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PROPOSITION: Une élection présidentielle à deux tours

La société mauricienne est de plus en plus divisée. S'il ne faut pas mélanger torchons et serviettes, il n'en demeure pas moins qu'en utilisant les deux on peut faire du bon travail !
Il ne sert à rien de nous voiler la face : les Mauriciens se regroupent selon leurs affinités religieuses pour pouvoir faire pression sur leurs compatriotes. Certains politiciens attisent les braises communales pour masquer leur incompétence et nous monter les uns contre les autres.
Devant le désert d'idées, l'absence de propositions pour une réforme électorale ne m'étonne pas. Dans ce pays où les débats d'idées sont trop souvent remplacés par la stigmatisation des personnes, je me permets de vous faire une proposition ambitieuse afin d'en finir avec les relents communautaires qui freinent notre développement en tant que nation.
Je rêve que mon pays produise un jour un homme qui incarnera la nation mauricienne. Pour cela notre pays doit se donner les moyens électoraux d'élire un président.
Notre mentalité actuelle est telle que même si un candidat de la trempe de Barack Obama se présente à Maurice, dans notre système électoral actuel, il n'est pas sûr qu'il soit élu ou alors il faut qu'il choisisse bien sa circonscription !
Croyez-vous que de savants calculs arithmétiques pour « corriger » le verdict des urnes consolident le sentiment d'appartenance à la nation mauricienne ? En augmentant le nombre de députés serons-nous mieux représentés ?
Notre démocratie n'a pas évolué : les partis politiques se sentent toujours obligés de mettre en vitrine les représentants de toutes les communautés dans leurs instances dirigeantes, sans forcément tenir compte de leurs compétences.
Devons-nous nous forcer à toujours élire des députés seulement parce qu'ils appartiennent à une communauté ? Une personne d'une autre communauté ne peut-elle pas représenter un Mauricien d'une communauté différente ? Quand vous allez voir un médecin, le choisissez-vous en fonction de votre communauté ou pour ses compétences professionnelles ?
Je suis convaincu qu'un Président qui sera élu au suffrage universel saura se libérer des clivages communautaires. Réfléchissons ensemble un instant, si nous voulons sortir le pays de ses réflexes sectaires, il nous faut avoir notre Président à tous.
Une profonde réforme constitutionnelle est plus nécessaire qu'une simple réforme électorale. Je comprends très bien la frayeur de mes compatriotes d'autant que celle-ci est sans cesse alimentée par certains de nos politiciens qui sont si à l'aise dans le clientélisme politique.
Imaginons un instant un candidat au poste de Président de l'Ile Maurice qui propose un programme électoral faisant la part belle au « law and order » et à plus de justice sociale.
Il ne doit pas exister un seul Mauricien qui se respecte qui va le rejeter sous prétexte qu'il vienne d'une communauté ou d'une autre. Certes les moyens qu'il va proposer pour parvenir à ses fins vont susciter des débats. Mais ces débats dépasseront naturellement le cadre des clivages intra-communautaires pour se focaliser sur les résultats escomptés.
Un Président élu au suffrage universel transcendera les clivages de notre société. Ainsi nous en finirons avec notre système électoral si propice à l'exacerbation de nos différences. A force de nous fixer sur nos différences nous oublions qu'ensemble nous serons une nation et rien ni personne ne pourra arrêter ou freiner le développement de nos jeunes. Les parents ne se poseront plus les questions de savoir s'il faut qu'ils aillent faire des courbettes devant tels ou tels politiciens ou grands patrons pour que leurs enfants aient un travail en fonction de leurs études et qualifications.
Je propose une élection présidentielle à deux tours. Le premier tour comprendra tous les candidats, le deuxième seulement les deux candidats ayant réalisé le meilleur score. A l'issue du deuxième tour celui qui aura recueilli le plus grand nombre de voix sera déclaré Président de la République pour sept ans (ou pour une autre durée).
Au maximum tous les cinq ans, des élections législatives auront lieu. Les Mauriciens éliront leur parlement de 60 députés ; plus de best loser. Le Premier ministre sera nommé par le Président. Il sera obligatoirement issu du parti qui aura remporté le plus de siège.
A nous de décider si nous sommes prêts à avoir un Premier ministre non élu ou des ministres non élus. Existe-t-il des personnes talentueuses disposées à servir la République sans vouloir passer par les urnes ?
Le Premier ministre composera son cabinet ministériel. Le Président présidera le Conseil des Ministres et sera responsable de la politique de son Premier ministre. Le Premier ministre et son cabinet seront les bras et les jambes qui mettront en œuvre le programme sur lequel le Président a été élu.
Il y aura certainement des situations où la majorité parlementaire ne sera pas du même bord politique que le Président ; ce sera l'ultime épreuve pour savoir si notre pays a pu produire un Président et un Premier ministre capables de cohabiter et de mettre en avant les intérêts supérieurs de la nation mauricienne.


Commentaires

Le systeme actuel a fait ses preuves. Ce qui fait defaut c'est des politiciens de qualité. C'est pas un systeme presidentiel qui va nous sortir de l'auberge.

??????????????? Vous avez semble-t-il occulter l'essentiel: la réalité du terrain et la nature humaine