QUELQUES LIVE DE 2012: Désiré François

Début novembre, alors que toute Maurice est empreinte par le dernier exercice budgétaire, Désiré François, voix emblématique de Cassiya, se produit au J & J Auditorium, Phœnix. Salle comble, ambiance survoltée, répertoire qui prend des allures de set-list populaire, les titres étant repris en chœur… La magie de Désiré François transcende le temps et fait revivre les années de gloire du mythique groupe de Cassis.
Cassiya 20 ans et le répertoire de Désiré François, plus quelques invités et non des moindres : cela suffit à enflammer Phœnix pour une nuit inoubliable, comme on n’en avait pas connue depuis des lustres. Le séga a encore de très beaux jours à vivre… grâce à des artistes de calibre comme Désiré François !
 

Susheela Raman
L’année musicale en termes de concerts porte une tâche : celui de Susheela Raman, ponctué d’une interdiction de la part de représentants d’une communauté, qui imposent à la chanteuse née en Angleterre et tamoule de par ses parents, sur un titre à caractère religieux… Le concert, fabuleux, de cette star internationale de la world music qui a gagné les cœurs et les corps des États-Unis à l’Europe, en passant par la l’île de la Réunion, le Pakistan et le Tamil Nadu, restera un souvenir sans précédent.
Le concert de Susheela Raman à Maurice est, sans aucun doute, le meilleur concert organisé par l’agence Immedia en ces 25 ans de carrière. D’emblée, la jeune femme, issue de parents originaires du Sri Lanka et ayant grandi en Australie, a subjugué une assistance conquise d’avance. Qu’il s’agisse de ses prières chantées en tamoul ou de ses morceaux comme The same song, extrait de la bande originale du film Namesake de la réalisatrice Mira Nair, de ses titres les plus connus, dont Bolo bolo ou Nagumomo, requête spéciale de son fan et instigateur du concert, avec Immedia, en l’occurrence, Dinesh Burrenchobay, et sa reprise très demandée du Yeh mera diwanapan, du célèbre Mukesh, S. Raman a tenu toute la salle en haleine, déchaînant l’assistance quelques minutes seulement après le coup d’envoi.
Sur une initiative téméraire de l’agence Immedia de Rama Poonoosamy, dont on aura beaucoup apprécié l’audace de faire venir une telle grande pointure internationale à Maurice, la venue de Susheela Raman aura satisfait d’innombrables fans qui en avaient rêvé ! Hélas !, marqué par l’incident de censure, l’artiste ne reviendra probablement jamais chez nous…
 

Alain Ramanisum
Le mois d’août se conjugue aux accents d’un concert aux couleurs chaudes du pays, mais marqué surtout par un thème : la pluralité culturelle. En ce temps d’hiver, un peu de feu aux jambes n’est pas de refus… Alain Ramanisum Ile Maurice Multiraciale convie tous les fans de Ramanisum (et ils ne sont pas peu nombreux !) au J & J Auditorium pour une soirée qui s’annonce… colorée !
Et le résultat n’est pas négligeable. Culture Events de Jimmy Virapin a mis dans le mille ! Laura Beg, épouse de la star, mais également Bruno Raya, Mr Love et Nitish Joganah complètent la scène électrique et puissante, qui fait vibrer la salle bondée, des heures durant !
De Nissa la monte à La vi zenes, en passant par les incontournables Selibater, entre autres, Alain Ramanisum, accompagné par Ravanna et soutenu par Otentikk Groove, livre un concert très bien ficelé !

Atif Aslam
Il n’en était pas à sa première fois chez nous… Atif Aslam, crooner pakistanais, auteur de tubes tels que Tere bin, avec lequel il se fit connaître, est désormais un « habitué » du public mauricien. Pour cette fin 2012, le rockeur s’est produit lors d’un concert sans pareil au Swami Vivekananda Centre de Pailles, ce dimanche 23 décembre.
Plus de 120 minutes durant, Atif Aslam a enchaîné les tubes — de Doorie à Pehli Nazar en passant par les indétrônables Kuch iss tarah, Meri kahani ou encore, Ehsaas, sans oublier ses chansons extraites de b.o de films de Bollywood qui l’ont rendu encore plus célèbres…
Meilleur que le premier concert du jeune homme qui fêtait son anniversaire sous une pluie battante un 12 mars au Champ de Mars et évidemment meilleur que sa seconde prestation à La Citadelle, quelques mois plus tard, ce troisième concert d’Atif Aslam aura permis d’apprécier et de confirmer sa carrure de superstar internationale…
 

LES AUTRES CONCERTS
Adnan Sami
Artiste hors norme, apprécié davantage pour ses compositions en dehors du circuit bollywoodien, bien qu’il compte un grand nombre de succès sur ce plan, Adnan Sami bénéficie de cette capacité rare de pouvoir par le biais de sa simple voix transcender l’espace ; faire tomber toutes les barrières, tangibles ou imaginaires.
De l’éthéré Sun zara, du film Lucky ; Kabhi to nazar milao, où le temps est suspendu, les remarquables Meri yaad ou Teri baahon mein, l’indémodable Bheegi bheegi raton mein, qui donne des frissons et sans oublier, certainement, cet hymne à l’amour de tous les romantiques qu’est Tera chehra, en passant par ses tubes tels Mehbooba mehbooba, tiré de la B.O d’Ajnabee ou Salaam-E-Ishq, du film éponyme, Adnan Sami a embrasé les cœurs qui ne demandaient qu’à l’être, début de janvier au J & J Auditorium, Phœnix.

Javed Ali & Mahalaxmi Iyer
Javed Ali était certainement la grande surprise de la soirée. Le public mauricien connaissait déjà Mahalaxmi Iyer, pour l’avoir découvert en live en 2006, invitée déjà par l’agence Immedia. Même s’il n’a pas encore totalement maîtrisé les rouages d’une prestation live, Javed Ali, l’interprète des tubes tels que Jashn E Bahane (Jodha Ackbar), a conquis très rapidement les cœurs de ses fans locaux.
Simple, dialoguant en hindi la plupart du temps avec son public, et surtout très inspiré, Javed Ali a laissé son timbre de velours, qui colle parfaitement tant aux envolées lyriques comme Tu mera dost de Yuvraaj, qu’aux morceaux endiablés tels que Tu hi haqueeqat de Tum mile ou Ek din de Naqaab, entraîner l’assistance dans une extase sans pareil. La parenthèse, avec les morceaux Kun faya kun (Rockstar) et Arziyan (Delhi-6), ont suffi à gagner les cœurs et les tympans. Javed Ali a aussi rendu un vibrant hommage à feu Jagjit Singh, reprenant les refrains de Honton se chulo tum et d’Aahista aahista.

Earth, wind & fire experience
On se serait cru à Las Vegas ou à Los Angeles ! Avec un spectacle digne des grands groupes US, servi par la toute grosse artillerie : son pluriel et dense, transpirant le bon vieux funk qui donne immédiatement des fourmis dans les jambes et fait frétiller le corps ; jeux de lumières très 80’s que l’on se serait cru dans une immense salle de disco ! Et pour couronner le tout, des musiciens habités par leur musique, soutenus par un trio de chanteurs rivalisant de talent !
Earth Wind and Fire Experience n’est peut-être pas la formation d’origine des années 80 qui a écumé les salles de concerts et les festivals et qui a fait les beaux jours de milliers de personnes dans le monde, y compris à Maurice. Earth Wind and Fire Experience est certainement une machine très bien huilée…
September, Boogie wonderland, en guise de rappel, et Let’s groove ont été le point d’orgue d’une soirée très forte en émotions et où très peu de ceux qui étaient présents dans la salle n’ont pas rejoint l’immense piste de danse !
Invités par l’agence Immedia, Earth, Wind & Fire Experience laissera un souvenir indélébile dans les cœurs des mélomanes…

LA SURPRISE: Revivals
Initiative de Jacques Maunick, toujours à l’affût d’une occasion pour mettre en avant et faire découvrir, aux jeunes générations, les « grands crus » musicaux des belles années, le concert Vintage Music Revival a enflammé les cœurs et la salle du J & J Auditorium le 3 novembre dernier !
Pat Boone, les Shadows, Cliff Richards, Jacques Brel, Nat King Cole, Roy Orbison, les Platters ou encore, Edith Piaf, Paul Anka, Doris Day ont ressuscité le temps d’un concert à voix multiples et porté par des musiciens locaux, dont des ex-Blue Stars, habités. Un concert qui a ouvert la voie à d’autres de la même trempe qui ponctuera 2013, assurément !