Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, était dans le viseur du gouvernement à l’heure de sa conférence de presse hebdomadaire hier matin. Si Xavier-Luc Duval a été vivement critiqué pour sa question parlementaire ayant trait à l’environnement mardi dernier, il a aussi été pointé du doigt pour ses positions sur le recensement ethnique.

La récente déclaration du cardinal Maurice Piat, sur le site du diocèse, se disant contre le recensement ethnique à des fins électorales, n’a pas échappé au gouvernement. Le ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement Étienne Sinatambou, qui animait l’exercice de communication du MSM-ML, a fait comprendre que « le gouvernement s’aligne sur les propos du cardinal Maurice Piat » et du chef de l’Église anglicane, Mgr Ian Ernest, lequel avait aussi émis des réserves sur la question. Un tel recensement, a réitéré Étienne Sinatambou, va créer une division au sein de la population. Il s’est dit « attristé » par les positions de Xavier-Luc Duval lequel ne cesse de réclamer un tel exercice.

C’est aussi d’emblée que le ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement a qualifié la Private Notice Question — axée sur la 7e place qu’occupe Maurice dans le World Risk Report 2017 lors de la dernière séance parlementaire du 30 octobre — de Xavier-Luc Duval de flop. Le ministre Sinatambou est d’avis que Xavier-Luc Duval a encore une fois fait une tentative de « ralentir la bonne marche du pays » avec une question dont le but serait « d’attaquer le gouvernement » et de « faire croire que le pays est mal préparé pour faire face à une catastrophe naturelle. » Il a déploré le fait que le leader de l’opposition a essayé de faire croire que le pays a dégringolé dans le classement pour non-respect des paramètres établis. Alors que, relève-t-il, Maurice occupe la même place depuis plusieurs années. « Li pa kapav baz li lor bann mansonz, inpresizion oubien bann kiksoz intelektielman inkorek », a déclaré le ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement.

Néanmoins, pour ce dernier, la PNQ du leader de l’opposition est une occasion de rétablir les choses.  « Cette PNQ est venue démontrer à quel point les mesures que nous avons prises, contrairement au précédent gouvernement, sont importantes », a dit Étienne Sinatambou, avant d’énumérer celles-ci, notamment les huit plans du National Disaster Scheme introduit en 2015, la National Disaster Risk Reduction Act votée en 2016, le National Emergency Operations Command, l’amendement de la Local Governement Act (2018) pour prévenir les constructions illégales, etc.
« Pourquoi autant d’acharnement contre l’ADSU ? »

Poursuivant sur les classements, Zouberr Joomaye a commenté la 20e position qu’occupe Maurice (sur 190 pays) dans le World Bank Doing Business Report. La Business Facilitation Act (2017) et les efforts du gouvernement pour faciliter l’investissement et instaurer le climat des affaires sont en train de porter leurs fruits, selon lui. Zouberr Joomaye a cité d’autres rapports, dont celui de Mo Ibrahim pour parler de l’efficacité des systèmes en place, s’agissant de la taxe, y compris la collecte des impôts, la sécurité financière pour les investisseurs. Maurice est le 15e pays au monde, a-t-il fait ressortir, où les formalités pour l’obtention du permis de constriction se font avec promptitude. Le député du MSM a évoqué le projet du National e-licensing System, qui va dans le sens de la politique de développement économique du gouvernement.

Zouberr Joomaye a également dit son étonnement sur la prévision d’une baisse au niveau de la croissance économique, passant à 3,7% par le dernier numéro de MCB Focus et s’interroge sur la méthodologie utilisée pour parvenir à ce taux, estimé inférieur aux 3,9% que prévoit le gouvernement en juin 2019.
« Pourquoi autant d’acharnement contre l’ADSU ? » C’est la question que s’est posée pour sa part le Chief Whip du gouvernement, Bobby Hurreeram. En effet, ce dernier est revenu sur l’importante saisie d’héroïne (110 kg) au large du Coin de Mire cette semaine par l’Anti Drug Smuggling Unit. Bobby Hurreeram a dit ne pas comprendre pourquoi l’ADSU subit les critiques et des pressions pour son démantèlement, alors que l’unité produit des résultats. Par ailleurs, il a commenté le Judicial and Legal Provivisions Amendment Bill. Les amendements, selon le Chief Whip, ne visent pas à museler la liberté d’expression, mais « à responsabiliser les Mauriciens » sur l’utilisation des réseaux sociaux.

Par ailleurs, notons le retour d’un membre du Muvman Liberater aux côtés des animateurs de la conférence de presse du gouvernement, après quelques mois d’absence. Le ministre de la Fonction publique, également secrétaire général du ML, Eddy Boissézon, était en effet présent au Sun Trust Building hier matin. Car, comme la semaine dernière, c’est au siège du parti soleil que s’est tenu l’exercice de communication du gouvernement.

D’autre part, alors que la nomination de l’avouée Ammanah Ragavoodoo à l’Electoral Supervisory Commisison fait couler beaucoup d’encre, Étienne Sinatambou, principalement, et ses collègues ont refusé catégoriquement de répondre à une question de la presse à ce sujet. Arguant qu’il souhaitait répondre aux questions relatives aux sujets abordés pendant la conférence de presse, le ministre de la Sécurité sociale n’a pas donné le point de vue du gouvernement sur la polémique autour de Me Ragavoodoo. Toutefois, il est juste de rappeler que les porte-parole du gouvernement ont l’habitude de répondre à des questions de la presse sur des items ne figurant pas sur l’agenda du jour !