MARCEL LINDSAY NOË

Beaucoup d’encre a coulé ces derniers temps en ce qui concerne la fameuse Promenade Roland Armand entre Rose-Hill et Beau-Bassin, mais peu sont ceux qui ont connu ce Mauricien visionnaire doté d’une intelligence vive, d’un esprit pétillant et d’un sens des affaires hors du commun.

Né à Port-Louis, il pratiquait le sport de haut niveau en athlétisme et au football (il était le gardien de but de son équipe et de la sélection port-louisienne). En effet, il a été un des membres fondateurs du club des “Wings” qui avait son siège à l’école de La Salle avant que celui-ci ne se joigne à la fédération du Racing Club de Maurice. 

Entré comme commis chez la firme commerciale Emmanuel Cadet & Cie. Ltée, il devait vite gravir les échelons sous la houlette d’un autre grand monsieur, son directeur Joseph A. Smith, pour éventuellement rejoindre ce dernier sur le Conseil d’administration et en tant que partenaire. Il bougea ensuite chez le Groupe IBL quand celui-ci fit l’acquisition d’Emmanuel Cadet & Cie.

Entre-temps, sa firme avait été investie de la mission de démanteler le service ferroviaire et de l’exporter en pièces détachées vers d’autres cieux.

C’est en 1975, vers cette même période, que sir Seewoosagur, Premier ministre de l’époque, prit la décision de révoquer toutes les administrations régionales, dont trois étaient sous le contrôle du PMSD de Gaëtan Duval, et ce afin de réduire l’influence politique de ce dernier. Des présidents et des commissaires prirent la place des maires et des conseillers. Roland Armand fut choisi pour prendre en charge les Villes Sœurs de Beau-Bassin/Rose-Hill. Il accepta malgré son emploi du temps très chargé et devait gérer ces villes avec la même rigueur qu’il employait dans sa vie professionnelle. Notre ami, l’historien Chit Dukhira en a témoigné.

Vint le moment où il fallut prendre la décision de mettre en valeur la piste du chemin de fer. Certains voulaient y construire des logements sociaux (CHA) mais Roland Armand réussit à les convaincre, ainsi que le gouvernement central, de l’utilité de créer un espace vert, un poumon pour les Villes Soeurs… une Promenade. Ainsi naquit la première promenade du pays, la fameuse Promenade Roland Armand. Celle-là même qui devait des années plus tard, après avoir abrité les efforts des jeunes joggers et les pas plus posés des anciens, succomber à l’assaut revanchard du rail qui venait réclamer sa piste… au grand dam de beaucoup d’amoureux de la nature.

LE PARC ROLAND ARMAND

Le gouvernement a annoncé la création d’un Parc Roland Armand sur 45 arpents, situé à l’arrière des bureaux du CEB, sur lesquels coule une rivière. On a déjà commencé à y placer des arbres transplantés de la promenade. Je voudrais proposer au gouvernement ainsi qu’aux forces vives, qui se sont affrontés dernièrement, d’enterrer la hache de guerre (Roland Armand aurait souhaité cela) et de travailler d’un commun accord pour faire de ce parc un bijou encore plus resplendissant de verdure que la promenade.

Un des fils de Roland Armand, le fleuriste professionnel Patrick Armand, qui opère Patrick’s Flower Design, a pignon sur rue non loin du parc; il serait concevable de lui octroyer un espace où il pourrait créer une pépinière et former des jeunes à son métier. Un célèbre riverain artiste comme Pierre Argo, de retour au pays, serait trop heureux de prêter main-forte. L’architecte Jean-François Koenig, dont la renommée a traversé nos frontières, ne refuserait jamais son soutien. Bref, mettons toutes les bonnes volontés ensemble et assurons-nous que ce Parc Roland Armand devienne un havre de paix dans une verdure omniprésente où tous, jeunes comme moins jeunes et familles entières, pourront se retrouver sous l’œil bienveillant de Roland Armand qui observera tout ceci de son petit nuage là-haut.

Faisons ceci MAINTENANT…..sans plus attendre!

PS: J’espère que dans une cinquantaine d’années, un autre gouvernement trouvera mieux que de convertir le Parc Roland Armand en Port spatial….!