RÉACTIONS SYNDICALES

Le directeur du PRB, Mohun Parsad Aujayeb (à gauche) remettant une copie de son rapport au ministre Sutyadeo Moutia (à droite) en présence du Senior Chief Executive du ministère, Sateeaved Seebaluck (au centre)

SUTYADEO MOUTIA (MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE) : « La révision salariale payée in toto »
Le gouvernement se propose de payer le montant de la moyenne de 22 % d’augmentation de la révision salariale préconisée par le Rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2013 dans sa totalité (in toto) à compter de janvier 2013. C’est ce qu’a annoncé hier le ministre de la Fonction publique, Sutyadeo Moutia, lors d’une cérémonie à son bureau marquant la remise des copies du rapport aux syndicalistes.
« Azordi, zot pou dakor avek mwa ki kriz ekonomik finn anpire dan lemond kouma en Espagne, en Grèce, la France, l’Italie, l’Allemagne ek les États Unis… Ici, a Moris, nou ankor ena positive growth ek Premie minis Navin Ramgoolam pe asire ki rapor PRB 2013 inplemant in toto ankor enn fwa », a déclaré le ministre Sutyadeo Moutia, entouré du Senior Chief Executive de son ministère, Sateeaved Seebaluck, du directeur du PRB, Mohun Parsad Aujayeb, et d’autres hauts fonctionnaires.
« Bann kamarad sindikalis pou rapel ki an 2008 pou dernie rapor PRB, sertin ti pe dir ki bizin pey PRB an de trans, parski sitiasyon ekonomik pa ti bon ditou lor plan internasyonal. An 2004, kot kriz ekonomik mondial pa ti ekziste, ti pey an trans. Me Premier ministre Navin Ramgoolam ti insiste ki pey revisyon saler dan PRB 2008 in toto », a rappelé le ministre.
Sutyadeo Moutia a affirmé n’« avoir aucun doute » que les fonctionnaires vont reconnaître cet effort du gouvernement à payer l’augmentation de salaire préconisée par le PRB dans sa totalité. « An retour nou pe atann ki zot amelior prodiktivite, zot pou pli efikas dan travay afin ki le piblik gagn satisfaksyon ! », a-t-il espéré.
Selon le ministre, le Rapport du PRB 2013 a créé les conditions nécessaires pour rendre la fonction publique davantage performante : il modernise la fonction publique, retient les talents, augmente la productivité et améliore les conditions de service des fonctionnaires, tout en prenant en considération le besoin de formation. « Nou pe ousi revwar ek redwir letan ki pran pou finaliz enn Scheme of Service, ki parfwa pran plis ki sis mwa », a-t-il ajouté.
Dans le sillage de la publication du Rapport PRB 2013, son ministère a décidé de mettre sur pied un Implementation and Monitoring Committee, sous la présidence du Senior Chief Executive de son ministère, Sateeaved Seebaluck, qui aura pour principale attribution de veiller à ce que les recommandations de ce rapport soient mises en œuvre « dans un délai raisonnable ».
« Enn bann lekip pou travay d’arrache-pied pou fer enn rezime bann grandes lignes du Rapport ek nou pou asire ki sak ofisie li sifizama linforme pou ki li kapav ekzers so opsyon », a encore promis Sutyadeo Moutia. Il a aussi annoncé l’institution d’un Help Desk à son ministère qui sera à la disposition des fonctionnaires pour davantage d’éclaircissements afin de pouvoir remplir leur Option Form.
Le ministre avait auparavant annoncé que la moyenne d’augmentation de salaire préconisée par le Rapport PRB 2013 est de 22 %. « Mo fer enn lapel mo bann kamarad sindikalis pou ki zot konpran ki zefor dan enn kontex aussi difisil gouvernma pe fer pou inplemant sa rapor-la a partir zanvie 2013 ! »
Mohun Parsad Aujayeb a ensuite officiellement remis au ministre une copie du rapport que celui-ci a remis à son tour aux syndicalistes présents.


 

RAM NOWZADICK (NURSING ASSOCIATION) : « Un bis repetita de 2008 »
« C’est un Cut/Copy and Paste du rapport de 2008 », soutient Ram Nowzadick, secrétaire général de la Nursing Association. « Grosso modo, à part l’augmentation, les propositions des employés du secteur de la Santé n’ont pas été retenues ». Bien qu’accueillant l’augmentation préconisée par le rapport, il remarque que les nombreuses discussions enclenchées avec le directeur du PRB, « n’ont pas été concluantes ». « Nous avons proposé un salaire d’au moins Rs 18 000 en vue de valoriser le métier mais aussi pour récompenser nos efforts. Nous travaillons énormément et c’est un métier qui demande surtout de la patience. Nous sommes très déçus car une augmentation de 22 % ne suffit pas, et cela l’est encore moins pour les infirmiers. »
S’agissant de l’appellation des Health Care Assistants créant une confusion avec le statut de Health Care Attendant, M. Nowzadick soutient que le changement d’appellation ne figure pas dans le rapport. « Le rapport 2013 a été bâclé, surtout en ce qui concerne la Santé. »


YAHYA PARAOUTY (UPSEE) : Appel lancé pour que le rapport soit revu
La Union Of Private Secondary Education Employees (UPSEE), qui affiche clairement sa déception concernant les propositions du rapport, a lancé un appel au directeur de cette instance afin qu’il y ait une meilleure grille de salaire pour les employés du secteur de l’Éducation. « C’est un sentiment de colère qui nous anime car sur les dix-huit mois de préparation de ce rapport, nous n’avons noté aucun effort », soutient Yahya Paraouty, président de l’Upsee. « Nu mem ti kapav fer rapor-la », a-t-il lancé. Selon lui, aucune proposition de l’Upsee n’a été prise en considération. Outre le rallongement de la période d’Annual Leave dont bénéficient les employés de ce secteur, l’Upsee déplore également que les demandes de congé durant le troisième trimestre n’aient pas été prises en considération. « Pourtan nu annual leave ti considere par bann PSSA et ministère de l’éducation », soutient-il. L’Upsee rejette catégoriquement le rapport. « Mo dord finn done pou ki personn napa sign option form. PRB pou bizin reget so bann propozision. »


JEAN-MARIE LAVIOLETTE (UMW) : « Le piétinement des salaires »
Le président de l’Union of Municipalities Workers (Rose-Hill), réagissant à la suite de la présentation du rapport du PRB, pointe du doigt l’écart qui se creuse entre les employés du gouvernement. Selon Jean-Marie Laviolette, l’augmentation proposée après quatre ans, serait de Rs 30 mensuellement. « C’est une véritable honte. Tipti pe ress tipti mem ! » Pour cet employé de la municipalité de Port-Louis, ce rapport ne favoriserait que les cadres.


GEORGES AH-YAN (LEADER DU FCL) : « Aucun encouragement pour ceux au bas de l’échelle »
Le travailleur social et leader du Forum des Citoyens Libres (FCL), Georges Ah Yan, soutient qu’avec les propositions du PRB, c’est un sentiment de révolte animé par la déception qui habite de nombreux Mauriciens. « Aucun encouragement pour que ceux au bas de l’échelle deliver the goods », observe-t-il. Avec l’écart des salaires, ce sont principalement ceux de la classe moyenne qui souffriront d’une éventuelle hausse des prix. « Aucune des attentes des fonctionnaires n’a été prise en considération », remarque-t-il. Selon M. Ah Yan l’introduction d’un seuil pour un salaire minimum décent est plus que nécessaire.


AMIRAN IQBAL (SEF) : « Le rapport n’a pas réussi à bridge the gap »
« Les propositions du PRB sont une occasion manquée pour les travailleurs au bas de la hiérarchie qui n’ont pas été valorisés », soutient Amiran Iqbal, secrétaire général de la State and Other Employees Federation (SEF). Ce nouveau rapport, dit-il, qui fait état « d’augmentation peanuts, ne réussit même pas à permettre aux employés de rattraper la baisse du pouvoir d’achat. C’est une frustration énorme dans la fonction publique car même les conditions de service n’ont pas été revues ». Bien que reconnaissant le travail du PRB, la SEF déplore la « disparité criante » qui règne autour de ce dossier.


JAYEN CHELLUM (ACIM) : « Augmentation des prix à prévoir »
« La hausse des salaires, favorisant plus d’argent sur le marché, risque de créer l’inflation », observe Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des Consommateurs de l’Île Maurice. « Les Mauriciens doivent être plus prudents et comparer les prix surtout lors de gros achats. » Et de lancer : « Il faut que le public prenne conscience du rôle qu’il joue sur le marché. »


 

JANE RAGOO (présidente de la CTSP) : « On pousse les travailleurs du privé à la révolte ! »
« En janvier 2013, les 84 000 fonctionnaires, les 25 000 retraités du gouvernement, les employés des collectivités locales et ceux des 92 corps parapublics bénéficieront d’une augmentation de salaire moyenne de 22 %, soit une hausse se situant de Rs 900 à Rs 48 000 par mois ; alors que les 550 000 travailleurs du secteur privé n’obtiendront qu’entre Rs 300 et Rs 345. Une compensation ridicule qui a déjà été absorbée par les hausses de prix qu’ils ont subies entre janvier et août 2012. Mais ce sont les contribuables dans leur ensemble – ceux qui travaillent dans le secteur public et surtout la grande majorité qui exercent dans le secteur privé et qui s’acquittent de la taxe – qui paient cette révision salariale du PRB.C’est une injustice flagrante ! On pousse les travailleurs du privé à la révolte ! Un gouvernement ne peut continuer à perpétuer une telle discrimination envers son propre peuple ! Ajoutons à cela que le secteur privé est géré par 30 lois salariales différentes, soit les 30 Remuneration Orders (RO) sous le National Remuneration Board (NRB). Certains de ces RO n’ont pas été révisés depuis 25 ans alors que le PRB l’est tous les cinq ans au moins.
Il y a pire : à la National Transport Corporation (NTC), le personnel d’encadrement (soit le staff) bénéficie de la manne du PRB, tandis que les manuels (chauffeurs, receveurs et autres cleaners) – ceux-là même qui travaillent sur le terrain pour faire entrer de l’argent dans la compagnie – ne bénéficieront de rien, car leur RO n’est pas révisé.
Autre discrimination : au PRB, une armée a pris 18 mois pour réviser qu’une seule loi, un exercice qui se fait tous les cinq ans. Tandis qu’au NRB, il y a un manque flagrant d’effectif pour réviser 30 lois (RO), mais cela que si le ministre le veut. Est-ce que ce n’est pas révoltant ? »


 

BRUNO DORASAMI (SYNDICAT AGRICULTURE) : « Pas de valorisation des petits travailleurs »
Bruno Dorasami, président de la Union of Employees of the Ministry of Agriculture, se dit déçu par le PRB 2013. Il explique que les petits et moyens fonctionnaires s’attendaient à un changement concernant leurs conditions de travail, mais ils sont restés sur leur faim. « Il n’y a pas eu de valorisation des petits travailleurs. Il n’y a aucune recommandation pour améliorer notre situation. »
Il fait référence à certaines catégories de fonctionnaires qui auront désormais droit à une voiture hors taxes, alors que d’autres n’ont « même pas droit à une motocyclette hors taxes. » Il estime que des dispositions devraient être prises pour que les petits fonctionnaires aient aussi droit à une voiture hors taxes « au moins une fois au cours de leur carrière. »
Bruno Dorasami se dit également déçu concernant la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), nouvellement créée. « Les recommandations ne reflètent pas le travail entrepris, particulièrement avec les changements qu’il y a eu dans ce secteur. »
Le président de l’Union of Employees of the Ministry of Agriculture est d’avis que les petits fonctionnaires auraient dû avoir un salaire décent pour leur permettre de faire face au coût de la vie.


 

SOONDRESS SAWMINADEN (UNION OF RECTORS) : « Pas de motivation pour faire face aux défis »
Pour Soondress Sawminaden de la Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools, le PRB 2013 n’est qu’une photocopie de l’exercice de 2008. À ce titre, estime-t-il, « il n’y a pas eu de job analysis pour voir les nouveaux défis dans le secteur de l’éducation. Au final, le PRB n’apporte aucun changement dans notre condition de travail, à part un ajustement salarial. »
Soondress Sawminaden est d’avis que l’Errors and Omission devra tenir compte du contexte difficile dans lequel évoluent les enseignants et les recteurs aujourd’hui. « Nous savons tous qu’il y a un gros problème de discipline dans les collèges de nos jours. Nous avions fait la demande pour nommer un discipline master, mais rien n’a été fait en ce sens. »
Le président de la Union of Rectors déplore ainsi le manque de motivation pour faire face aux défis du jour dans le secteur éducatif. Il regrette également que la requête du syndicat pour qu’un Deputy Rector n’ait pas à enseigner dix classes par semaine n’ait pas été acceptée. « Cela perturbe énormément le travail administratif. »
Dans une telle conjoncture, Soondress Sawminaden se dit sceptique quant à la réforme annoncée de la fonction publique. « Ce rapport est bien vague, c’est un eyewash. J’espère que l’Errors and Omission apportera les corrections nécessaires afin d’améliorer le service et motiver les recteurs. »


 

ASHOK SUBRON (GWF) : « Une indécence bafouant toute justice sociale »
« La proposition de la révision salariale du PRB est une indécence qui bafoue toute justice sociale. Une bande de hauts cadres, bureaucrates et parasites est en train de vampiriser les ressources publiques alors que les travailleurs au bas de l’échelle et ceux de la classe moyenne obtiendront zéro augmentation salariale en termes réel. L’ultralibéralisme gangrène et fracture notre société. Nous allons vers une société à deux vitesses. Le directeur du PRB
Mohun Aujayeb a tenté d’émuler le secteur privé avec la plus grosse part du gâteau aux plus grands, les petits travailleurs n’obtenant que peanuts. Le rapport pose un sérieux problème avec certains types d’employés dans la fonction publique qui ne sont pas valorisés. Le gouvernement doit ouvrir les négociations avec les syndicats et non pas imposé des recommandations unilatérales. »   


 

Georges Chung Tick Kan (économiste): «Comment l’économie va-t-elle digérer le PRB?»
«Il faudra voir au cours des prochaines années comment l’économie mauricienne va digérer la mise en application des recommandations salariales du PRB. Si la performance du service civil ne s’améliore pas, il est certain que l’économie va souffrir d’une indigestion aggravée.
Nous aurons à mesurer la mise en pratique du rapport du PRB sous divers angles: les retombées sur un déficit commercial déjà en détérioration structurelle, l’effet indirect sur les salaires dans le privé, l’impact sur la compétitivité de Maurice, entre autres. Tout compte fait, le rapport du PRB aura un impact significatif sur les fondamentaux de l’économie
Le grand défi auquel les fonctionnaires auront à faire face c’est le fait de tout mettre en œuvre pour que le pays soit plus compétitif. Sinon, le secteur civil aura à porter de lourdes responsabilités pour toute détérioration des fondamentaux de notre économie. Par ailleurs, on est surpris de constater dans une conjoncture aussi difficile,qu’on peut augmenter les salaires des fonctionnaires de manière aussi brusque. La digestion risque d’être très difficile à mon avis.
Une injection de Rs 4,6 milliards aura une incidence sur le déficit budgétaire qui tourne autour de Rs 10 milliards. J’aimerai savoir comment le vice Premier et ministre des Finances va pouvoir boucler l’exercice budgétaire 2013. C’est un autre facteur à considérer dans ce débat ».


 

MAHENDRASINGH BAROSA (GOAUBF) : « Frustration chez les petits fonctionnaires ! »
Même s’il relève des points positifs dans le rapport du Pay Research Bureau (PRB), le président du Government Office Attendant Union and Benevolent Fund (GOAUBF) déplore plusieurs aspects. « Nous sommes satisfaits de la fusion des postes Office Care Attendant et Senior Care Office Attendant. Nous constatons toutefois que nous sommes les parents pauvres de ce rapport », dit Mahendrasingh Barosa.
Le président du GOAUBF poursuit : « Il nous a semblé que le management et la direction du PRB étaient d’accord pour revoir les conditions de travail et salariales des Office Attendants. L’on s’attendait à ce que nos salaires connaissent une révision comme c’est le cas du Laboratory Attendant qui touche désormais Rs 21 000 et du Senior Lab Attendant, Rs 25 000. C’est un écart qui amènera de la frustration alors que nous faisons déjà face au problème de main-d’œuvre réduite et à un certain nombre de postes qui demeurent vacants. »
Mahendrasingh Barosa rappelle aussi que le GOAUBF avait demandé « une revalorisation du métier d’Office Attendant en changeant par exemple son appellation et en accordant un salaire décent d’au moins Rs 15 000 ». « Nous constatons aussi que les hauts cadres bénéficient à partir de janvier 2013 d’une augmentation salariale de 30 % et d’autres avantages alors que ceux touchant entre Rs 10 000 et Rs 25 000 n’ont rien obtenu. Le gouvernement veut une fonction publique efficace, mais avec ce rapport du PRB, c’est un grand sentiment de frustration général qui règne auprès des petits fonctionnaires. »
Une concertation entre les différents représentants syndicales de la fonction publique est fixée pour la fin de la semaine. Une décision sera ensuite prise concernant la marche à suivre, fait comprendre le président du GOAUBF. 


 

VIKASH RAMDONEE (GSSTU) : « Nos recommandations pas prises en compte ! »
Le secrétaire de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) se dit déçu du rapport du PRB 2013. « Nos recommandations n’ont pas été prises en considération », lance Vikash Ramdonee. Pour lui, aucune mesure n’a été adoptée en vue d’améliorer les conditions de travail des enseignants du secondaire. « Ils ont pris ce qu’il y avait dans le rapport 2008 et l’ont retravaillé pour 2013. »
Vikash Ramdonee note par ailleurs plusieurs lacunes concernant la promotion de Senior Educators et le travail des chefs de département. S’agissant du poste de Quality Assurance Officer qui sera ouvert au public, le secrétaire de la GSSTU souligne qu’une fois de plus ce sera une injustice envers les enseignants puisque leurs chances d’aller de l’avant dans leur domaine diminue avec cette mesure.
Pour la GSSTU, le PRB devra corriger « les injustices à l’égard des enseignants du secondaire ». « Nous espérons avoir très vite une nouvelle rencontre », soutient Vikash Ramdonee.


 

DINESH HUREERAM (UOM ACADEMIC STAFF UNION) : « Au lieu d’aligner tout le monde, le PRB devrait faire plus de recherche »
Le Dr Dinesh Hureeram, ex-président de la University of Mauritius Academic Staff Union et membre exécutif de l’Union, estime que le rapport du PRB 2013 est un exercice qui a maintenu le statu quo. « Pourquoi rédiger un gros rapport ? On aurait pu simplement procéder à l’augmentation salariale », s’indigne le syndicaliste. Le Dr Hureeram fait par ailleurs ressortir que l’une de leurs principales propositions pour le PRB reposait sur l’élimination des gros écarts entre les postes. Cependant, dit-il, rien n’a été fait car la disparité existe toujours. « Pa kapav ena enn condition travail kot lao-la kouma dir bondye ek anba-la serviter », dit-il. L’ex-président de l’UMASU dit par ailleurs remarquer que le « Pay Research Bureau ne fait pas suffisamment de recherches avant de soumettre son rapport. » « Le PRB aligne toutes les institutions tertiaires sur la même longueur d’onde sans pour autant prendre en considération l’ampleur du travail accompli par certains. Il faut regarder les spécificités des différentes fonctions et compensate accordingly », dit-il. Et de conclure : « Ce n’est pas en donnant plus d’argent qu’une personne devient plus productive et efficiente. »


 

ISWARDUTH GUNESS (UECWA) : « Déception totale ! »
Le président de la Union of Employees of Central Water Authority (UECWA) exprime sa déception quant au contenu du rapport du Pay Research Bureau (PRB). « C’est une déception totale, surtout que nous avions eu plusieurs sessions avec les officiers du PRB. Nous avons le sentiment que ces rencontres ont été organisées pour amuser la galerie », lance Iswarduth Guness.
Pour lui, les officiers du PRB « sont coupés de la réalité des employés du CWA ». « Ils avaient annoncé qu’ils effectueront des site visits. Or, cela n’a jamais eu lieu. Nous avons aussi dénoncé plusieurs irrégularités flagrantes dans les conditions de travail et salariales. Avec la publication du dernier rapport, ces irrégularités se sont aggravées ! »
Iswarduth Guness avance également que la UECWA avait proposé la création d’une Parastatal Body Commission, à l’instar de la Public Service Commission, qui sera chargée du recrutement au sein des corps para-étatiques. « Cela car au board de sélection de la CWA, par exemple, cet exercice se fait n’importe comment avec des membres qui privilégient l’appartenance politique ou qui font l’objet d’enquêtes de l’Independent Commission Against Corruption. De plus, le gouvernement accordera des car benefits aux hauts cadres alors que cette mesure n’est pas en ligne avec sa politique de décongestionner nos routes ! » 


 

SOONDRESS SAWMINADEN (UNION OF RECTORS) : « Pas de motivation pour faire face aux défis »
Pour Soondress Sawminaden de la Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools, le PRB 2013 n’est qu’une photocopie de l’exercice de 2008. À ce titre, estime-t-il, « il n’y a pas eu de job analysis pour voir les nouveaux défis dans le secteur de l’éducation. Au final, le PRB n’apporte aucun changement dans notre condition de travail, à part un ajustement salarial. »
Soondress Sawminaden est d’avis que l’Errors and Omission devra tenir compte du contexte difficile dans lequel évoluent les enseignants et les recteurs aujourd’hui. « Nous savons tous qu’il y a un gros problème de discipline dans les collèges de nos jours. Nous avions fait la demande pour nommer un discipline master, mais rien n’a été fait en ce sens. »
Le président de la Union of Rectors déplore ainsi le manque de motivation pour faire face aux défis du jour dans le secteur éducatif. Il regrette également que la requête du syndicat pour qu’un Deputy Rector n’ait pas à enseigner dix classes par semaine n’ait pas été acceptée. « Cela perturbe énormément le travail administratif. »
Dans une telle conjoncture, Soondress Sawminaden se dit sceptique quant à la réforme annoncée de la fonction publique. « Ce rapport est bien vague, c’est un eyewash. J’espère que l’Errors and Omission apportera les corrections nécessaires afin d’améliorer le service et motiver les recteurs. »


 

PRISONS OFFICERS ASSOCIATION : « Le pire rapport depuis l’indépendance ! »

« C’est le pire rapport du PRB depuis le rapport Sedgwick ! Le pire depuis l’indépendance ! C’est révoltant et dégoûtant ! » C’est en ces mots que le président de la Prisons Officers Association (POA), Siddick Lallmohamed, s’est exprimé.
Pour la POA, « après avoir uniquement parcouru les grandes lignes du rapport, nous réclamons, à l’unanimité, la démission du directeur du PRB ! Ce rapport, dégoûtant et révoltant, est la preuve que lui et son staff n’ont pas réalisé un véritable travail, mais se sont seulement penchés sur le rapport de 2008 pour earmark quelques petits pourcentages. »
Siddick Lallmohamed fustige également le fait que « ce n’est pas seulement la révision salariale décevante que nous déplorons, mais également le fait que rien, même pas un iota, n’a été mentionné par rapport à une amélioration des conditions de travail ». Le président du syndicat des officiers de la prison continue : « Nous faisons un travail hautement périlleux ! Jour après jour, cela devient encore plus difficile pour nous de “cope” avec les fléaux sociaux grandissants et qui se répercutent, évidemment, sur nos prisons. Face à cela, ce rapport ne nous encourage nullement à nous améliorer ni à être plus efficace dans notre travail. Ce rapport n’est pas bon du tout ! »
Le président de la POA ajoute : « En tant que syndicaliste, quand je note la marge de différence entre les salaires des grands et petits fonctionnaires, je ne peux qu’appréhender d’énormes bouleversements sociaux dans peu de temps… » De plus, la POA va « se concerter avec les autres fédérations syndicales avant de prendre une décision quant à la signature ou non de  ce fameux “option form”. Nous nous demandons si nous n’allons pas rejeter “in toto” ce mauvais rapport… » 


 

FIRE FIGHTERS CADRE : « Extrême déception ! »

Ashraf Buxoo du syndicat des pompiers, la Fire Fighters Cadre, laisse comprendre que « nous accueillons ce rapport avec un sentiment mitigé ». « Nous sommes certes satisfaits de l’introduction d’une Bank of Fire Fighters. Et il y a aussi désormais la risk allowance que nous demandions depuis des années. »
Cependant, continue Ashraf Buxoo, « nous ne pouvons cacher notre extrême déception, car dans l’ensemble ce rapport du PRB ne nous donne pas grand chose comme gratification ! Prenons mon cas, quand j’enlève la compensation salariale, il me revient une augmentation de Rs 2 000. Ce qui équivaut à Rs 400 par an pour chacune des cinq dernières années. Ce n’est pas du tout suffisant ! »
Il déplore aussi que « la rent allowance accordée et la driving allowance sont trop bas ». De plus, ajoute-t-il, « une recrue ne touchera que Rs 12 800. Qu’est-ce que cela représente de nos jours ? C’est peanuts ! » Dans l’ensemble, soutient le responsable du syndicat des pompiers, « ce rapport est décevant car il ne fait aucune mention des conditions de travail ni ne nous encourage alors que nous pratiquons un métier risqué ». Il regrette, sur ce point, que leurs recommandations quant à la nécessité d’une assurance-vie n’ait pas été prise en considération.