PUBLICATION—L’enfance de l’art de Ramanujam Sooriamoorthy

A récemment été lancé, L’Enfance de l’Art, signé Ramanujam Sooriamoorthy. Publié depuis l’an dernier en France et présenté au public mauricien en juillet 2014, en attendant qu’il soit disponible à Maurice, l’ouvrage est un recueil de haïkus et de poèmes étalés sur une cinquantaine de pages. C’est suite au concours Europoésie-Unicef 2013 d’où il est sorti lauréat que la proposition de la publication d’un texte d’une cinquantaine de pages lui a été proposée. Ce qui a donné naissance à L’enfance de l’Art.
Lorsqu’on essaye de savoir de Ramanujam Sooriamoorthy la raison pour laquelle, pendant longtemps, alors qu’il écrivait beaucoup, il ne publiait pas ses textes jusqu’à Prélude à l’ininterruption, en 1992, publié à compte d’auteur, il nous répond qu’il n’écrivait alors pas forcément dans le but d’être publié, avant d’ironiser : « Publier n’est pas forcément écrire non plus. » Au départ, nous dit encore l’ancien prof de français, « et je le suis toujours, j’étais assez hostile à l’idée de publication. Je n’en voyais pas l’importance. Aujourd’hui, j’ai développé davantage une réflexion sur l’écriture et la lecture. Dans la nouvelle édition de Prélude à l’ininterruption, dans ma dédicace, je parle de l’objet que l’on offre et qui n’est pas forcément celui que l’autre reçoit. Qu’est-ce que l’autre y perçoit ou y reçoit ? Le bon lecteur, idéal, il réécrit le livre, à condition qu’il sache lire le livre. J’en parle davantage dans un livre à paraître, intitulé Pas à reculons ».
Même pour la publication de Prélude à l’ininterruption en 1992, l’auteur y a été en quelque sorte poussé par le sentiment de devoir « agir en urgence pendant que mes parents étaient encore là. Je voulais faire quelque chose qui fût comme un hommage, un témoignage de reconnaissance à l’endroit de mes parents ».
Par ailleurs, un jour, Ramanujam Sooriamoorthy rencontre l’écrivain et essayiste Roland Barthes, qui lui dit qu’il y a des gens qui n’ont rien publié mais que tout en eux lui fait penser au texte. « Quand Barthes a fait cette déclaration, j’ai pensé qu’il devait entre autres songer à moi ». S’il s’est enfin décidé un jour de se faire publier, c’est aussi un peu pour cela.
La dernière publication de l’auteur est le fruit d’une reconnaissance qui lui a été attribuée en 2013, à travers le concours Europoésie-Unicef 2013. En fait, depuis 2004, Ramanujam Sooriamoorthy “collabore” avec la Revue de Défense de la Langue française. « En 2004, j’ai participé au Congrès des Professeurs de Français à Atlanta, où j’ai d’ailleurs prononcé une communication sur Le Français en Amérique. Peu avant le congrès, la présidente de l’association Défense de la Langue Française, Claire Boyet, qui est par la suite devenue mon amie, m’a demandé de signer une pétition et de la faire circuler. J’ai proposé quelques articles à la Revue de Défense de la Langue française. Elle m’a demandé de prendre contact avec Joël Conte, de l’association Rencontres Européennes-Europoésie. C’est là qu’on m’a proposé de participer à des concours organisés par l’association. J’y ai participé plus par sympathie et j’ai récolté quelques trophées. En 2013, on m’a décerné le prix Thierry Sajat-Europoésie-Unicef 2013. Malgré l’appellation, ce prix est ouvert au monde entier. Et, en guise de récompense, on m’a proposé la publication d’un ouvrage d’une cinquantaine de pages ».
Dans la préface, signée Thierry Sajat, celui-ci, écrivain et éditeur, explique le choix de Ramanujam Sooriamoorthy pour le prix Europoésie : « J’ai tout de suite été ému par ses écrits dans lesquels j’ai senti la poésie au-delà du poème, l’émotion, le rêve, le voyage de l’esprit et du cœur… ». Et de commenter : « Lire L’Enfance de l’Art, c’est du rêve et du bonheur qui descendent dans le cœur du lecteur depuis le cœur du poète. »
Alors que L’Enfance de l’Art est en vente à 10 euros en France, le livre est disponible à Maurice à Rs 200 « grâce aux talents de négociateur d’Ahmad Sulliman des Editions Le Printemps ».