avaient été.
Par ailleurs, il formulait, hier matin, le voeu que l’annonce d’un accord dans le cadre de la Conférence de Paris sur les Changements Climatiques pour ce samedi aboutisse « dans l’intérêt du monde, en général, et celui des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) comme Maurice, en particulier ». Paul Bérenger en a profité pour saluer l’engagement particulier du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à cette fin. Il se réjouit aussi du bon déroulement, à la satisfaction des observateurs étrangers présents sur place, du premier tour de l’élection présidentielle aux Seychelles.
Il parle « d’agréable surprise » que les législatives au Venezuela, pays devant en principe accueillir, l’an prochain, le Sommet des Pays Non-alignés se soit déroulées dans les règles du jeu. Quant à l’information parue, cette semaine, relative à l’enregistrement vidéo posté sur le Net mettant en scène un Mauricien appelant au djihad, Paul Bérenger concède que la vigilance et les mesures de précautions s’imposent. Il souhaite qu’il n’y ait aucune « over-reaction ».