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RÉFORME ÉLECTORALE: Le MMM et PTr d'accord, dans les faits, à 100% pour une bonne réforme électorale

"Que le PM confirme maintenant la présentation du projet de loi y relatif à la prochaine rentrée parlementaire"

Le MMM et le PTr étant "d'accord, dans les faits, à 100% pour une bonne réforme électorale", Paul Bérenger, leader de l'Opposition et du MMM, souhaite désormais que le chef du gouvernement et leader du PTr, Navin Ramgoolam, confirme la présentation, à la prochaine rentrée parlementaire, du projet de loi y relatif. M. Bérenger souhaite, de même, que le Dr Ramgoolam "précise sa position" par rapport à la seule question qui demeure, à ce jour, au chapitre de ce projet de Réforme électorale: le Best Loser System. Pour lui, il règnerait "une situation malsaine dans le pays" en raison justement de ce que le leader du MMM estime être les "zigzags" du leader du PTr par rapport à sa position sur le BLS.
M. Bérenger soutient que, "dans les faits", le MMM et le PTr sont "d'accord à 100%" pour une "bonne réforme électorale" avec comme noyau dur (i) une nouvelle Assemblée nationale comprenant 20 députés élus à la proportionnelle pour un Parlement comptant, au total, 82 membres; (ii) un seuil minimal de 10% pour chaque parti ou alliance de partis en vue d'aspirer à, au moins, un des 20 sièges devant être alloués selon le système de Représentation Proportionnelle (RP) adopté, et (iii) une réelle promotion de l'engagement des femmes en politique avec l'obligation faite à tous les partis qui s'affronteront aux Législatives d'aligner au moins une femme sur les trois candidats présentés dans chacune des 20 circonscriptions  de Mainland Mauritius.
"Une telle réforme est très importante pour le pays", insiste le leader de l'Opposition. Il soutient que la dose de proportionnelle souhaitée tant par le MMM que par le PTr ne pourra que (i) faire reculer le communalisme lors de l'organisation même de chaque élection; (ii) promouvoir la démocratie par le biais d'une meilleure représentativité numérique de chaque parti en fonction du nombre de suffrages réellement exprimés en leur faveur, et (iii) augmenter de façon appréciable la participation des femmes en politique. Maintenant que, déclare Paul Bérenger, le PM et leader du PTr est de retour au pays, son souhait est que Navin Ramgoolam "confirme" la présentation du projet de loi relatif à cette "bonne réforme électorale" doublement souhaitée par le MMM et le PTr "à la prochaine rentrée parlementaire" prévue pour le 20 mars.
Le leader du MMM – qui trouve que, ces derniers temps, son vis-à-vis du PTr "s'est donné des airs de moderniste" – estime que toute la population "et particulièrement les femmes" verront le "vrai visage du Dr Ramgoolam" si ce dernier se dérobait "sous prétexte du maintien ou pas du Best Loser System" ou encore sous la pression de ce que M. Bérenger qualifie de "lobbies réactionnaires." C'est ainsi qu'il souhaite que le PM et leader du PTr "précise sa position" par rapport à la seule et unique question qui demeure, à ce jour: celle du Best Loser. Pour lui, il règnerait "une situation malsaine dans le pays" en raison, justement, de ce que Paul Bérenger estime être les "zigzags" de Navin Ramgoolam à propos du Best Loser System.
M. Bérenger profite, au passage, pour démentir les propos du Dr Ramgoolam à Phœnix, dimanche dernier, à l'occasion de la fête célébrant la naissance du Saint Prophète de l'Islam, Mahomet (Mohammed), à l'effet qu'il (Navin Ramgoolam) serait le premier chef du gouvernement à avoir fait place au cabinet des ministres pour quatre musulmans. Il rappelle que depuis l'indépendance en 1968, la première fois qu'une telle chose s'est faite fut en juin 1982 au terme du premier 60/0 remporté par l'alliance MMM/PSM d'alors. Sur la question spécifique du Best Loser System, Paul Bérenger soutient que nul ne connaît la position exacte de Navin Ramgoolam. Pour ce qui concerne le PMSD de Xavier Duval qui, après avoir accepté la chose, explique maintenant qu'il est pour un rabaissement du seuil minimal de 10% des suffrages nationaux en vue de profiter de sièges alloués à la proportionnelle, le leader du MMM dit "ne pas s'en étonner."
Ironique, sous ce rapport,  il soutient que, même si l'on rabaissait jusqu'à 3% ce seuil, le parti de M. Duval "ne serait même pas capable de se faire désigner, ne serait-ce qu'un seul député, selon la Représentation Proportionnelle (RP)." Le leader du MMM juge, de même, "déplacé" le commentaire du leader du MMSD, Eric Guimbeau, comparant le Best Loser System à l'apartheïd en Afrique du Sud, à l'époque. "Je préfère croire, dit-il, que l'opposition du MMSD au maintien du Best Loser System tient au fait qu'Eric Guimbeau est réellement animé par un désir sincère de voir, dans les faits, se construire l'Unité nationale."

RP: "On utilise les résultats de Rodrigues pour faire peur"

Au chapitre des élections régionales de dimanche dernier à Rodrigues, M. Bérenger trouve que "certains" à Maurice instrumentalisent les résultats finals de ce scrutin dans la petite île "en vue de faire peur". Chiffres à l'appui, il soutient que l'on ne peut comparer la dose de proportionnelle à Rodrigues avec celle souhaitée et par le MMM et le PTr pour Maurice. Paul Bérenger explique que pour les élections à l'Assemblée régionale de Rodrigues, il n'y a au total que12 élus aux suffrages directs selon le système de First Past the Post (FPTP) pour une Assemblée généralement constituée que de 18 commissaires avec, normalement, que 6 autres désignés à la proportionnelle.
Or, soutient-il, pour la nouvelle Assemblée nationale à Maurice, le MMM et le PTr contemplent une réforme devant reconduire les 62 députés déjà élus directement au FPTP lors des élections générales, comme c'est le cas depuis les élections d'août 1967 pour l'indépendance, ajoutés à seulement 20 autres députés à la proportionnelle pour un Parlement de 82 sièges. Sans le dire explicitement, le leader de l'Opposition reconnaît que plus le nombre d'élus aux suffrages directs est moindre, plus cela pose un problème au parti qui remporte les élections de dégager une majorité suffisante en vue de gouverner dans la plus grande sérénité et sans contrainte. Ce qui devrait être le cas, affirme-t-il, avec la "bonne réforme électorale" sur laquelle le MMM et le PTr se sont, "dans les faits, accordés à 100%."
Le leader du MMM précise même que son parti ainsi que le PTr sont aussi tombés d'accord pour l'utilisation des "wasted votes" en vue de la détermination de la répartition des sièges à être alloués selon la proportionnelle. Revenant aux Régionales de Rodrigues, le leader de l'Opposition trouve, lui aussi, "with due respect to the Electoral Supervisory Commission(ESC)" qu'en fait, selon son interprétation du Rodrigues Regional Assembly Act, la répartition finale des sièges après l'exercice de désignation à la proportionnelle aurait dû permettre au parti rodriguais vainqueur de ce scrutin, l'Organisation du Peuple Rodriguais (OPR), d'obtenir 4 sièges additionnels plutôt que seulement 3.
"C'est la volonté du peuple que ces élections à Rodrigues ont été un scrutin serré", reconnaît aussi Paul Bérenger qui fait remarquer que seulement 1,537 votes séparent, en fait, l'OPR de son principal concurrent, le Mouvement Rodriguais (MR). Cela dit, le leader de l'Opposition dit que, pour ce qui concerne un 4e siège à être alloué ou pas à l'OPR, la Cour suprême tranchera maintenant que le parti de Serge Clair a fait comprendre qu'il entend porter cette affaire devant la Justice. M. Bérenger ne manque pas, au passage, de féliciter tant l'électorat que les élus de ce scrutin régional. Il demande aussi à l'ESC "d'enquêter" en vue de déterminer si l'ensemble des médias, "y compris la MBC", ont eu les mêmes chances pour couvrir, en toute sérénité et sur un pied d'égalité, ces élections dans la petite île. Pour le leader du MMM, ce n'est pas, comme cela a été rapporté, du rôle de ce qu'il appelle le "so called Independent Broadcasting Authority (IBA)" qu'incombe la tâche de veiller au bon déroulement d'une élection, mais de l'Electoral Supervisory Commission (ESC).


 

VISITE DU PM EN INDE : Bérenger"inquiet"par sa tournure

Paul Bérenger se dit à la fois "intrigué" et "inquiet" par la tournure qu'a prise, dit-il, la visite d'Etat du Premier ministre mauricien en Inde. Il explique que, normalement, pour toute visite de cette ampleur, le chef du gouvernement discute préalablement et s'implique par rapport à tous les changements souhaités. Ce que le leader de l'Opposition trouve "encore plus étonnant", est l'absence du ministre des Finances Xavier Duval lors de cette tournée, alors même que le Traité de Non-double Imposition liant l'Inde et Maurice allait être le principal sujet abordé durant cette visite.
Paul Bérenger affirme qu'il a même appris que ce dossier a été retiré de la responsabilité du ministre des Finances pour être confié à celui des Affaires étrangères, le Dr Arvin Boolell. D'où l'absence, dit-il, "inacceptable" de Xavier Duval en Inde. Ce qui, pour lui, n'équivaut ni plus ni moins à "une motion de blâme contre ce dernier." "S'il lui restait un peu de dignité, il aurait su quoi faire!", observe, sur un ton sévère, le leader de l'Opposition.
Il explique que cela ne s'arrête pas là puisque le ministre du Tourisme,  Michaël Si Yuen, n'était aussi pas de la partie. "Alors même que, poursuit-il, dans le cadre de la diversification de nos marchés touristiques, l'on ne cesse de citer l'Inde et la Chine comme les deux pays asiatiques susceptibles de fournir à Maurice le déficit d'arrivée que l'on doit rattraper, surtout, dans la perspective de la présente crise de la zone euro!"
Pour lui, le fait même que l'on aura appris aussi que le Dr Navin Ramgoolam a refusé d'approuver une prochaine visite programmée de M. Sik Yuen en Chine constitue, pour ce dernier et son parti, le PMSD, "une autre motion de blâme." Quant au Traité de Non-double Imposition Inde/Maurice, une Déclaration commune signée entre nos deux pays le 7 février comprenant 5 pages ne consacre que 4 lignes à cet important dossier pour, selon M. Bérenger, ne dire que tout ce qui est discuté continuera de l'être.
Paul Bérenger trouve, par contre, "très inquiétant" le ton de certains commentaires de la presse indienne au sujet des discussions autour que cette délicate question de Traité de Non-double Imposition. Il cite IBNLive qui titre, notamment, "Indo-Mauritius Talks Stuck". Le leader de l'Opposition trouve aussi que les interviews à la presse indienne données par le ministre du Commerce et de l'Industrie, Kader Sayed-Hossen, qui était du voyage en l'absence de son collègue des Finances, auraient été, par moments, "insultantes", selon lui, pour la partie indienne.
Tout cela pour dire que, pour le leader de l'Opposition, la manière dont le gouvernement PTr/PMSD gère l'économie du pays est "très inquiétante." "Surtout à un moment où, dit-il, comme prévu par le MMM, la crise s'accentue en cette année 2012." Paul Bérenger cite, sous ce rapport, la dernière analyse de MCB Focus qui a ramené à 3.6% sa prévision de croissance "et qui prévoit même que  celle-ci pourrait descendre en dessous de 3%" et que la crise est susceptible de perdurer au-delà de 2012.
"Avec un taux de chômage avoisinant les 8% et une balance des paiements globale négative pour la première fois depuis des années, au MMM, nous sommes profondément inquiets de l'amateurisme et de l'incompétence avec lesquels le PTr/PMSD gère l'économie du pays", conclut M. Bérenger.