Le rugby mauricien a connu une nouvelle ère cette année. La démocratisation de cette discipline a eu pour conséquence que cette discipline a touché plusieurs Mauriciens issus de diffèrentes couches sociales. Avec la venue du nouveau Directeur Technique National (DTN), Jean-Baptiste Gobelet, le président de Rugby Union Mauritius (RUM), Kevin Venkiah estime pouvoir récolter une médaille lors des prochains Jeux des Iles de l’océan Indien de 2019.

Kevin Venkiah, pensez-vous que le rugby mauricien se trouve sur la bonne voie ?

Je le pense. Nous avons fait le maximum afin que cette année, le public mauricien puisse apprécier cette discipline et connaitre ses valeurs. Ce qui me pousse à penser que le rugby peut trouver sa place à Maurice.

Beaucoup de Mauriciens estiment que le rugby est réservé à un milieu social très restreint. Partagez-vous cette opinion ?

Au cours des années précédentes, nous avons fait de sorte que le rugby devienne aussi populaire que le football. Cette année, avec la collaboration de tout un chacun, y compris les membres de la fédération, je m’aperçois que lors de chaque évènement que nous organisons, les Mauriciens s’intéressent de plus en plus au rugby. C’est certainement encourageant pour l’avenir. La venue de Jean Baptiste Gobelet a également beaucoup contribué au développement de cette discipline.

En parlant du nouveau DTN qui a pris ses fonctions en septembre dernier, êtes-vous d’avis qu’il se trouve être l’homme de la situation ?

Jean Baptiste a définitivement apporté un nouveau souffle au rugby mauricien. Etant lui- même un ancien joueur de classe mondiale et avec son palmarès en tant qu’entraineur, nous avons la chance de l’avoir à nos côtés. Lorsqu’il était arrivé, il nous a bien fait comprendre qu’il ne venait pas comme touriste, mais avec l’objectif de vouloir placer le rugby mauricien à un autre niveau.

Reste que malgré sa venue, la sélection mauricienne a reçu des claques aux tournois auxquels elle a participé. On notera ainsi la gifle que Madagascar a infligé aux nôtres lors de la Coupe d’Afrique des Nations à 7

Il faut comprendre que les bonnes choses prennent du temps. Lors de ses déplacements, Jean- Baptiste a voulu faire tourner la sélection afin de voir plusieurs rugbymen à l’œuvre. Lors de chaque rencontre, les joueurs ont démontré un certain potentiel qui ne peut qu’être encourageant pour la suite. Certes, nous avons été battus par la sélection malgache mais il faut savoir qu’un projet a été mis en place deux à trois ans de cela. Les résultats suivront à coup sûr.

Que peut-on attendre de la RUM en 2018 ?

Avec la démocratisation de cette discipline et les formations des éducateurs qui se déroulent à travers l’île, nous avons pu créer un nouveau club. A savoir, Cyclones de Bel Ombre. Aussi, nous souhaitons créer un club à Réduit et à Flacq. Nous avons pu constater que durant cette année, nous avons aussi lancé un championnat féminin qui s’est avéré une réussite. Qui plus est, la sélection nationale féminine était également à l’oeuvre. Du côté de Rodrigues, nous avons lancé trois clubs. Certes, cela prendra du temps afin d’obtenir des résultats, mais je suis sûr que 2018 nous réservera de très bonnes surprises.

Qu’en sera-t-il de 2019 et des Jeux des îles ?

En vue de cette échéance, la sélection mauricienne aura droit à quatre ou cinq stages.. Nous en avons d’ailleurs discuté avec les responsables. Nous voulons des joueurs qui mouillent leur maillot pour leur pays, pas ceux qui se décourageront quand ils feront face à l’adversité. Pour ces JIOI, la sélection de l’ile sœur et celle de la Grande Île seront nos principaux adversaires. Je ne vais pas m’aventurer à déclarer que ce sera facile d’obtenir la médaille d’or. Toutefois, le public mauricien pourra compter sur nous pour décrocher une médaille.

Propos recueillis par Christopher Quenette