Les discussions entre le gouvernement et l’opposition sur la réforme électorale reprendront mardi, a-t-on appris de sources bien informées. Comme cela a été le cas lors de la première rencontre, le gouvernement sera représenté par le Premier ministre Navin Ramgoolam et le Deputy Prime Minister Rashid Beebeejaun et l’opposition par le leader du MMM Paul Bérenger et le député Alan Ganoo. L’ancien VPM et ministre des Finances Rama Sithanen compte quant à lui terminer son cycle des consultations ce week-end avant de compléter son rapport sur la réforme électorale à la fin du mois, voire au début de février.
Les négociations en vue d’une réforme électorale ont atteint un stade très avancé. Les deux parties concernées sont d’accord sur le maintien du First-past-the-post (FPTP), l’introduction d’une dose de proportionnelle, une meilleure représentation des femmes au parlement et le maintien du nombre de circonscriptions à Maurice et à Rodrigues.
« L’objectif est de s’assurer que le gouvernement élu dispose d’une majorité claire pour pouvoir gouverner », a déclaré le Premier ministre au Mauricien en début de semaine. Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’il s’oppose à l’obligation des candidats à décliner leur appartenance ethnique au moment de l’enregistrement de leur candidature.
Navin Ramgoolam a également estimé que le système de représentation proportionnelle est incompatible avec le système de best losers. Il est d’avis que 20 députés choisis selon la party list suffisent à corriger les disproportionnalités constatées à l’issue des élections selon le système FPTP et d’assurer que toutes les composantes de la population mauricienne soient représentées au Parlement.
Dans les milieux du MMM, l’on aurait souhaité trouver un système plus simple que les votes non utilisés. « On aurait pu comptabiliser le pourcentage de votes obtenu par les principaux partis et procéder ensuite à la répartition des 20 sièges dans le cadre d’un party list system. Cependant, nous ne sommes pas bloqués sur la question de wasted votes qui en fin de compte ne donne pas des résultats très différents des pourcentages obtenus par les partis », a soutenu Paul Bérenger. L’on insiste également que le système de best losers ne doit pas être un obstacle à un accord sur la réforme électorale, d’où le souhait d’un accord à ce sujet.
Les regards sont par ailleurs tournés aujourd’hui vers Voice of Hindu et Mauritius Sanatan Dharma Temples, dont le président est Somduth Dulthummun. Les rumeurs voulaient qu’ils aient rencontrés le Premier ministre, mais elles ont vite été démenties au niveau de la Treasury House.
Rama Sithanen a pour sa part rencontré ces derniers jours des experts en matière électorale. Des rencontres sont prévues avec les représentants de Women In Networking et de Women In Politics. Il s’est aussi entretenu au téléphone avec Serge Clair et Nicolas Von Mally.
Dans une déclaration au Mauricien, Rama Sithanen affirme qu’il consacre beaucoup de temps à relire les rapports publiés dans le passé, notamment celui de Banwell et De Smith. « C’est incroyable comment les discussions à l’époque sont comparables à celles d’aujourd’hui », souligne-t-il. M. Sithanen a finalement affirmé que tous les partis et les personnes consultées jusqu’ici sont d’accord sur la nécessité d’une réforme tout en s’assurant que toutes les composantes de la nation soient intégrées.