Il n’aura fallu qu’une petite journée pour que l’entraînement champion lançat sa campagne 2016. Si Reim n’avait échoué que sur la troisième marche du podium lors de la journée inaugurale, c’est au vaillant Kremlin Captain qu’est revenu l’insigne honneur de mettre sur orbite la casaque bleu électrique et écharpe rouge dans l’épreuve principale samedi dernier. Ajouter à cela le succès de Van Der Scaler dans l’épreuve de clôture et voilà le champion en titre qui intègre le top 5 avec Rs 391 000 de stakesmoney.
Au vu du rythme des entraînements, d’aucuns s’accordaient à dire que l’entraînement Gujadhur vivrait un début de saison plutôt discret mais c’était sans compter sur le cheval de l’année 2015, qui a débuté la nouvelle saison comme il avait terminé la précédente, c’est-à-dire par une victoire dans un Benchmark 61. Bien qu’il ne soit pas apparu au sommet de sa forme, le fils de Captain Al a fait le boulot au terme d’un pillar to post dans The Gaëtan Halbwachs Cup. Il permettait du coup à Yashin Emamdee, son cavalier du jour, d’être le huitième jockey à l’avoir fait triompher sur notre hippodrome depuis ses débuts en 2014.
« Kremlin Captain est un grand cheval et je pense que c’est cela qui l’a fait remporter la victoire aujourd’hui. Pour moi, il était encore loin de son meilleur niveau. Il avait souvent l’habitude de courir en deuxième ou troisième position mais comme il n’y avait pas de chevaux rapides dans le champ, j’ai tenté ma chance à l’avant et je n’ai eu qu’à le monter dans la dernière ligne droite », nous a déclaré un Yashin Emamdee soulagé, samedi dernier. « Je dois dire que je ressentais un peu la pression avant la course, surtout après la défaite de Kurundu. Kremlin Captain un grand favori et le fait que presque tous les cavaliers qui l’ont piloté l’ont mené à la victoire a aussi joué sur mon moral mais heureusement que tout s’est bien passé », devait-il poursuivre.
Mukund Gujadhur, qui supervisait la journée en l’absence de son père Ramapatee (entraîneur) et son frère Gopal (assistant-entraîneur), tous deux absents du pays, s’est réjoui de ce nouveau succès, surtout par rapport à Yashin Emamdee, qui avait connu des heures sombres depuis sa blessure l’an dernier.     « Kremlin Captain a eu absolument tout en sa faveur. Quand on a regardé la carte, on a réalisé qu’il n’y avait pas de chevaux rapides. On avait alors conseillé à Yashin d’essayer de régler le pas s’il le pouvait car il serait alors très difficile à remonter. Je tiens à le féliciter car il est passé par des moments difficiles et il retourne dans le box des vainqueurs avec une victoire dans une course principale. C’est très bon pour son moral ».
Van Der Scaler presque deux ans après !
Il a cependant refusé de céder au triomphalisme car le champ paraissait largement à la portée de son champion. « Pour être tout à fait franc, je ne l’ai pas beaucoup aimé dans le paddock car je trouvais qu’il était plutôt maussade. Mais ce n’était qu’une course de Benchmark 61. Il a certes battu un très bon cheval en Recall To Life mais ce dernier aurait dû être vraiment spécial pour prétendre battre Kremlin Captain aujourd’hui. Il est un petit bijou et il demeure bien évidemment un de nos préférés pour tout ce qu’il nous a donné, notamment le titre de cheval de l’année. On est encore plus content de sa victoire aujourd’hui car il y a beaucoup de coursiers qui ont été titrés cheval de l’année mais qui n’ont pas renoué avec le succès par la suite. Il n’est cependant pas un sujet totalement sain et il faudra peut-être espacer un peu plus ses courses. Son rating est maintenant monté à 65 après cette victoire et on va essayer de viser une course de Groupe 1 prochainement ».
Si Yashin Emamdee n’a pas été mis à rude contribution dans la victoire de Kremlin Captain, le Mauricien devait en revanche sortir les grands moyens pour mener Van Der Scaler à bon port dans l’épreuve de clôture après une mise en action quelconque. « Je peux honnêtement dire que j’y suis pour beaucoup dans la victoire de Van Der Scaler. J’ai revu plusieurs de ses courses, surtout celle où il avait gagné avec Damien Oliver. Il l’avait gardé derrière ce jour-là pour venir gagner en slalomant dans la ligne droite. J’aurais aimé attendre au maximum pour le monter mais j’avais Bataan devant moi qui n’avançait plus et j’ai dû prendre une décision ». Interrogé sur le fait que son cheval avait beaucoup progressé par rapport à l’année dernière, notre interlocuteur nous a avoué qu’il ne connaissait pas beaucoup son cheval mais que ce dernier lui avait laissé une très belle impression à l’heure des galops et qu’il était assez confiant en ses chances.  
« Kurundu est encore un gros bébé »
Si Kremlin Captain et Van Der Scaler n’ont pas déçu, tel ne fut pas le cas de Kurundu, le grandissime favori de la deuxième épreuve. De son septième couloir, le jeune protégé de Ramapatee Gujadhur a eu toutes les peines du monde à bien se positionner, se montrant même très ardent en descente mais le meilleur reste à venir pour lui, si l’on se fie aux dires de son jockey. « J’ai été bien déçu de la prestation de Kurundu. Je n’ai pas vraiment eu à le solliciter au départ vu que je voulais lui trouver une position sur les barres mais Halabaloo a insisté à son intérieur. Il n’a pas du tout apprécié d’évoluer en épaisseur puisqu’il était en train de hang in tout au long de l’épreuve. Il me donne l’impression d’être encore un gros bébé mais je n’ai aucun doute qu’il fera très bien au Champ de Mars une fois qu’il aura bien cerné notre piste ».
Après une campagne 2015 cauchemardesque, Yashin Emamdee démarre le présent exercice de la plus belle des manières, un véritable pied de nez à tous ses détracteurs selon ses dires. « C’est un grand encouragement pour moi de remporter deux courses, surtout après une année d’absence. Il y avait beaucoup de rumeurs qui circulaient à mon sujet. On disait que Yashin Emamdee était fini, qu’il avait de gros problèmes de dos et qu’il ne pouvait plus monter. Heureusement, Ramapatee Gujadhur m’a fait confiance et je l’en remercie. Je dois maintenant m’occuper de mon fitness afin de remporter le maximum de courses pour mon employeur ».