Le taux de croissance de l’économie mauricienne cette année ne sera pas meilleur que celui de 2014. Statistics Mauritius a revu, ce matin, dans sa dernière édition des «National Accounts Estimates», l’estimation qu’elle avait faite en septembre dernier ( 3,6%) pour la porter à 3,4%. Statistics Mauritius annonce des taux négatifs dans les secteurs agricoles et de la construction alors que l’industrie touristique et le secteur des TIC vont améliorer leurs performances. L’investissement privé ne décolle pas, affichant un repli de 5,8% cette année après celui (-8,4%) de 2014. Pour 2016, cependant, la croissance de l’économie nationale devrait rebondir avec un taux anticipé de 3,9%.
Statistics Mauritius a continuellement corrigé à la baisse cette année ses prévisions en matière de taux de croissance de l’économie mauricienne. De 4,1% estimé en mars 2015, le taux fut ramené à 3,8% en juin 2015 puis à 3,6% trois mois plus tard. La dernière baisse à 3,4% est attribuable à plusieurs facteurs. Comparativement aux données publiées en septembre 2015, des changements de prévisions sont prévus pour: a) le secteur sucrier qui va faire face à une croissance négative de 8,2% au lieu d’un taux positif de 1,9%, ce fort recul est dû à une production sucrière inférieure ( 370 000 tonnes et non 410 000 tonnes); b) le secteur manufacturier va croître à 1,5% au lieu de 1,9% du fait de la contre-performance au niveau des activités d’usinage du sucre (-7,6% contre +2%) et de l’industrie textile (-1% et non +0,5%); c) le secteur de la construction va subir un « sharper decline» de 4,3% contre 2,6% estimé précédemment en raison des retards dans la mise à exécution des gros projets des secteurs public et privé; d) le secteur de l’hôtellerie et de la restauration va, en revanche, réaliser un taux de croissance supérieur de 8,6% par rapport à 6,5% annoncé en septembre 2015, e) une croissance de 2,3% (et non 3,5%) des activités regroupées sous l’item « Public administration and defence; compulsory social securities. »
Lorsque la comparaison est faite entre les performances sectorielles de 2015 et celles de 2014, on constate:
a) un recul de 0,2% du secteur agricole après une croissance de 3,9% l’année dernière, b) une progression plus faible ( 1,5% contre 2,6% en 2014) du secteur manufacturier, c) la poursuite de la contraction du secteur de a construction ( -4,3% cette année après les -8,5% de 2014), d) un taux de croissance de 3% du secteur du commerce par rapport à 3,2% l’année précédente, e) une amélioration de performance ( 6,9% contre 6,4%) des TIC, f) une croissance soutenue ( 5,2% en 2015 et 5,4% en 2014) du secteur des services financiers, g) une baisse de performance (2,3% contre 5,8% en 2014 ) des activités de «Public administration and defence; compulsory social security» ainsi que du secteur «Arts, entertainment and recreation» ( 4,7% par rapport à 6,7%).
Les dernières informations concernant les projets en cours et à venir tendent à montrer que l’investissement en termes réels va baisser de 3,7%, poursuivant ainsi la contraction notée en 2014 (-6%). S’agissant de l’investissement privé, Statistics Mauritius anticipe un recul de 5,8% en 2015 après celui de 2014 (-8,4%). L’investissement public, par contre, va augmenter légèrement ( de 1,8% à 2,4%).
Pour 2016, à la lumière des données provenant de différents secteurs-clés de l’économie mauricienne, il est prévu que la croissance atteindrait 3,9%. Les « main assumptions » de Statistics Mauritius sont les suivantes:
a) Sucre: une production de 390 000 tonnes avec une croissance attendue de 4,8%;
b) Industrie manufacturière: +2,5% dans le sillage d’une diversification des marchés et une augmentation de la production des PME;
c) Electricité/gas: + 4,5% contre 3,9% en 2015, estimation basée sur une demande accrue des entreprises locales qui vont augmenter leur production l’année prochaine;
d) Construction: +2% après le recul de 4,3% de 2015;
e) Transport/stockage: +3,4% après les 3% de 2015;
f) Secteur touristique: +4,5% basée sur 1,2 million d’arrivées;
g) Services financiers: croissance de 5,3%, un léger mieux par rapport à 2015 (5,2%) eu égard à la stratégie du gouvernement d’attirer des opérateurs de renom;
h) Activités professionnelles/scientifiques/techniques: + 6,5 % contre +5,5% en 2015, estimation basée sur la relance des activités du secteur de la construction;