Gaëtan Jacquette, le président du Rassemblement des Organisations Créoles (ROC), demande au Premier ministre, Pravind Jugnauth, de convoquer le vice-Premier ministre, Ivan Collendavelloo, et le ministre de la Sécurité sociale, Etienne Sinatambou, pour leur demander des explications sur leurs déclarations faites après avoir pris connaissance « des propos racistes » tenus par l’ancien vice-Premier ministre Showkutally Soodhun en juillet dernier lors d’une rencontre avec des habitants de la route Bassin. Le président du ROC a parlé sur la discrimination et les Créoles.
« Minis Collendavelloo ti dir ki se lapersonn ki finn anrezistre konversasion-la ki responsab. Devan Soodhun ek minis Sinatambou, li ti dir ki zame li finn pran konesans video-la mem si gramatin tanto li devan gouvernman Lepep. Sa de minis-la, zot osi responsab ki Soodhun. Le PM aurait dû leur demander de soumettre leur démission », a-t-il avancé lors d’une conférence de presse hier au Centre social Marie-Reine-de-la-Paix, à Port-Louis.
Pour soutenir ses dires, Gaëtan Jacquette a puisé des extraits du livre Understanding the Linkages between Poverty and Ethnicity in Mauritius, écrit par Geetanjali Gill, PHD. Il a voulu soutenir la communauté créole « qui est méprisée, à Maurice, que ce soit dans le domaine de l’éducation, du logement, de la culture et même pour l’obtention d’un emploi dans le gouvernement ». Il a pris pour cible la Public Service Commission (PSC) qui, selon lui, « est une institution gouvernementale au sein de laquelle certains ministres donnent des directives » avant d’embaucher. « Ils bloquent la liste avant de faire leur choix », allègue-t-il. Au niveau de l’éducation, il pense que la création des écoles ZEP est une manière d’exclure la communauté créole. « C’est une machine qui fabrique l’exclusion à Maurice. Vingt ans après, rien n’a changé », a-t-il dit,  avant de citer un extrait du livre : « Mostly non-creole teachers, many of whom have negative stereotypes of Creoles. » 
Qui plus est, Gaëtan Jacquette suggère aux autorités d’aller construire à Agaléga, un dispensaire pour les femmes enceintes « pou ki zot pa bizin galope vinn Moris pou akouse ».
Le porte-parole de ROC juge « inadmissible » que le centre culturel Nelson Mandela n’ait toujours pas trouvé une autre personne pour remplacer le chairman. « Cette situation dure depuis plus d’un an. Les autorités n’accordent pas une grande importance à ce centre. C’est du mépris », déplore-t-il par ailleurs.
Pour ce qui est du Festival International Kreol, organisé par le ministère du Tourisme, Gaëtan Jacquette qualifie cette démarche de « grande hypocrisie ». Il poursuit : « Nous allons voir un défilé des ministres pendant le festival. Ils démontreront qu’ils tiennent la communauté créole à coeur et qu’ils défendent son intérêt. Moi, je crois que nous méritons plus de considération. »