RAPPORT DE LA BOM : Les risques à la stabilité financière ont légèrement diminué

La banque centrale note une amélioration au niveau de l'endettement des ménages et des entreprises
  • Prévision maintenue concernant la croissance économique 2017 : entre 3,8% et 4%

L'édition de mai 2017 du Monetary Policy and Financial Stability Report que vient de rendre public la Banque de Maurice (BoM) établit que le système financier à Maurice demeure solide, avec un secteur bancaire « adéquatement capitalisé », ajoutant cependant que certains indicateurs de solidité financière sont encore faibles. Évalués fin mars 2017, les risques à la stabilité financière ont légèrement diminué, estime la banque centrale, un développement attribuable à une amélioration des ratios d'endettement des ménages aussi bien que des entreprises. La BoM anticipe de meilleures perspectives pour l'économie domestique sur la base de l'exécution de divers projets infrastructurels et un climat des affaires plus favorable. Elle maintient ses prévisions concernant la croissance 2017, qui devrait se situer dans la fourchette de 3,8% à 4%.
La BoM estime que l'économie mauricienne s'est renforcée et que l'écart entre la croissance actuelle et la croissance potentielle a diminué. « While the economic environment remains challenging, activity is expected to benefit with a projected rebound in the construction sector and spillover effects to other sectors of the economy. » La BoM s'attend à un taux de croissance se situant entre 3,8% et 4%. Elle observe que le taux d'inflation est resté bas et pense que les pressions inflationnistes seront toujours contenues, tout en tenant compte de la montée des prix des produits alimentaires et des coûts de l'énergie. Le déficit des comptes courants de la balance des paiements a été financé comme il se doit par des flux financiers, sans pression outre mesure sur le taux de change de la roupie. Cependant, la hausse des prix des produits alimentaires et pétroliers aura des répercussions négatives sur le déficit commercial.
S'agissant du taux d'investissement, écrit la BoM, une augmentation a été enregistrée en 2016 grâce à un rebond de l'investissement privé. Mais, excluant cette progression, le taux d'investissement, affirme la banque centrale, est « still low ». Les autorités bancaires pensent que les méga-projets annoncés pour 2017 « donneront un coup de pouce » au taux d'investissement. Des retombées positives sur la croissance économique future sont attendues.
Evoquant l'endettement des ménages, le rapport de la BoM relève que le ratio dettes/revenus disponibles a baissé l'année dernière vu que les facilités de crédit offertes et utilisées par les ménages ont augmenté légèrement comparativement aux revenus disponibles. « The decline in the household debt-to- disposable income points to a relatively lower risk to financial stability arising from indebtedness of households », soulignent les autorités bancaires. Cependant, tout en notant que des politiques macro-prudentielles sont en place pour prévenir tout endettement excessif des ménages, le rapport entre les dettes et les revenus disponibles des ménages reste potentiellement vulnérable à des chocs macroéconomiques.
La BoM fait ressortir que le coût du service de la dette des ménages a diminué suite à la baisse du taux d'intérêt directeur, qui a influé positivement sur le taux d'intérêt frappant les emprunts. Cela a été bénéfique au pouvoir d'achat des ménages. « The low interest rate environment should continue to support hoseholds in servicing their debt », indique la banque centrale. Mais cette dernière est, malgré tout, d'avis qu'il faut continuer à suivre de près l'évolution de l'endettement des ménages en vue d'établir les risques qu'il peut poser à la stabilité financière.
Pour ce qui est des entreprises, l'analyse des données fait voir que le processus de désendettement se poursuit pour les grands groupes, même si certains continuent d'opérer avec des ratios d'endettement relativement élevés. Avec le repli de la croissance des crédits, le ratio de la dette des entreprises et le Produit intérieur brut du pays a fléchi. « While corporates continue to operate in a challenging economic environment, protability has fallen somewhat as shown by the decline in return-on-equity and lower coverage of interest payments », indique le rapport de la BoM. Celle-ci considère que la baisse du taux directeur en juillet 2016 a eu pour effet une diminution des frais financiers des entreprises, leur donnant un ballon d'oxygène en termes de « cash flow ». Mais, prévient la banque centrale, « corporates remain vulnerable to unfolding of macroeconomic scenarios on the global as well as domestic front ». Selon la BoM, l'amélioration des perspectives économiques devrait aider à la consolidation de la situation financière des entreprises.
Le Monetary Policy and Financial Stability Report de mai dernier fait remarquer que les banques à Maurice sont toujours bien capitalisées, avec un taux d'adéquation du capital supérieur au minimum réglementaire. Le ratio s'élevait à 17,5% fin décembre 2016, contre 17,8% en décembre 2015. La profitabilité des banques s'est aussi améliorée, le retour sur fonds propres étant plus élevé alors que les banques disposaient de liquidités adéquates. Toutefois, poursuit la BoM, les banques restent exposées aux risques de concentration de leurs opérations, surtout vis-à-vis de gros emprunteurs qui sont, par ailleurs, « interconnected ». Le rapport observe que les « financial soundness indicators point to lingering weaknesses associated with high non-performing loans ratios pertaining to both domestic and cross- border credit, a decline in the coverage ratios, and bank claims on the private sector being contingent to credit concentration risk ».
Analysant également la qualité des actifs des différentes institutions acceptant des dépôts, la BoM constate une amélioration, surtout au dernier trimestre 2016. Le ratio des créances douteuses de ces institutions a baissé, passant de 8% fin juin 2016 à 7,8% fin décembre 2016, « reflecting a decline in the level of non-performing loans », précisent les autorités bancaires.