Quelque chose de Lallmatie

Les fleurs du mal coûtent. Ce serait merveilleux si des gamins taguaient leur envie de vie sur les murs. Et criaient leur spleen teen avec ses mots à lui. Les “cuisses de poulet” et hommages génitaux inscrits en insulte sont si éculés. Le tagueur d’un soir divers écrira à la bombe. Un truc désespérément antisocial du genre : Baudelaire F*cks !

Maître Pravind et Dame Kobita chaussés de lunettes de stars. Sous une ombrelle. Main dans la main vers demain. On saura alors que le soleil tape fort… Croyez-vous que le gentil homme s’est oint d’une protection solaire écran total pour se prémunir de la mesanste des hommes ? Ceci est un message subliminal. Pour votre santé, pratiquez une activité intellectuelle régulière.

Entre-temps, une jeunesse perdue pe kontign bril servo ar sinte. Ki pou fer ar zot, Anil ? La situation est-elle still under control ? Pardonnez-moi, cher lecteur, d’éviter ici les accidents routiniers. C’est trop stressif ! Ce serait faire violence à ma petite paix intérieure.

Les super-chéris du grand pouvoir amadouent les foules ferventes. Avec une poignée de roupies de plus. Panem et circenses. Nous prend-on pour une bande de cons gelés ? Ce ne sont que des pensées dépensées au petit jackpot de la chance. Vous avez dit “budget truculent” ? Je ne me prononce pas. Pas pour le moment. J’attends venir ce métro nommé désir. Projet fantasmé depuis 1969 environ ? Que d’érotisme, n’est-ce pas ? Donner envie sans jamais passer à l’acte… Je vais devenir folle !

À certaines heures de la nuit. Quand le cœur de ville s’est endormi, flotte un sentiment comme une envie. On a tous quelque chose en nous de Lallmatie. Sa rouge terre teintée d’Afrique. Ses vertes plaines et ses prés verts. Toute la poésie des hauteurs floréales.

Et ce désir de vivre une autre vie. Sur d’autres rives. Sur d’autres rêves. Qui hantent entre chien et loup. Une obsédante présence, à l’heure des voluptés, rampe sans bruit. “T’infuser mon venin, ma sœur !”

Que l’on vive ici ou ailleurs. On a tous quelque chose de lallmatien. Des âmes errantes ou qui s’attachent et nous illusionnent. Sans qu’on ne le sache. Sans qu’on ne les chasse. Un cri aphone dans le silence des nuits noires. Cette force qui nous pousse vers l’infini… Ce Mal qui jamais ne fait de fleur.

* À destination des esprits petits. Le village susmentionné ne détient pas le monopole des âmes errantes ni des calèches nocturnes. Pas plus que d’autres régions du pays. Loin de nous l’idée de stigmatiser ce hameau dont l’auteur de “ses” lignes apprécie le cadre enchanté.