Dans le cadre de ses propositions en vue de l’élaboration du Budget 2016-2017, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) plaide, entre autres, pour un « cash income support » de Rs 8 000 à quelque 100 000 employés, qui touchent moins de Rs 5 000 par mois comme salaire de base. La CTSP réitère également sa proposition pour l’institution d’un Portable Severance Allowance Fund afin de pouvoir payer une compensation aux licenciés.
Dans les secteurs du textile, du seafood hub et des services, 100 000 travailleurs, dont 85 % sont des femmes, touchent moins de Rs 6 000 comme salaire de base mensuel. C’est basé sur ce fait que la CTSP propose un Cash Income Support de Rs 8 000 dans un mémo envoyé au ministère des Finances. « À mars 2016, le salaire de base prescrit pour les secteurs textile et seafood hub s’élevait à Rs 5 000 », souligne la confédération syndicale. « Si rien n’est fait, d’ici deux ans, aucun Mauricien ne sera disposé à travailler dans ces secteurs précités, où la rémunération totale ne dépasse pas Rs 8 000 par mois. Il n’y aura alors que des travailleurs étrangers qui seront exploités à outrance avec la bénédiction de nos décideurs politiques », soutient la CTSP.
La confédération syndicale plaide par conséquent pour que ces 100 000 employés bénéficient d’un Cash Income Support de Rs 2 000, Rs 3 000 et Rs 4 000 pour ceux qui touchent respectivement Rs 6 000, Rs 3 000 et Rs 4 000 comme salaire de base mensuel. Ce, afin qu’ils bénéficient tous d’un salaire de base de Rs 8 000 par mois. « L’income support peut être donné en nature (riz, farine, lait, etc.) », précise la CTSP. Différents moyens sont proposés pour financer ce Cash Income Support : une augmentation de la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA) de 15 % à 25 % sur les produits de luxe, une taxe sur une propriété immobilière valant plus de Rs 8 M, une taxe de 1 % sur toutes les transactions offshore, entre autres. « Ce “Direct Income Support” amènera progressivement tous les travailleurs de l’île à percevoir un salaire décent. Maurice a ratifié la Convention de l’Organisation Internationale du Travail sur le Decent Work Country Programme. Il ne peut y avoir de travail décent sans salaire décent », soutient la CTSP.
La confédération syndicale réitère également sa proposition pour l’institution d’un Portable Severance Allowance Fund (PSAF). L’employeur est invité à mettre tous les mois dans un fonds (géré par le gouvernement) l’équivalent d’un jour de salaire mensuel de son employé. En cas de licenciement, l’État puise de ce fonds pour indemniser le licencié. Ou encore, à sa retraite, l’employé touche le montant de sa contribution au PSAF.
La CTSP trouve plusieurs avantages à l’institution du PSAF. D’abord, l’employé peut travailler successivement pour plusieurs patrons, lesquels contribueraient au PSAF, ce qui encouragerait la mobilité de la main-d’oeuvre. Cette méthode permettrait de diminuer drastiquement les disputes entre patron et employés. « Aucun employeur n’aura à avoir recours à des comités de discipline bidon juste pour licencier son employé afin de ne pas avoir à lui verser une compensation. L’employé contribue déjà à la compensation que lui verse le gouvernement », explique la CTSP.
D’autre part, la fédération syndicale réitère sa demande pour que l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act soient amendées, jugeant ces deux lois comme étant « anti-travailleurs ». « Depuis leur promulgation en 2008, le nombre de “labour disputes” a considérablement augmenté. Maurice est le seul pays au monde où l’on peut licencier un travailleur sans avoir à lui verser un seul sou de compensation », déplore la CTSP.