Qu’est-ce qui succédera à la 4G ? Mais la 5G, voyons ! D’ailleurs, cette nouvelle génération de standards mobiles est déjà au point. Mais cette technologie, bien que prometteuse, est déjà redoutée sur le plan de la sécurité, du fait notamment de son important flux de données et de la structure même du futur réseau.

Le groupe chinois Huawei, au cœur d’une crise diplomatique entre Pékin, Washington et Ottawa, a de grandes ambitions dans la 5G. Nouveaux usages, notamment industriels, espoirs d’accélération de la numérisation de l’économie, mais aussi interrogations sur la sécurité. D’où la question : quels sont les enjeux de cette nouvelle technologie mobile ?

En premier lieu, examinons ce que signifie réellement la 5G. La 5G, ou cinquième génération de standards pour réseau mobile, est ainsi la nouvelle version de l’ensemble des technologies mobiles dont le déploiement devrait commencer, en Asie et aux États-Unis notamment, dans le courant de l’année 2020.

Il s’agit d’un ensemble de protocoles et de méthodes de transmission de l’information qui doit offrir à la fois rapidité, très faible temps de réponse (la latence) et énorme capacité, de manière à absorber un fort trafic. En ce sens, la 5G est avant tout une amélioration des capacités techniques offertes par la 4G, tout comme celle-ci a permis d’accélérer les débits par rapport à la 3G.

Mais c’est surtout une nouvelle phase de connexion. Là où la première génération permettait de passer des appels, la 2G d’y ajouter du texte, la 3G de commencer à envoyer des images et la 4G de développer l’internet mobile, la 5G, elle, doit servir à connecter tout ce qui ne l’est actuellement pas, et en particulier les objets.

Tout cela est évidemment prometteur. Mais quelles sont les promesses de la 5G ? En fait, elles sont immenses. Car la 5G a été pensée comme la colonne vertébrale de la numérisation de l’économie dans sa globalité. Là où la 4G a permis de développer l’économie numérique, la 5G doit ainsi être le support de la numérisation des industries, tout en offrant une série de services qui n’existent pas encore et même répondre aux demandes nouvelles tels que les transports de demain.

Intérêts pour l’industrie.

Pour les consommateurs, il ne faut pas s’attendre à une différence flagrante en termes de débit, comme cela a pu être le cas lors du passage de la 3G à la 4G. Les opérateurs comptent sur la 5G avant tout pour gérer l’augmentation de trafic et éviter la saturation de leurs réseaux mobiles. Mais là où la 5G est très attendue, c’est dans l’industrie, puisqu’elle devrait permettre d’accélérer la numérisation des usines, des infrastructures de transport et ainsi améliorer le suivi des produits, les processus de fabrication, permettre plus de maintenance prédictive, intégrer la réalité augmentée ou virtuelle, etc.

Elle doit également permettre l’arrivée de nombreuses innovations : supporter la connexion de l’ensemble des véhicules autonomes et connectés, permettre le développement de la e-santé (avec des opérations à distance, la télémédecine, les transferts de données de santé, etc.), connecter les villes afin de les rendre plus “intelligentes” (gestion des flux, économie d’énergie, rationalisation des ramassages de déchets, etc.), sans parler des usages qui n’ont pas encore été pensés.

Oui, mais tout cela risque d’avoir un prix, certains se demandant déjà si la 5G ne comporte finalement pas plus de risques de sécurité que les versions précédentes. Ces inquiétudes sont légitimes. La première raison tient bien entendu au volume et au type de données qui sont appelées à y transiter. Si jusqu’ici les réseaux mobiles servaient avant toute chose à connecter les personnes, la 5G a été de son côté envisagé avant tout pour connecter les objets, même les plus et surtout les plus sensibles. Le volume de données va donc exploser, avec encore plus d’informations potentiellement disponibles, mais surtout beaucoup de données sensibles, industrielles, de santé ou même vitales pour les États. Si son potentiel est pleinement exploité, la 5G permettra en effet de faire transiter absolument tout.

Mais le problème vient également de la structure même du futur réseau. Là où les réseaux mobiles demandaient, jusqu’ici, une sécurisation principalement au niveau du cœur de réseau, c’est-à-dire les équipements installés chez les opérateurs qui permettent de faire transiter les données, elle concernera avec la 5G tant ces derniers que les équipements radios, c’est-à-dire les antennes et équipements qui leur sont associés, qui peuvent présenter autant de points d’entrée possibles pour pirater un réseau.

Cette différence est due au fait que la 5G est pensée de manière à proposer un réseau dynamique, en partie virtualisé et intelligent, capable de s’adapter aux besoins selon les zones ou les usages précis, avec une structure en couche qui prendra en compte les différents besoins (santé, transport, industrie, usagers, etc.). Quoi qu’il en soit, nous avons encore un peu de temps devant nous, espérant donc que toutes les éventuelles failles seront réglées d’ici là.