L’édition 2015 du rapport sur le développement humain, rendue publique récemment par le Programme des nations Unies pour le Développement (PNUD), place Maurice au 63e rang mondial sur un total de 188 pays. Au niveau du continent africain cependant, Maurice se retrouve à la première place, devant les Seychelles.
L’indice de développement humain attribué à Maurice est de 0,777 (sur un maximum d’un point) et le pays se retrouve coincé entre la Malaisie (62e, avec un score de 0,779) et les Seychelles (63e, avec 0,772). Classé dans la catégorie des pays à développement élevé (ceux dont l’indice se situe dans la fourchette de 0,700 à 0,800), Maurice est précédée de 13 pays, dont la Russie, Oman, la Roumanie, l’Uruguay, les Bahamas, la Bulgarie et la Malaisie.
C’est la Norvège qui occupe le premier rang mondial avec un indice de 0,944, devançant ainsi l’Australie (0,935), la Suisse (0,930), le Danemark (0,923) et les Pays-Bas (0,922). Ces pays font partie d’un groupe de 49 dont le développement humain est considéré comme étant très élevé. La liste comprend les économies développées dont l’Allemagne, les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, la France, l’Italie ainsi que bon nombre de pays arabes. On notera que la Chine se classe, elle, 90e avec un score de 0,727 alors que l’Inde se retrouve à la 130e place avec un indice de 0,609.
À l’échelon africain, Maurice précède les Seychelles et l’Algérie. Ces trois pays, sur un total de 54, sont parvenus à se classer dans le groupe des pays « développés ». On dénombre 14 autres pays « moyennement développés », dont la Tunisie, le Gabon, le Maroc et l’Algérie. Quant au groupe de pays « peu développés » au niveau du continent africain, les observateurs relèvent « le classement peu glorieux » de la Côte d’Ivoire en dépit de sa bonne performance économique.
Intitulé “Le travail au service du développement humain”, le rapport 2015, indique le PNUD, examine les liens, positifs et négatifs, entre le travail et le développement humain dans un monde en rapide évolution. La globalisation rapide, les transitions démographiques et beaucoup d’autres facteurs créent de nouvelles opportunités mais présentent aussi des risques. Le rapport étudie la manière dont les bénéfices de ce nouveau monde du travail sont repartis inégalement, ce qui génère des gagnants et des perdants.
Le rapport plaide pour une notion de travail élargie qui aille au-delà du cadre de l’emploi, et ce pour faire face à la fois à des défis persistants comme les privations humaines, les inégalités, le manque de durabilité et les inégalités entre les sexes dans le travail rémunéré et non rémunéré – ainsi qu’à des défis émergents –, l’érosion des emplois, les écarts des compétences, le changement climatique et autres. Il conclut avec une série de recommandations de politiques publiques sur la manière de renforcer le progrès humain à travers la promotion des droits des travailleurs et un accès élargi à une protection sociale. Pour Helen Clark, administratrice du PNUD, il y a un besoin d’opportunités de travail plus inclusives et plus durables. « Un travail décent contribue à la fois à la richesse des économies et à celle des vies humaines. Tous les pays ont besoin de relever les défis que pose le nouveau monde du travail et de saisir les opportunités qu’il offre pour améliorer les conditions de vie et les moyens d’existence », fait-elle ressortir.
Le rapport 2015 indique, entre autres, que : a) sur les 7,3 milliards de personnes dans le monde, 3,2 milliards ont un emploi alors que beaucoup d’autres sont impliquées dans du travail de soins non rémunéré, du travail créatif ou bénévole ainsi que d’autres activités; b) 2 milliards de personnes ont pu sortir d’un faible niveau de développement humain au cours des 25 dernières années; c) 830 millions d’individus sont considérés comme des travailleurs pauvres vivant avec moins de USD 2 par jour; d) plus de 200 millions de personnes, dont 74 millions de jeunes, sont sans travail; e) 61% des personnes qui travaillent n’ont pas de contrat; f) 27% de la population mondiale bénéficie d’une protection sociale complète; g) sur 4 heures de travail non rémunéré, les femmes en prestent trois 3; h) 7 milliards de personnes sont aujourd’hui abonnées à un service de téléphone mobile.