« En tant que concessionnaires responsables, il est de notre devoir d’informer la population sur les dommages d’ordre mécanique irréversibles provoqués par un taux élevé de manganèse dans l’essence », a déclaré Ravi Issur, président de la Motor Vehicles Dealers Association (MVDA), lors d’une conférence de presse ce jeudi 23 janvier, au Hennessy Park Hotel à Ebène. La MVDA ainsi que les constructeurs automobiles sont unanime à dire que « les dégâts sont uniquement dus au taux élevé de manganèse présent dans l’essence (à Maurice)». Le manganèse endommage irréversiblement les moteurs.

Depuis novembre 2019, les concessionnaires sont intervenus sur plus de 3 300 véhicules dont les moteurs ont été affectés. L’association demande aux autorités que les propriétaires de véhicules endommagés soient indemnisés pour les dépenses encourues. La MVDA chiffre les pertes à plus de Rs 150 millions à la fois pour les concessionnaires et les clients.

Au vu du nombre élevé de véhicules affectés et de la gravité des dégâts observés, plusieurs membres de la MVDA ont commandité des tests auprès de laboratoires locaux et étrangers. Les échantillons analysés ont révélé un taux de manganèse variant entre 24 mg/l et 129 mg/l. « Chaque automobiliste doit savoir que son véhicule, quel que soit son âge ou sa marque, sera, tôt ou tard, affecté, s’il ne l’a pas encore été. La sécurité de nos clients reste notre priorité, et c’est pour cela que nous leur avons, dès décembre, proposé certaines mesures correctives dépendant de la gravité des pannes. Notre revendication aujourd’hui est de trouver une solution adéquate pour les propriétaires et concessionnaires », a soutenu le président de la MVDA.

Conférence de presse de la Mauritius Vehicle Dealers Association sur le 'Taux anormalement élevé de manganèse dans l’essence'.

Posted by Le Mauricien on Thursday, January 23, 2020

Les concessionnaires ont ainsi demandé aux autorités de garantir que le carburant disponible sur le marché mauricien actuellement ne contient plus de manganèse. Selon eux, il est primordial que le pays adopte une loi pour interdire la présence de cette substance dans l’essence commercialisée chez nous.

A noter que depuis 2010, l’essence importée par la State Trading Corporation (STC) n’en contient pas. Toutefois, depuis 2014, la STC précise dans ses documents d’appels d’offres que le taux maximal accepté de manganèse dans l’essence est de 2 mg/l. Cela a pour but de parer à l’éventualité d’une exposition non-intentionnelle de la cargaison à des additifs métalliques. D’ailleurs, dans son appel d’offres émis le 25 mars 2019, pour la période du 1er août 2019 au 31 juillet 2020, la STC a réitéré cette spécification.

Les constructeurs automobiles et les importateurs officiels de véhicules neufs se sont, de leur côté, toujours alignés sur les spécifications nationales, telles qu’établies par la STC, pour proposer des véhicules adaptés au marché mauricien. De ce fait, seule une non-conformité avec les exigences de la STC peut être la cause de ce problème.

« C’est clair pour nous que le manganèse n’aurait pas dû être présent dans l’essence en octobre 2019 », a souligné Ravi Issur. Cependant, ce dernier a tenu à rassurer les automobilistes que les analyses réalisées en janvier 2020 sur plusieurs échantillons ont révélé que la situation est revenue à la normale.

Plusieurs pays dans le monde ont pris des mesures proactives afin de limiter, voire d’éliminer, le manganèse de leurs carburants. Deux raisons sont évoquées : leurs effets nocifs sur la santé publique et les risques que cela représente pour leur parc automobile.

Selon l’édition 2019 du Worldwide Fuel Charter, « le manganèse est pratiquement absent du marché de l’essence au Japon, en Inde, au Pakistan, en Europe et en Amérique du Nord ».

Si vous êtes sur l’application mobile rendez vous sur ce lien pour découvrir les documents présentés lors de la conférence de presse.