Jean-Clément Cangy, ancien journaliste au Mauricien, a procédé jeudi au lancement d’une nouvelle édition de son livre « Le séga, des origines… à nos jours ». L’ouvrage a été réalisé en collaboration avec l’agence Immedia et dans cette nouvelle version, il y a plusieurs ajouts surtout ceux concernant les anciens dont Fanfan, Alain Permal et Cyril Labonne. L’auteur met également en lumière, le sega tipik désormais inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.
Jean-Clément Cangy présente les grandes figures du patrimoine musical mauricien dont, Ti Frer, Jacques Cantin, Maria Séga, Serge Lebrasse, Roger Augustin, Loïs Cassambo, Roger et Marie-Josée Clency, Jean Claude Gaspard, Michel Legris, Mario Armel, Claudio Veeraragoo et les contemporains: Cassiya, Nancy Dérougère, Sandra Mayotte, Mario Justin, ABAIM, Double K entres autres. Il a entrepris un véritable travail d’ethnomusicologie et dépeint la créativité et l’aspect multiforme de cet univers musical.
Cinq ans après le succès de la première édition parue en 2012, Jean-Clément Cangy décrit encore une fois l’évolution et le développement du séga mauricien. Le séga, souligne-t-il, raconte l’histoire de Maurice, pays de peuplement, fait un retour aux sources et porte un éclairage sur une pratique musicale née dans les souffrances de l’esclavage, des marrons e telles humiliations. Le séga était un objet de mépris de la part des bien-pensants de la société. Le ségatier Serge Lebrasse, également enseignant n’était pas le bienvenu des les écoles. Ce n’est pas ce nwur cholo qui va enseigner nos enfants, entendait-on souvent dans les écoles. Cependant, ce même séga, objet de mépris, souligne Jean Clément Cangy, fait la fierté de Maurice après son inscription à l’UNESCO.
Le Séga a laissé des traces indicibles dans l’histoire du pays mais les ségatiers ne sont pas considérés à leur juste valeur et on ne fait pas assez d’efforts pour promouvoir le séga.
Le livre raconte l’histoire du séga qui a pris naissance au milieu de la souffrance, de la barbarie et la répression. Cependant, souligne Jean Clément Cangy, il faut le rendre plus visible et plus audible. Il cite l’exemple de l’île de la Réunion qui accorde un soutien indéfectible au maloya. Le séga et le maloya ont connu le même destin.
Rama Poonoosamy, le directeur de l’agence Immedia a fait référence au travail de recherche journalistique effectué par Jean-Clément Cangy dans le cadre de la nouvelle édition de son livre. Darma Mootien et Ravi Moopen (couverture) ont collaboré pour présenter les différentes facettes de notre séga. Rama Poonoosamy estime que Cangy a posé un regard progressif sur la société et l’évolution du séga. Selon lui, le séga était une occasion pour les esclaves de se libérer à travers des gestes et des mouvements des humiliations subies et de célébrer la liberté et l’amour. Le folklore mauricien s’est enrichi davantage avec cette nouvelle publication. Le livre est en vente à Rs 350 dans les librairies de l’île.