— Les noms de Veeren Peroumal, Siddick Islam, Curly Chowrimootoo cités comme les “nouveaux locataires” de la prison

L’ancienne prison de haute sécurité, sise à Phœnix, communément appelée La Bastille, rouvre ses portes, aujourd’hui. 50 officiers ont été choisis pour y travailler. Cette réouverture de La Bastille s’annonce dans un climat “d’incertitudes”, pour ce groupe d’officiers du service pénitentiaire. Alors qu’elle avait fermé ses portes en 2014 avec la mise en opération de la Eastern High Security Prison (EHSP) de Melrose, la Bastille reprend du service… Les noms des “nouveaux locataires”, cités avec insistance sont Veeren Peroumal, Siddick Islam et Curly Chowrimootoo, entre autres.

Ce jeudi 29 mars, la prison de haute sécurité de Phœnix, plus connue comme La Bastille, et qui a hébergé des détenus notoires, dont Rajen Sabapathee, qui s’en évada au grand dam des officiers en 1999, rouvre ses portes. Cette institution qui devint opérationnelle en décembre 1980 est constituée de 21 cellules (single cells). Elle ferma ses portes en 2014 dans le sillage de la construction et la mise en opération de la Eastern High Security Prison (EHSP) de Melrose. Pendant un certain temps, un projet de transformer l’ancienne prison de Phœnix en musée était au programme, mais fut finalement relégué aux oubliettes. 50 officiers de la prison, toutes grades confondus, « ont été sélectionnés pour prendre leurs nouveaux quartiers à La Bastille, dès aujourd’hui », expliquent ces gardes-chiourmes au Mauricien. Selon eux, « la procédure veut que le transfert des détenus qui doivent y être incarcérés soit réalisé peu après l’heure du déjeuner. Cette procédure doit se faire dans le calme, surtout pas le soir, cela pour ne pas prendre des risques inutiles, comme des embouteillages ».

La Bastille a, de tout temps, joui d’une réputation de « prison sévère, destinée aux détenus aux profils spécifiques. De préférence, des “coriaces”, des personnes aux délits graves, et aux tempéraments difficiles et ayant des parcours qui requièrent une vigilance accrue à leur égard. » Ainsi, expliquent ces officiers, « les standing orders et les internal orders relatifs à La Bastille ne sont pas les mêmes que pour les autres prisons. Par exemple, à Phœnix, les détenus n’avaient le droit de sortir qu’à deux reprises, par jour: une heure, pendant la matinée, et une heure pendant l’après-midi. Les règlements y sont très stricts et les détenus n’ont pas accès les uns aux autres. Ils sont tous isolés ».

Nos interlocuteurs retiennent que « quand le Commissaire des Prisons indien, Vijaya Narayanan, prit les commandes, il assouplit quelque peu ces règlements, en favorisant la création d’une “association yard”. » Dans les autres prisons, ajoutent ces officiers, « les détenus sont “unlocked” à 6h du matin, ils sont réunis dans les cours, se rendent dans les ateliers où ils sont inscrits, déjeunent à 11h, retournent travailler jusqu’aux alentours de 14h30. Puis, à 15h, ils prennent leurs douches et se préparent pour le “lock up” à 17h. Mais à La Bastille, les lois sont différentes, car répondant au profil des détenus.»

Ces officiers indiquent que « les noms des détenus “connus”, tels que Veeren Peroumal et Siddick Islam, qui ont déposé devant la Commission d’enquête sur la drogue, et qui font souvent parler d’eux pour des incidents relatifs à leur sécurité, ont circulé par rapport à ceux qui seront les nouveaux locataires des lieux.» A noter que Veeren Peroumal n’en est pas à son premier séjour à La Bastille. À ces noms s’ajoutent ceux de Curly Chowrimootoo et « d’autres détenus liés au trafic ».

Actuellement, parmi les officiers de la prison, règne une certaine « incompréhension, et des inquiétudes. Rien n’a transpiré quant à la remise en opération de La Bastille. Et on ne comprend pas non plus, l’engouement du gouvernement de rouvrir cette prison, qui représente un investissement coûteux ».