PUBLICATION: Sir Anerood Jugnauth, telle une légende vivante

Le couple Jugnauth était entouré pour ce lancement des cadres du MSM ainsi que de représentants du MMM dont le nouveau leader de l’opposition Alan Ganoo

Une grande partie des cadres du MSM se sont retrouvés mercredi à Eureka, Moka, pour saluer la sortie d’une biographie politique de sir Anerood Jugnauth. Publié en anglais chez Osman publishing, cet ouvrage inaugure une nouvelle collection intitulée « Living legends ». « Pour moi, a expliqué l’éditeur Shafick Osman, il n’y avait pas de doute que cette collection devait commencer par le seul Mauricien qui a été cinq fois Premier ministre et deux fois président de la République de Maurice. » L’auteur, le Pr Ibrahim Alladin, résident au Canada et à Maurice, avait publié il y a vingt ans un ouvrage sur le miracle économique mauricien…
L’éditeur Osman publishing a notamment réuni trois anciens présidents de la République et un ancien vice-président hier matin à Eureka, pour lancer la nouvelle collection Living legends. La première des légendes vivantes mauricienne pour l’éditeur Shafick Osman ne pouvait être autre qu’Anerood Jugnauth, dont il rappelle qu’il a été cinq fois premier ministre et deux fois président de la République. L’auteur de l’ouvrage, le Pr Ibrahim Alladin, raconte que son histoire avec Anerood Jugnauth a commencé en 1993, lorsqu’il est tombé dans l’avion sur un article du Globe and mail sur le miracle mauricien, une lecture qui l’a très vite conduit à publier la même année le livre « Economic miracle in the Indian ocean : Can Mauritius show the way ? » aux Éditions de l’Océan Indien.
Puis, en mars 2012, un article du New York Times paru sous le titre « Mauritius : the glittering new gateway to Africa and Asia » l’a poussé à se réintéresser à la genèse du succès économique de Maurice. Mais il a décidé cette fois-ci de se concentrer sur la contribution de celui qu’il considère comme l’architecte de cette réussite. Cette idée lui a semblé d’autant plus pertinente que sir Anerood Jugnauth venait de démissionner en tant que président de la République et d’annoncer qu’il entrait à nouveau dans l’arène politique mauricienne, à quelque 82 ans, pour sauver la nation… Aussi l’auteur insiste-t-il sur cette notion de « sauveur de la nation », pour introduire cet ouvrage où il entend démontrer comment SAJ est devenu une légende vivante.
Né à Maurice, Ibrahim Alladin a longtemps enseigné à l’université d’Alberta au Canada. Actuellement professeur au Dr Mahalingam International Institute of Technology (MIIT) et président de Phoenix education and management consulting, il a également enseigné dans des universités russe et indienne. Il vit à Maurice et au Canada. Il y a deux décennies, cet auteur avait décrit SAJ comme l’architecte de la « révolution » économique qui a fait décoller Maurice. Avec ce nouvel ouvrage, il propose un examen de sa carrière et de son ascension politiques. S’il ne s’étend pas sur la vie privée de SAJ dans l’ouvrage, il a conclu son allocution sur le rôle précieux de Lady Sarojini dans la réussite de son époux.
Cinquante ans de carrière
Un autre ancien président, Karl Offman, a ensuite pris la parole pour parler de celui qu’il a accompagné à partir de 1982, la fameuse année du 60/0… Il estime notamment que la cassure d’avec le MMM en 1983 a poussé Anerood Jugnauth à amplifier son leadership et révéler toute sa personnalité. Aussi a-t-il évoqué l’émergence de la zone franche, la venue des investisseurs asiatiques, l’essor de l’hôtellerie, etc. Rappelant plusieurs réalisations sociales, il relève que Maurice était arrivée au plein emploi sous la direction de SAJ. Tout cela ne s’est pas fait sans obstacles tels que l’affaire des « Amsterdam boys » et les atteintes à sa personne qui l’ont fait porter un gilet pare-balles pendant plusieurs années.
Cassam Uteem a mentionné dans son discours que cela fait cette année, cinquante ans qu’Anerood Jugnauth est entré en politique. Alors président du conseil de village de Palma, il avait été approché par l’Independant Forward Block (IFB) pour se présenter aux élections générales dans la région de Rivière-du-Rempart. Opposé à un pilier du parti Travailliste, Aunuth Beejadhur, il avait alors fait mentir les prévisions en remportant un siège avec 55 % des voix, en octobre 1963. Cassam Uteem a été ministre d’Anerood Jugnauth à deux reprises pendant de courtes périodes. S’il n’a pas toujours partagé son point de vue, s’il a été aussi un adversaire politique, il reconnaît en lui les grandes qualités de leadership, la détermination et le sens du devoir. Aussi évoque-t-il la gestion économe des affaires de l’État telles qu’il les a menées, le fait qu’il savait faire confiance à ses ministres et encourager leur créativité.
Concernant son parcours, Cassam Uteem rappelle que SAJ avait participé en 1965 à la conférence constitutionnelle à Londres qui a conduit à l’indépendance de Maurice. Estimant que l’auteur ne s’est guère étendu sur ses relations avec sir Seewoosagur Ramgoolam, il insiste sur le fait qu’il n’a pas été informé de l’excision des Chagos, ce deal ayant été traité par SSR seul avec les Britanniques. Parmi les faits majeurs à l’actif de SAJ, il cite l’accession de Maurice au statut de République en 1992, alors que l’amendement avait été présenté en vain en 1983 et en 1990. S’il paraît convaincu que sir Anerood Jugnauth mérite pleinement le statut de légende vivante, Cassam Uteem confie cependant qu’il voit très peu de personnes susceptibles de rentrer dans cette nouvelle collection.