Ivan Collendavelloo a fait preuve de sobriété et de discrétion dans ses premiers pas dans la fonction premierministérielle tandis qu’il prenait les rênes du gouvernement et remplaçait pour la première fois l’actuel titulaire Pravind Jugnauth, en déplacement pour le Sommet de l’Union africaine la semaine dernière. Une attitude en rupture complète avec le style agité de son collègue Showkutally Soodhun qui avait, lui, fait preuve d’une activité débordante et médiatisée quand il a été propulsé à ce poste en l’absence de SAJ qui était alors PM.
Pas de gros dossiers sur les bras pour le leader du ML, mais des fonctions officielles politiques et diplomatiques d’importance à gérer. Au menu, pour le Premier ministre par intérim : un toast aux côtés de la présidente pour l’anniversaire de l’Indépendance des États-Unis, à Floréal, lundi après-midi. Après avoir présidé la réunion du groupe parlementaire gouvernementale. Ivan Collendavelloo a aussi eu à présider pour la première fois le Conseil des ministres qui s’est réuni pour un « spécial cabinet meeting » lundi en marge du Finance Bill.
Durant ces cinq jours, c’est surtout la polémique autour des affiches ciblant le PMSD qu’il a eu à gérer avec le commissaire de police, Mario Nobin. Pour éviter tout dérapage, Ivan Collendavelloo a initié, dès dimanche dernier, lorsqu’ont apparu ces affiches notamment au No 18 où auront lieu la prochaine partielle, une série de communications auprès des médias, indiquant sa prise de position ferme contre les propos illustrés sur ces affiches qu’il a demandé à la police de faire enlever, car dangereuse pour l’harmonie sociale. Il a également réclamé au commissaire de police d’initier une enquête. Dans son costume de Premier ministre par intérim, le Deputy Prime Minister a également eu une session de travail au PMO pour aborder le PMQT.
Un leader of the House tout en contrôle
Le leader du ML a aussi siégé en tant que Leader of the House au Parlement mardi dernier. Il n’a pas eu à répondre à la PNQ, le ministre Seeruttun s’en étant chargé. Mais face à la PMQT, Ivan Collendavelloo a gardé son calme dans son costume d’un jour, et a choisi un silence désarmant — Shakeel Mohamed n’a pas eu d’interlocuteur pour polémiquer sur le deal Papa/Piti. Il a répondu juste ce qu’il entendait aux questions posées. Face aux piques habituelles de l’opposition, Ivan Collendavelloo a voulu se la jouer « cool », affichant souvent un sourire moqueur, tandis que d’autres ont cédé à la provocation, comme Etienne Sinatambou contraint de retirer ses mots par Mme Hanoomanjee, la Speaker.
Dans cette posture de PM p.i, le leader du ML a répondu à certaines questions, arguant qu’il n’avait pas les réponses pour d’autres ou qu’il n’était pas en mesure de révéler certains détails. Au pire, on retiendra qu’il a conseillé à Rajesh Bhagwan de se rendre au poste de police de Pope Hennessy pour une déposition s’il avait des informations contre Prakash Manthrooah, le principal conseiller du PM.
Autour de lui, son personnel concédant qu’il a eu beaucoup de pression ces derniers jours, affirme cependant que « tout était pourtant normal ». Son équipe aura surtout apprécié qu’il n’y a pas eu de « flafla avec Ivan », qu’il ne se s’est pas précipité pour aller inaugurer ici et là des jardins d’enfants ou d’autres projets d’infrastructures juste pour avoir son nom sur une plaque commémorative. S’il n’a pu recevoir, comme à l’accoutumée, le mercredi, ses mandants en raison de son agenda trop chargé, ce court moment comme Premier ministre aura toutefois été célébré par ses proches collaborateurs et fans, par une réception dans un restaurant dans les basses Plaines Wilhems, samedi dernier.
Il a rendu la veste à Pravind Jugnauth qui a repris les rênes à son retour jeudi matin.