RAMAPATEE GUJADHUR : Steven Arnold en poste jusqu’au Barbé ?

L’entraînement Gujadhur s’est adjugé sa 9e victoire de la saison samedi dernier avec Cape Horn qui enregistrait, lui, sa troisième victoire en quatre sorties. Mais l’heure n’était visiblement pas à la réjouissance. Bien au contraire, c’est un tableau sombre qu’a dépeint Ramapatee Gujadhur en ce qui concerne son établissement. « On craint le pire », a-t-il déclaré sur le circuit interne de retransmission du Mauritius Turf Club à l’issue de la victoire de son poulain.
Ramapatee Gujadhur faisait référence au gros problème d’effectif (voir hors texte) qu’il a sur les bras actuellement, surtout avec les nouveaux qui sont contrariés par des ennuis de santé. Vu la situation, il se voit dans l’obligation de revoir ses plans et compte avoir une discussion avec son jockey Steven Arnold dans les prochaines semaines pour voir si c’est dans l’intérêt des deux parties de poursuivre l’aventure.
« Je ne veux pas garder un jockey de la trempe de Steven Arnold pour monter que deux ou trois chevaux par journée. Je ne veux pas qu’il se décourage aussi », a fait comprendre l’entraîneur. « C’est dommage, car on a fait venir Steven parce qu’on pensait qu’on avait suffisamment de bons chevaux pour être compétitifs, surtout dans les classiques. On comptait beaucoup avec les nouveaux mais on a joué de beaucoup de malchance. Ce sont des choses qui arrivent et on doit l’accepter », ajoute Ramapatee Gujadhur. Il s’est toutefois empressé de rassurer les fervents supporters de la casaque bleu électrique et écharpe rouge que Steven Arnold sera bien présent pour la deuxième classique le 8 juillet. « Je voudrais qu’il monte pour le Barbé, mais pour la suite, il faudra qu’on en discute. »
Le principal concerné confirme les propos de son employeur. « We have indeed been facing some bad luck concerning our horses, especially the new ones who have been going through injuries. It is scheduled that we have a talk in the coming weeks. We want to work on something that would be viable to both parties. But I will be here for the Barbe and I’m looking forward to Kremlin Captain », assure l’Australien sans entrer dans plus de détails.
Kremlin Captain spot on
Il a cependant bien voulu éclairer les turfistes quant aux dispositions actuelles de Kremlin Captain. « I think he is in great form. His first run has topped him off nicely. He is quite fit now and he doesn’t have to train too much. He just comes to the track once a week and has his gallop. The other day he had the opportunity to make a grass gallop. I think he is in very good order right now », indique la cravache australienne. Interrogé au sujet de la raison derrière sa non-participation dans Le Trophée du Bicentenaire, Arnold explique : « I think the trainer wants to space his runs. He is not getting any younger you know (laughs). He has got a solid career. According to me, they just want to give him more time between his runs and have him spot on for the D-Day. »
En attendant que Kremlin Captain marque d’une pierre blanche son aventure mauricienne, c’est Cape Horn qui lui fait vivre ses meilleurs moments au Champ de Mars. Ce jeune compétiteur a encore une fois donné un aperçu de ses qualités en s’imposant avec une certaine autorité dans The Serge Henry Cup, quand bien même il montait de classe et avait un lourd handicap sur le dos. Pour Steven Arnold, c’est seulement sa 7e ligne qui était source d’inquiétude. « Had he had a nice draw, I would have been confident », lance-t-il. « But still it was a good effort to go up in class and still win. As I said last time, he is only a 3-year-old. He seems to have a bright future here and I have no doubt that he will mature into a very nice 4-year-old next year », prédit l’Australien.
Maintenant que Cape Horn a démontré qu’il peut aussi venir de loin, quel pourrait être son best racing pattern ? À cette question, notre interlocuteur répond : « It all depends on the barrier. From a good barrier draw, he can follow handy which is obviously a big advantage on a track like the Champ de Mars. With a good barrier draw, I would definitely not take him back but rather just let him happy. But from a wide barrier draw, as it was the case on Saturday, I would have no other alternative than to drop him back in the field. On such a track, if you do not have some luck early on in the race, especially round the first bend, it is very difficult for a horse to run and score. »
Ramapatee Gujadhur a tenu à saluer la monte de son jockey. « Cape Horn semble notre meilleure acquisition. Peut-être parce qu’il est sain (rires). Steven a fait une très belle course. Quand il a vu qu’il y avait beaucoup de chevaux qui insistaient pour prendre les devants, il s’est rabattu tranquillement à la corde. Cette fois, il a gagné dans un style plus convaincant. Avec déjà trois victoires à son actif, je crois qu’on ne peut lui demander mieux. Reste que lorsqu’il ne court pas, on ne gagne pas de courses. »
Satisfaction
Une demi-heure avant la course de Cape Horn, Steven Arnold avait une belle carte à jouer avec Lord Al, qui fut installé favori de The Mon Trésor Smart City Souvenir Trophy couru sur un kilomètre. Avec son couloir 1, tous les feux semblaient au vert pour que le fils de Captain Al renoue avec le succès, mais à l’arrivée, c’est une modeste 4e place à 3,40L de l’étonnant Brachetto, qui lui est revenue. « He disappointed us a little bit. He is probably getting old now and he is feeling some wear and tear on itself. He travelled well into the race but he didn’t finish in the straight and just plodded. We’ll see how he pulls up after that run and thereafter do the planning accordingly », affirme l’Australien.
Avec sa première ligne, n’aurait-il pas été plus judicieux d’essayer de tenter crânement sa chance à l’avant, surtout que Lord Al se montre plus percutant quand il peut imposer sa loi ? « Obviously I would have been quite happy to lead but a couple of the horses were too fast for him. I had a position just behind them but as I said, he just couldn’t finish off the race », répond Steven Arnold.
De Bastille Day, 3e à 5,75L de Tareek dans The Omnicane Energy Souvenir Tophy, l’Australien dira que ce cheval a fait son temps et que ses beaux jours sont désormais derrière lui. « Actually I followed the winner (ndlr : Tabreek). I got into the race nicely and I thought he would finish hard but in the last hundred metres he just couldn’t sustain his effort. He’s getting old and I don’t know where his future lies. Personally I don’t think he has got many runs left in the legs. »
Steven Arnold se dit satisfait de sa performance jusqu’ici au Champ de Mars, même s’il pense qu'elle est loin d’être flamboyante. « I think it’s fairly good with seven winners. It’s quite steady without being brilliant. For sure I would have wished to ride more winners but the most important thing is that we have won the races we thought we were able to win. »


Force de frappe diminuée
Avec le nombre de chevaux qui se trouvent à l’infirmerie au sein de établissement, Ramapatee Gujadhur n’est pas passé par quatre chemins pour faire comprendre que la casaque bleu électrique et écharpe rouge n’a pas les moyens de jouer les premiers rôles lors des prochaines journées. « Officiellement nous avons 38 chevaux mais, malheureusement, il y a une quinzaine qui ne sont pas sains et plusieurs de ceux-là dans la même catégorie », déplore l’entraîneur. De cette liste figurent nombre de nouveaux qui auraient pu apporter leur pierre à l’édifice.
« On avait beaucoup d’espoir sur Enaad mais il a un gros problème. Pas un problème de santé, mais il n’arrive pas à s’étendre convenablement. Ready To Attack a, comme tout le monde le sait, aussi connu des ennuis. Il a repris l’entraînement mais on pense qu’il ne courra pas avant six à huit semaines. Malak El Moolook a eu une tendinite et a été mis au repos complet. Silver Snaffles (ndlr : 3e dans la Duchesse) a rencontré des ennuis, alors que Paladin a un problème respiratoire et ne transpire pas. Ajouter à cela les Bulsara, Vettel et compagnie qui se font vieux. Dans notre yard, il y a une quinzaine de chevaux qui en sont à leur quatrième voire cinquième année. Ce n’est pas facile. Il faut donc être réaliste. Je pense qu’on va terminer la saison très péniblement », conclut Ramapatee Gujadhur.